‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 270 sur 391 · Uhland, Schriften , vol. III, p · texte numérisé non relu

Uhland, Schriften , vol. III, p

Par une opposition d’idées dont nous avons déjà eu un exemple, la rose a été aussi regardée parfois comme un présage funeste, en même temps qu’elle est devenue un emblème funéraire. Quand elle fleurissait à l’automne ou en hiver, — on ne connaissait pas alors les roses remontantes — , c’était un signe de malheur. Grégoire de Tours place à côté des « prodiges » et des « dévastations » de l’année 584 les roses que l’on vit au mois de janvier'. Suivant une croyance populaire, les roses qui paraissaient ainsi hors saison annonçaient un décès dans la maison du possesseur du jardin où elles avaient crû.

L’apparition soudaine de roses, surtout de roses rouges, était aussi considérée comme un signe de mauvais augure ou de mort. Un ami, dans un lied allemand1 2, attend son amie, couché sur le vert o-azon; tout à coup deux roses rouges de sang lui tombent sur les genoux; à cette vue, il s’inquiète et se demande si son « trésor » est encore en vie ou s’il est mort. Il vit, mais il est près d’un autre et à jamais perdu pour lui.

Une légende allemande parle de deux sœurs et d’un frère qui avaient choisi chacun un arbre dans

1. « Hoc anno multa prodigia adparuerunt in Galliis vastalionesquc mullae. Nam mensc Januario rosae visae sunt. » Historia Francorum, lib. VI, cap. 44. Éd. Bouquet, p. 289.

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