Das ist ja die Rose niclit
Ist des Jünglings Seele.
Koberslein, Fortleben. (Wcimarer Jahrbucli, vol. I, p. 96, ap. Perger, p. 13.)
Uf Tristan den werden liez der künic ûz erkorn pelzen einen rùsendorn . . .
und einen grüenen wînrebcn liez er ùf Isôten pelzen; den zwein tùten gelieben edel und hùchge- [born,
der wînrebe und der rôsen-
[dorn
vlehtcn... Heinrich’s von Fkeiberg Tristan
stein. Leipzig. 1877, in- 12. v. 6822-6839.
wurzelten scliône an der stunt ieglîchem in sîns herzengrunt, da noch der glüende rninne-
[tranc
in den tùten lierzen ranc und sin art erzeigete.
ieglich ris da neigete
dem andern ob den grebern
[sich.
und in ein ander minnenclich bgg. von Bech-
bientôt jusqu’au fond du cœur des deux chers et nobles morts; Tardent breuvage amoureux, qui couvait encore dans ces cœurs éteints, montra sa force ; les arbustes s’inclinèrent l'un vers l’autre et s’entrelacèrent amoureusement au-dessus des deux tombes.
Cette gracieuse légende avait déjà été acceptée par Ulrich de Turheim1 2, le premier continuateur de Gotfried, et le Livre populaire" , consacré à l’histoire des deux amants infortunés, l’a soigneusement conservée.
Cette fiction du sentiment communiqué par les morts aux fleurs et aux plantes destinées à honorer leurs restes ne suffit pas à l’imagination populaire ; elle en fit sortir de leurs cendres elles-mêmes. Dans une vieille ballade anglaise, la ballade de la « belle Marguerite » et du « doux Guillaume », morts, la première d’amour, le second de chagrin, et enterrés, elle en bas, lui en haut du sanctuaire, un rosier naît des restes de Marguerite, un églantier de ceux de Guillaume, et, en croissant, leurs branches s’élèvent jusqu’au faite de l’église, se rejoignent et s’enlacent3, manifestant ainsi aux regards étonnés le lien indestructible qui unissait les deux amants.
Dans une ballade écossaise, celle de « lord Tho-
1. Karl Gœdeke, Deutsche Dichtuilg ira Miltelalter. Dresden, 1871, in-8, p. 816, col. 1.