Men hver en Gang du kvaeder
din lier er glad :
da er min Grav far inden omhaengt med Rosensblad.
W. Grimm, Altdânische Volkslieder. Heidelberg, 1811. in-8. p. 73. — Svend Gruntvig, Danmarks Folkeviser i Udvalg. Kjôbenhavn, 1882, in-12, n° 30. 19, p. 334.
que tu te réjouis, dit Aage à son amie, et que ton cœur s’égaye, ma tombe se remplit de fleurs de roses. » M ais les roses dont il est ici question n’ont point d’existence réelle et ne sont guère que des expressions métaphoriques.
Un attribut inconnu de l’antiquité et qu’on a, surtout en Allemagne et en Angleterre, donné à la rose vers la fin du moyen âge, est celui d’être l’emblème du secret qu’on doit à ses amis. Un poète anonyme, dont on ignore l’époque, mais qui n’élait point un ancien1, quoiqu’on ait parfois joint ses vers à ceux d’Ausone, a feint que l’amour donna une rose à Ilarpocrate, le dieu du silence, afin de l’engager à taire les larcins de sa mère2. Ce serait, paraît-il, pour cette raison, encore qu’on ne la comprenne guère, que la rose serait devenue l’emblème de la discrétion. Quoi qu’il en soit, on la suspendait au-dessus de la table des festins pour signifier que tout ce qu’on y entendait devait être gardé secret par les
1. « Neque ipsius proverbii memoriam in antiquitate exstare, neque morem rosae e lacunari suspendendae satis antiquum esse arbitror », dit avec raison Saumaise. Poelae latini minores, éd. Lemaire, vol. VII, p. 125, note 1.