‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 28 sur 391 · Ut nova dona tibi, Caesar, Nilotica tellus · texte numérisé non relu

Ut nova dona tibi, Caesar, Nilotica tellus

Miserat hibernas ambitiosa rosas ;

Navita derisit Pharios Mempbiticus hortos,

Urbis ut intravit limina prima tuae.

Tantus veris honos, ot odorc gratia Florae, Tantaque Pacstani gloria ruris crat.

Sic quacumque vagus, gressum oculosquc ferebat.

Textilibus sertis omne rubebant iter.

At tu Romanac jussus jam ccdcre brinnae.

Mittc tuas messes, accipe, INile, rosas.

Epigr. lib. '\ I, 80.

CULTURE DE LA ROSE DANS l’aNTIQUITE.

ter et de les fumer tous les mois1. Ce précepte devait du moins produire de bons résultats et plus certains assurément que celui du même compilateur d’entourer d’aulx2 les pieds de rosiers, afin cl’en rendre les fleurs plus odorantes.

Les Anciens ne cultivèrent pas seulement la rose proprement dite ou de jardin, ils cultivaient aussi l’églantier ; on s’en servait surtout en Italie, en y joignant parfois des ronces et des paliures3, pour clore les jardins. On faisait tout à l’entour de l’endroit qu’on voulait protéger une double tranchée d’un pied et demi de profondeur, on y déposait à la fin de l’hiver des semences d’églantier enduites de farine d’ers, et, quand elles commençaient à pousser, on enfonçait entre les deux tranchées des appuis ou on y plantait une haie d’osier destinée à supporter les jeunes plants4. On avait ainsi une clôture que

1. Et 8s OsXstç aStaXet-roj; Ë'/stv pôSa, -/.axa p.7jva oûxsue xauxa, y.a't •/.OJüptÇe, y.a't É'jfstç 8ià ~avxoç. Lib. XI, cap. 18.

2. « La soucfve odeur des roses est affinée par le voisinage des aulx, qui sont plantez près des rosiers », dit François de Sales, tirant de cette prescription singulière une gracieuse comparaison. ( Flore mystique de S. François de Sales. Paris, 1874, in-12, p. 220).

3. Ea sint vastissimarum spinarum, maximoque rubi et paliuri et ejus quam Graeci vocant y.uvo;[3axov, nos sentem canis appellamus. Columelle, De re rustica, lib. XI, cap. 3.

4. Melius erit rubi semina et spinae, quae rubus caninus vocatur, matura eolligere, et cum farina ervi ex aqua maccrata miscere... Ubi sepes futura est, duos sulcos tribus a se pedibus separatos, sesquipedis altitudine faciemus, et ... semina obruemus levi terra. Palladius, De re rustica , lib. I, cap. 34.

LA ROSE DANS l’aNTIQUITÉ

rien, dit Columelle1, ne pouvait détruire, si on ne l’arrachait, et que le feu même ne pouvait que fortifier. Nos haies d’aubépine cependant sont incontestablement préférables.

1. Ilunc vop'rcm manifeslum est interimi non posse, nisi radicitus efl’odere velis. Caeterura etiam post ignis injuriarn melius rcnasci nulli dubium est. Columelle, De re rustica, lib. XI, cap. 3.

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