‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 295 sur 391 · Yrouwen vrôuwent verre baz danne ein rose in touive naz · texte numérisé non relu

Yrouwen vrôuwent verre baz danne ein rose in touive naz

Minnesinger, Adesp. I, v. 2.

LA HOSE DANS LA POESIE

La chasteté, remarque Reinmar von Zweter1, est la parure de la femme, comme la rose celle de l’épine.

Comme nos anciens poètes, les minnesaenger ont aussi désigné par la métaphore de la rose et du lis la blancheur et l’éclat du visage, ainsi que la rougeur qui le couvre parfois. Walther von der Yogelweide2, parlant d’une jeune fille à laquelle il vient d’offrir une couronne de fleurs : « Ses joues, dit-il, devinrent rouges, semblables à la rose qui est près du lis. )> Et voulant dépeindre la beauté du teint de son amie, il dit qu’on voit briller sur ses joues « ici l’éclat de la rose, là la blancheur du lis »3. Il a même inventé le mot liljerôsevarwc « couleur de lis et de rose »4, pour désigner l’éclat blanc et vermeil d’un beau teint. Un autre poète, Der Durner, substituant la neige aux lis, parle des « roses vermeilles répandues sur la blanche neige des joues de son amie »5.

Mais l’union des lis et des roses est pour les minnesaenger la marque et l’emblème de la beauté suprême du corps comme de l’âme.

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