At cruor in florem mutabitur
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fait dire Ovide ( Metam. X, 729) à Vénus s’adressant à Adonis expirant
4. Sanguinem ejus vertit (Venus) in florem qui nunquam vento dccuti dicitur. Ad Aen. cant. V, v. 72.
5. Servius, Ad eclog. X, v. 18. « Multi miseralionc Veneris in rosam conversum (Adonidem) dicunt. »
6. Suivant Dicrbach (Flora mythologica , Frankfurli, 183b, in-8, p. 156) qui, il est vrai, ne cite pas ses autorités, on aurait cru aussi que la rose était tombée de 1 étoile du soir.
dence en a réuni quelques-unes dans les vers suivants :
La rose, dit-il1, est ou née d'un sourire de l’Amour, ou l’Aurore la fil tomber de sa chevelure empourprée qu’elle peignait, ou bien elle naquit quand Cypris, arrêtée par des ronces cruelles, teignit de son sang leurs piquants aiguillons.
Toutes nombreuses qu’elles sont, ces fictions n’ont point encore paru suffisantes ; les modernes n’ont pas hésité, chose bien superflue, à en inventer de nouvelles2, et les Anciens eux-mêmes en ont imaginé d’autres pour expliquer la couleur vermeille de la rose.
D’après une légende qui de bonne heure eut cours chez eux, les roses étaient blanches à l’origine ;
1 . Àut hoc risit Amor, aut hoc de pectine traxit Purpureis Aurora comis, aut sentibus haesit Cypris et hic spinis insedit sanguis acutis.
Poetae latini minores, vol. VII, p. 125, éd. Lemaire.
Anthologia latina, ed. Al. Riese. Lipsiae, 1878, in-8, vol. I, p. 100.
2. Le marquis de Chesnel, entre autres (La Rose, p. 18), rapporte une prétendue « historiette grecque », d’après laquelle Roselia, s’étant mariée au « beau » Cymédore, quoique consacrée à Diane, aurait été frappée, en punition de ce parjure, d’un trait de la déesse et changée en rosier. Malheureusement Roselia n’est pas un nom grec et cette « historiette » paraît bien avoir été inventée par un moderne, comme celle de la métamorphose de Rhodanthe, reine de Corinthe, imaginée par le P. Rapin et popularisée par l’imagerie d’Épinal.
LA UüSIÎ DANS L’ANTIQUITÉ
mais, comme Vénus courait au secours d’Adonis, menacé par la jalousie de Mars, une épine lui pénétra dans le pied1, et le sang de sa blessure répandu sur les pétales de la rose en teignit en pourpre la blancheur primitive2. Une statue grecque du musée de Florence, cpii représente Vénus arrachant de son pied l’épine qui l’avait blessée, semble avoir consacré le souvenir de cette légende3. On trouve du même fait une explication toute différente dans les Géoponiques. Un jour, raconte l’auteur de cette compilation4, que les dieux assistaient à un banquet dans l’Olympe, l’Amour, qui conduisait un chœur de danse, heurta de son aile et renversa un vase de nectar ; la liqueur divine, en tombant sur le sol, donna à la fleur de la rose, blanche jusque là, sa couleur vermeille.
Ausone — on comprend qu’un pareil sujet l'ait tenté — a repris cette fiction et l’a transformée.
Un jour, dit-il5, les héroïnes, victimes de l'Amour, errant tristes et affligées sous les ombrages des Champs-
1. 'H âxavOa xüv po'Swv -ap'.ouaav "Tjv ’AopooiTr,v Ë/.vigev, w; K'JTtptot À c'y o u si xat <Ï>o'W.e;. Philostrati E/rislolae. IV.
2. ’AoOovi'ou aosaatou -poynijLvoca[j.oi-ix. Florentiae, 1515. in-8, p. 26. — Geoponica , Hb. XI, cap. 17.
3. Marquis d’Orbessan, Essai sur les roses. ( Mélanges historiques et critiques, etc. Paris, 1768, in-8, vol. II, p. 307). Mus. florent. Statuac antiquae cum ohserv. Ant. Fr. Gorü. Flor. 1734, fol., tab. 33.