‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 314 sur 391 · LA ROSE DANS LES USAGES DE LA VIE, DANS LE CULTE ET DANS LART · texte numérisé non relu

LA ROSE DANS LES USAGES DE LA VIE, DANS LE CULTE ET DANS LART

L’extension de la culture de la rose, ainsi que la place considérable qu’elle a prise dans la poésie, pendant les derniers siècles du moyen âge, étaient la conséquence de l’emploi de plus en plus grand qu’on fît h cette époque de cette fleur et de ses produits. De même que chez les anciens, la rose devint alors l’ornement habituel des fêtes profanes et religieuses, en même temps qu’elle figurait dans les usages les plus ordinaires de la vie.

La proscription dont avait été l’objet cette fleur naguère si recherchée prit bien vite fin, quand on n’eut plus le spectacle de l’abus qui en avait été fait ou des excès dont elle avait été l’accompagnement ordinaire, et elle fut associée au culte nouveau, comme elle l’avait été à celui du paganisme. Ornement du Paradis, la récompense, ainsi que le symbole, du martyr, la rose, avant toutes les autres

LA ROSE DANS LE CULTE

fleurs, avait sa place marquée sur les autels et dans les temples chrétiens.

Paulin de Noie recommandait déjà aux fidèles, à l’occasion de la fête de saint Félix, de devancer le printemps, en jonchant le sol de fleurs et en ornant le seuil de l’église de guirlandes1. Dans une épître à Héliodore2, saint Jérôme loue l’évêque Népotien de parer les basiliques et les chapelles des saints de Heurs, de feuillage et de pampres.

Le prêtre Sévère, nous apprend Grégoire de Tours3 4, cueillait de ses propres mains des fleurs de lis pour en décorer les murs de son église. Et, dans une pièce de vers connue, Fortunat félicite la reine Radégonde et sa compagne Agnès de ne point imiter les femmes qui se parfument de roses et de réserver pour les temples sacrés les prémices du printemps :

Aux jours de fêtes, dit-il vous tressez de vos mains

1. Spargile flore solum ; praetexite limina sertis : Purpureum ver spiret hiems : sit floreus annus Ante diem.

De S. Felice natalitium carmen III, v. 110-112.

2. « Hoc idem possumus et de ista dicere, qui basilicas, ecclesias et martyrum conciliabula diversis floribus et arborum foliis vitiumque pampinis obumbrat. » Epist. LXIII.

3. « Solitus erat flores liliorum tempore quo nascuntur, colligere ac per parietes hujus aedis appendere. « Liber de gloria confessorum, cap. iv. Ed. Migne, p. 866.

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