I.A nos K AU MOYEN AGE
des couronnes pour les autels et les parez de guirlandes de fleurs nouvellement écloses, unissant habilement le safran à la corolle dorée et la violette empourprée. Ici éclate le rouge vif, là la blancheur du lait. Toutes ces couleurs luttent entre elles, et l'on croirait ces fleurs en guerre dans le sanctuaire même de la paix.
Nous savons par le témoignage du poète Thiofried 1 que sainte Amalbergue prenait plaisir à offrir sur les autels les fleurs, les herbes aromatiques et les fruits qu’elle avait cueillis dans le jardin de son père. Les statuts du monastère de Xante prescrivaient aux diacres de parer le chœur et le maîtreautel de fleurs et d’herbes odoriférantes aux fêtes de saint Jean et des saints Pierre et Paul2. Dans la vie de saint Martin qu’il nous a laissée, l’abbé Richer de Metz raconte J que le jour de la fête du patron de son couvent, les religieuses offraient sur l’autel des roses et de blanches couronnes de lis.
Stat prasino venetus, pugnant et flore colores.
Inque loco pacis herbida bella putas.
Lib. VIII, 7. De floribus super altare, v. 9-14. Ed. Ch.
Nisard. Paris, 1887, in-8, p. 206.