‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 316 sur 391 · I.A ROSE DANS LE CULTE · texte numérisé non relu

I.A ROSE DANS LE CULTE

Tous les témoignages sont unanimes pour nous montrer quelle place immense les fleurs et en particulier les roses occupaient dans les cérémonies du culte. Dans un document de 1 3 G 6 1 2 , preuve manifeste du rôle qu’y jouait cette fleur, l’Ascension est appelée la « fête de la rose ». Mais c’est là, il faut le dire, un cas isolé; la Pentecôte, au contraire, dans la plupart des pays, était bien réellement une fête des roses. A Rome, nous apprend une prescription du chanoine Benedetto “, on lançait, en ce jour, du haut de l’église de Santa-Maria-Rotonda, des roses, figure des dons du Saint-Esprit.

Cette coutume n’était pas particulière à la ville éternelle; on en trouve de semblables bien ailleurs, entre autres à Rouen et à Lisieux, ainsi qu’à Senlis, à Orléans et à Tours3. Mais aux fleurs cpie l’on jetait avec des feuilles sur le pavé de l’église, on joignait aussi parfois des étoupes allumées, pour figurer les langues de feu du Saint-Esprit, en même temps qu’on lâchait des passereaux et surtout des colombes4. Cette pluie de roses au jour de la Pentecôte

1. « Comme le jour de b Ascension, icelui Goeron, demourant au bourc la royne, venoit de la Feste de la Rose. » Lit. remiss., ap. Du Gange, s. v. Festum rosae.

2. Avellino, Opusculi, vol. III, p. 263. « Statio ad Sanctam Mariam Rotundam, ubi Pontifex debet canere missam et in praedicalione dicere de adventu Spiritus Sancti, quia de altitudine templi mittunlur rosae in figura eiusdem Spiritus Sancti. »

3. Du Cange, s. v. nebula 2. — Dom Martène, De antirjuis ecclesiae ritibus Libri très. Venctiis, 1783, in-folio, vol. III, p. 195 a.

4. « Tune etiam ex alto ignis projicilur quia Spiritus Sunctus

LA IIOSK AL' MOYEN A(;E

a fait donner, en certaines contrées, à cette fête le nom de « dimanche des roses », et, en Italie et en Espagne, de « pâques des roses » — lias •arum pascha1, P asc fia, rosata2 ou rasa ® .

Les roses figuraient aussi parfois à la fête de saint Jean et de saint Pierre. A Duyven, en Hollande, on ornait, le jour de la Saint-Jean, les maisons de rameaux de noyer et de roses4. Dans quelques localités de la Belgique, il l’occasion de la Saint-Pierre, on se pare aujourd’hui encore de couronnes de roses5.

Quand la fête du Saint-Sacrement eut été instituée, avec la procession solennelle qui en est le complément indispensable, la rose, à cette époque dans toute sa floraison, en fut l’ornement naturel. Le Cérémonial des évêques prescrit de garnir de tentures les rues par lesquelles la procession doit passer et de les joncher de fleurs et de feuillage6. Cette

descendit in discipulos igneis linguis, et etiam flores varii ad denotandum gaudium et diversitatera linguarum et virtutum. Colombae etiam per ecclesiam demittuntur, in quo ipsa Spiritus missio designatur. » Durandus, Ratio divinorum o/ficiorum, Lib. VI, cap. 107.

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