‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 317 sur 391 · LA HOSE DANS LE CULTE · texte numérisé non relu

LA HOSE DANS LE CULTE

prescription a toujours et partout été soigneusement observée ; mais on ne s’en est pas tenu là ; des enfants, au moment de l’adoration du Saint-Sacrement, lancent en l’air des fleurs et en particulier des feuilles de roses. Dans certains diocèses les officiants portent aussi des bouquets de roses ; autrefois ils en avaient des couronnes, comme les enfants en ont encore aujourd’hui. Un compte de l’église de Saint-Quiriace de Provins, de l’année 1350, parle de « chapeaux de roses pour la fête du Saint-Sacrement ». Il est également question, dans un compte de Notre-Dame-du-Val, autre église de Provins, en 1436, de a chapiaux de roses et fleurs » au jour de la même fête. On les avait payés 2 sols G deniers1. Une miniature d’un missel du xve siècle montre la confrérie des orfèvres assistant en corps à une procession avec la châsse de leur patron, chaque membre ayant sur la tête et quelques-uns même autour du cou des guirlandes de roses2.

Le Cérémonial des évêques, qui ne fait ici que confirmer une ancienne coutume, recommande, les jours de fêtes majeures, d’orner les portes extérieures de l’église, ainsi que le maître-autel, de feuillage et de fl eurs. A Béthune, au xv° siècle, on jonchait de fleurs le chœur de l'église à toutes les fêtes doubles depuis le jour de l'Ascension jusqu’à celui de l’Élé-

1. « Pro cappellis roseis in festo sancti Sacramenli. » F. Bourqueiot, Histoire de Provins, p. 259, note 3.

2. Paul Lacroix et Ford. Scrc, livre d'or des métiers , Paris, 1858, in-8, p. 71.

LA HOSE AU MOYEN AGE

vation de la Croix. On rencontre des usages analogues en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Belgique et en Angleterre1.

Les roses et les lis prirent naturellement une grande place dans le culte de la Vierge, dont elles sont l’emblème :

J'offre à voire royale personne, dit un vieux chant espagnol2 3, des roses dignes d'une tête si auguste. L'éclat de la rose vermeille, ô reine excellente, ne mes'sied pas entre les diamants et les émeraudes et il rendra plus brillant l'or de votre couronne.

La coutume païenne de faire des offrandes sur la tombe, de ceux qui n’étaient plus fut tout d'abord combattue et proscrite chez les chrétiens ; Minutius Félix la regardait comme inutile, « parce que s ils sont heureux les morts n’ont que faire de fleurs, et que, s’ils sont malheureux, elles ne" sauraient les réjouir»*. Saint Jérôme, nous l’avons vu, opposait les œuvres de charité de Pammachius aux violettes et aux roses que les autres maris répandent sur le tombeau de leurs épouses4. Saint Ambroise dit qu’il ne veut

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