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Première partie, chap. ni, p

LA ROSE DANS LE CULTE

pas couvrir de fleurs le tombeau de Valentin, mais embaumer son esprit du parfum de Jésus-Christ1.

Mais ce dédain pour une pratique si naturelle et si réellement pieuse ne l’empêcha pas de se répandre en Occident, comme en Orient. Les saints eux-mêmes qui l’avaient d’abord condamnée finirent par s’y conformer. Saint Jérôme rappelle les larmes qu’il a répandues avec des fleurs sur la tombe de Népotien2 3. Saint Augustin parle d’une femme aveugle, qui, après avoir prié sur le tombeau de saint Etienne, y fit une offrande de roses '1. A l entrée du monument de sainte Agnès, dans les Catacombes de Rome, on voit deux génies ailés qui portent chacun une corbeille remplie de fleurs sur le tombeau de la sainte, image des offrandes qu’on y faisait dans la réalité4 5. Les Actes de saint Nicolas parlent d’offrandes de roses — rosa/ia0 ou rhodismos 6 — que l’on faisait sur sa tombe.

1. « Non ego floribus tumulum ejus aspergam, sed spirilum ejus Christi odore perfundam. » In consolatione de obitu Valentini imperatoris.

2. « Quoliescuncjue nitor... super tumulum ejüs flores spargere, toties lacrymis implentur oculi. » Epist. xxxv. Ad Heliodorum.

3. « Hic caeca mulier, ut ad episcopum porlantem duceretur et oravit, flores quos ferebat, dédit. » De civitate Dei, lib. XXII.

4. Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, s. v. Paradis.

5. ibOaaav-o; oi to'j vsxpo'j twv pocTaaX!wv. Avellino, Opuscoli diversi , vol. III. Napoli, 1836, p. 365.

6. ’Oyôoa-r) "sXïouat pooiap.ôv jî^ovtoydvo'.o, dit un vers cité par Tomaschek d après Morelli. ( Sitzungsberichte der Kais. Akademie der tVissenschaften, vol. LX, p. 370.)

LA ROBE AIJ MOYEN AGE

Dans son Hymne en /'honneur du martyre de sainte Eu/alie, Prudence engage les vierges et. les jeunes gens à cueillir les violettes empourprées et le rouge safran, que les champs attiédis et l’hiver près de finir ont produits, et à les offrir avec du vert feuillage sur le tombeau et l’autel de leur patronne1. Et dans un autre hymne :

Nous honorerons, dit-il2, les restes de nos morts cachés sous terre avec des violettes et du vert feuillage et nous inonderons de parfums liquides leurs vaines inscriptions et leur froide pierre.

Cette pieuse pratique ne devait pas cesser d’être en usage chez tous les peuples chrétiens; le rituel romain recommande de parer les enfants après leur mort de couronnes de fleurs ou de plantes odoriférantes et aromatiques3. Mais cet hommage n’était pas réserve à leurs seuls restes ; des chansons populaires parlent souvent de roses répandues sur le tombeau des êtres qui sont chers. On plantait aussi des rosiers aux lieux où ils reposaient. L'amant

1. Nos tecta fovebimus ossa Titulumque et frigida saxa Yiolis et fronde frequenti Liquido spargemus odore. Hymnus circa exsequias defuncti, v. 169-172 ( Catheme-

rinori, X).

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