Olli purpureum mulcato corpore rorem
Sutilis expressit crebro rosa verbere, quae, jam Tincta prius, traxit rulilum magis ignea fucum.
Jobf.t. La Rose.'
LA ROSE DANS l’aNTIQUITÉ
bois odoriférant de lauriers’. Avec Tibulle, la flore des Enfers s’enrichit encore; le gracieux poète ne craint pas d’y faire croître des végétaux inconnus de l’Europe, comme la case, et il en émaillé le sol fécond de roses parfumées1 2. Properce nous montre aussi les doux zéphyrs caressant les roses des champs Elyséens3. Ces fleurs ne pouvaient pas plus manquer dans le séjour des Héros que dans le palais des Dieux.
Mais c’était aux Dieux que la rose appartenait avant tout ; présent fait par eux à la terre, son origine surnaturelle devait la leur rendre doublement chère. Elle devint en particulier, avec le myrte, l’apanage et l’attribut habituel d’Aphrodite4 5. Xée avec elle ou créée par elle, teinte de son sang, elle fut sa fleur favorite. Le rhéteur Libanius a, dans une fiction ingénieuse, symbolisé la prédilection de Vénus pour la rose. Quand les trois déesses, raconte-t-il ', se disputèrent sur l’Ida le prix de la beauté, Minerve et Junon ne voulurent pas se soumettre à la sentence de leur juge, qu’Aphrodite n’eût déposé sa ceinture,