Boissonadc, Anecdota nova. Paris, 1843, in-S. p
dont le charme magique lui eut assuré la victoire. La déesse répondit que ses rivales avaient des attraits non moins puissants : Junon son diadème d’or, Minerve, son casque ; elle consentait néanmoins à se dépouiller de sa ceinture, s’il lui était permis d’aller chercher une autre parure. On le lui accorda. S’étant alors rendue au bord du Scamandre, Vénus, après s’être baignée dans le fleuve, se mit à cueillir sur ses bords des lis, des violettes et d’autres fleurs ; mais soudain, par son doux parfum, la rose attira son attention; alors, jetant loin cl’elle les premières fleurs, elle se tressa une guirlande de roses et la posa sur son front, puis elle revint sur l’Ida. Mais les deux déesses n’attendirent pas le jugement de Paris ; elles enlevèrent à Aphrodite sa couronne, et après en avoir baisé les fleurs, elles la remirent sur la tête de leur rivale, comme seule digne de la porter, avouant qu’elle embellissait autant les roses que les roses l’embellissaient.
On comprend, d’après cette fiction, pourquoi on représentait parfois Aphrodite avec une couronne de roses1. Une tradition attribuait également à cette déesse un jardin merveilleux que l’on ne pouvait voir sans être épris d’amour2. C’était là qu’Eros
1. Pauly, Real-Encyclopàdie der classischen Alterthumswissenschaft , vol. VI, p. 2463.