‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 333 sur 391 · Fr. Heinrich v. der Hagen, op. laud., pl. IV · texte numérisé non relu

Fr. Heinrich v. der Hagen, op. laud., pl. IV

Catalogue of the fictile ivories , n° 58203.

LA ROSI'. AU MOYEN AC K

d’un tenancier envers son donateur ou son suzerain. C’est ainsi que, en 1 1 24 *, Geffroi, chevalier de Graflart, donnant au prieuré de Ilcauville une rente d’un quartier de sel, déclare que pour conserver le souvenir de cette donation, les religieux, quand ils viendront en réclamer le paiement annuel, devront faire hommage d’une guirlande de roses. On voit de même, en 1 3 981 2, Pierre Porte s’engager à donner à l’abbesse, « en l’abbaye de Sainte-Trinité de Caen, au jour Saint-Jean-Baptiste, un chappel de roses vermelles, par raison et à cause d’une pièce de terre au terroir de cette ville ».

Le 20 octobre 1438, «haut et puissant seigneur Thomas, sire d’Escalles, de Melles, etc., prit en fief et par hommage de Jean d’Argouges, seigneur de Grestot et de Granville, la roque, manoir et circuits de la dite roque de Granville... et fut par ce fait par en faisant par icelui seigneur au dit écuyer et à ses hoirs un chapeau de roses vermeilles pour chacun an de rente, h la fête Saint Jean Baptiste » 3. Dans une charte de Henri VI, roi d’Angleterre, datée de la 24e année de son règne, il est imposé à un certain comte Richard, en retour des biens reçus de la couronne, de présenter chaque année à la fête de la nativité de Saint Jean-Baptiste une rose, « chaque fois

1. Léopold Delisle, Etudes sur la condition de la classe agricole en Normandie, p. 91.

2. Cart. de Calix, ap. Léop. Delisle, op. laud., p. 492, n. 41.

3. Guidelou, Notice sur la ville de Granville. Granville, 1846. in-8, p. 116.

LA ItOSE DANS LES USAGES UE LA VIE. 415

qu’elle lui serait demandée ». 11 est question d’une redevance semblable dans deux autres chartes anglaises de la même époque, avec la mention que la rose ainsi donnée tiendrait lieu de « tous services » '.

Le coutumier des forêts nous apprend que Pierre de Poissi, seigneur de Goui, prenait sur le revenu de la forêt de Roumare un chapeau de roses le jour de la Trinité1 2. Au xiv° et au xv° siècle les redevances de couronnes de roses deviennent très fréquentes. M. Léopold Dclisle en a relevé de nombreux exemples dans les « aveux » de seigneurs normands de cette époque. Ces couronnes de roses étaient alors estimées, tantôt six deniers, d’autres fois deux sous tournois.

Je suis loin d’avoir énuméré tous les usages qu’on faisait des roses au moyen âge. En voici encore quelques-uns. Des lettres patentes de Charles VI, délivrées en février 1 4 1 5 3 4 , obligeaient le crieur juré, à son entrée dans la confrérie, à donner « des chapeaux de roses aux maistres qui allaient quérir leur confrérie à la Saint-Martin le Bouillant » (4 juillet). Une ancienne coutume obligeait aussi les ducs et pairs d’offrir des roses au parlement de Paris, en avril, mai et juin*. Cet hommage, appelé « Baillée des

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