‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 334 sur 391 · IG · texte numérisé non relu

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roses », était comme la marque de la suzeraineté du parlement, qui représentait le roi dans ses attributions judiciaires. Le pair, qui était appelé a faire les honneurs de cette cérémonie, allait dans chaque chambre, faisant porter devant lui un grand bassin d’argent, lequel contenait autant de bouquets de roses et d’autres fleurs naturelles ou artificielles, qu’il y avait d’officiers, avec un pareil nombre de couronnes composées des mêmes fleurs et rehaussées de ses armes. On donnait le nom de « rosier du parlement » à l’officier de la cour chargé de fournir ces roses. Il les tirait d’ordinaire de Fontenay-aux-Roses.

Des documents, cités par Sauvai, font aussi mention à plusieurs reprises1 de roses blanches et de violettes, ainsi que de chapeaux et de bouquets de roses vermeilles distribués aux présidents et conseillers de la Cour du Parlement de Paris la veille de la Pentecôte, en particulier à l’occasion de la délivrance des prisonniers. Il existait des usages analogues dans d’autres villes. A Toulouse, on offrait au parlement des boutons de rose ; à Rouen, les magistrats municipaux présentaient à l’échiquier un chapeau de roses et de violettes2.

laïques offrirent, depuis la fin du xvc siècle, des roses aux magistrats, quand ils avaient un procès devant le Parlement.

1. Op. laud., vol. III, p. 517, an. 1197; p. 521, an. 1496; p. 526, an. 1498. Les roses avaient été achetées à « Marguerite la mercière », les chapeaux 8 sols parisis et les bouquets 6 sols la douzaine.

2. A. Chéruel, Dictionnaire historique des mœurs, institutions et coutumes de la France. Art. Redevances féodales.

LA ROSE DANS LES USAGES DE LA VIE

L’usage des chapeaux de roses et de fleurs était si général que ce fut une profession particulière d’en faire ou d’en vendre \ Quiconque le voulait avait le droit de l'exercer, à Paris, du moins1 2 3; mais il lui était interdit de « cueillir ou faire cueillir au jour du dimanche en ses courtils, milles herbes, nulles fleurs à chappeaulx faire. » Une exception cependant avait lieu en faveur des roses, dont il était permis de faire « chapeau en toute saison ». Toutefois les chapeliers de roses étaient soumis à diverses obligations :

Il appartient, dit BrusseU, au voyer de faire cueillir chacun an de chacun chappelier qui vend chappeaulx de roses, ung chappel de roses environ l’Ascension. Et chacun chappelier, qui a rosier ou rosiers, est ou sont tenus de apporter chez le voyer plain panier de ponpons de roses à faire eau rose.

C’était le matin, à la première heure du jour, ou même, si l’on en croit un minnesaenget*4, au milieu de la nuit, alors qu’elles étaient toutes couvertes de

1. Le Grand d’Aussy, op. laud ., vol. II, p. 248. Le commerce cjuon en faisait au xive siècle avait une telle importance que, d après Guillebert de Metz, les droits dont il était frappé avec le cresson rapportaient au roi dix mille francs l an. Renan, Discours sur l'état des beaux-arts en France au xive siècle, Paris, 1865, in-8. p. 133.

2. Etienne Boileau, Livre des métiers, éd. R. de Lespinasse et F. Bonnardot. Paris, 1879, in-fol., 1 re p . , ch. xc.

3. Nouvel examen de l'usage général des fiefs en France. Paris, 1750, in-4, vol. Il, p. 746.

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