L. de Laborde, op. laud., Glossaire , s. v. Rose, p
2. Cf. Inventaire du mobilier de Charles V, n° 3138. «Une roze d argent, blanche, neellée, à ung escuçon de Bourgogne. »
LA ItO.SH AU MOYEN AGE.
rallie en Bourgogne; les architectes de cette province ont préféré à ces baies immenses des roses de petite dimension1.
Au xiv° siècle, la hardiesse et l’élégance que les architectes de l’àge précédent avaient portées dans la construction des roses, parut diminuer; on le voit bien à la rose de la cathédrale d’Amiens, tout admirable qu’elle est, d’ailleurs2. Au delà des limites de la France centrale les roses eurent de la peine à être acceptées. Les architectes normands et anglais ne les employèrent qu’avec hésitation ; l'architecture rhénane leur préféra les fenêtres ordinaires; dans la France méridionale on y substitua des œils de un à deux mètres de vide. Cependant on trouve aussi de fort belles roses dans ces contrées; par leur exécution et leur style achevé, les roses de la cathédrale de Rouen sont de vrais chefs-d’œuvre ; celle qui s’ouvre sur la façade de la cathédrale de Clermont n’est pas moins remarquable. On cite aussi comme un modèle d’élégance la rose de l’église de la Batalha à Lisbonne.
On a appelé également du nom de rose diverses plantes qui ressemblent à cette fleur, telle que la rose trémière, d’outre-mer ou passerosefAAÆaen roseaL. , la rose de Noël (Helleborus niger L.), en ail. Tl eihnachlrose ; angl. Christmasrose ; la Rose de Notre- Dame, Rosa del monte esp. ( Pæonia offîeinalis L. ;
1. Viollet-le-Duc, Dictionnaire de l’architecture, s. v. Rose.
2. Elle représente les vicissitudes de la vie humaine. Didron, Manuel d’iconographie chrétienne, p. 415.
LA ItOSE DANS L ONOMASTIQUE.
la Seerose ou Wasserrose en ail. , Waterrose enangl., nom des Nymphèacées ; la RouseUo prov. , Rosella cat. , Kornrose ail., Cankerrose ang. ( Papayer rhaeas L.) ; la Aoso de bos pr., rosella pg., nom de divers cistes; la Rose des Alpes, ail. Alpenrose ( Rhododendron ferrugineum L.), etc. 1
Ces noms toutefois ne paraissent pas anciens; aussi je n’en citerai pas d’autres et je me borne à y ajouter la rose de Jéricho (Anastasia Hierochuntica L.), espèce de crucifère, qui, après la dessiccation, s’étale, sous l’influence de l’humidité, en forme de rose. Une légende veut qu’elle fleurisse seulement dans la nuit de Noël ; on lui attribue aussi la propriété merveilleuse de protéger contre la foudre la maison où elle se trouve2. La « rose du saule », nom donné aux excroissances foliacées, déterminées sur les rameaux de cet arbre par la piqûre d’un insecte, est, elle, le présage d’un événement important; la fin de la guerre de Trente ans aurait été annoncée par les nombreuses roses que Ton vit sur les saules en 1648 3.
Quelques polypiers, des minéraux même ont pris, surtout en allemand, un nom tiré de la rose, mais à
1. Remberti Dodonaei, Stirpium historia. Antv., 1616, in-fol. — J. Britten and R. Holland, A dictionary of english plantnames. London, 3 v. in-8, 1877-81. — G. Pritzel, und G. Jessen, Die deutschen Volksnamen der Pflanzen. Hannover, 1882, in-8. — Mistral, s. v.