Liber de plantis , cap. xxii, éd. Migne, p
3. Macer Floridus, De viribus herbarum. S. 1. n. d., in-4, cap. xxi.
LA ROSE DANS LA PHARMACOPEE
convenablement préparée. Il y a progrès, on le voit, sur Hildegarde ; néanmoins le poète-médecin en est encore, en somme, à la pharmacopée grecque et romaine; mais la rose allait servir à bien d’autres usages thérapeutiques ignorés des anciens et entrer dans des produits que ni Macer, ni les écrivains qu’il a suivis n’avaient connus.
La pharmacopée a, depuis le xne siècle, fait de grands progrès, grâce aux travaux des savants arabes et aux découvertes de l’Ecole de Salerne. Les Arabes avaient inventé les sirops, qui d’Orient et d’Espagne devaient passer dans toutes les officines de l’Occident ; la distillation perfectionnée par eux permit également de fabriquer des produits nouveaux; il n’est pas surprenant aussi que, depuis lors, l’emploi médical de la rose se soit étendu. Eissa ibn Massa reconnaissait à cette fleur, surtout à la variété h pétales rouges, une vertu fortifiante, en même temps qu’elle rafraîchit, suivant lui, les inflammations de la tête1. Pour Ishac ibn Amrâm, la rose convient à l’estomac et au foie ; elle réduit en particulier les obstructions de ce dernier viscère, occasionnées par la chaleur. Razès, de son côté, dit que la rose calme la fièvre, mais il affirme en même temps qu’elle provoque le coryza. D’après lui encore, le miel rosat est bon à l’estomac, « qui contient des humeurs ». Razès vante également le sirop de roses et le sucre rosat2.
1. Ibn cl Beithar, Traité des Simples, n° 2274 ( Notices et extraits des manuscrits, vol. XXVI, p. 406).