I- A ROSE Al! MOYEN AGE
Avicenne, et après lui Vincent de Beauvais1 2, regardent la rose à la fois comme acide, styptique et amère ; pour eux encore elle est apéritive, ainsi que détersive, et calme l'effervescence de la hile ; en infusion, elle est bonne contre les nausées et les palpitations fébriles et salutaire à tous les viscères; elle fortifie les membres inférieurs. En cataplasme, elle attire les piquants et les échardes, résout les apostèmes, guérit les excoriations de la peau et régénère les chairs rongées par les ulcères. Grâce à sa froideur, dit-il encore, la rose calme les douleurs des yeux, et celles de la matrice. Une infusion de pétales séchés est bonne contre la chassie des yeux et les ulcères des intestins. Le suc de la rose est excellent pour entretenir l’humidité de l’estomac; dans une infusion il est efficace pour les maux d’oreilles et de gencives. 11 est souverain aussi dans les syncopes. Les jeunes pousses et les tètes de la rose, à l’en croire, sont excellentes pour les crachements de sang et ses graines raffermissent les gencives. Enfin, suivant lui, l’eau et l'huile de roses font éternuer, quand on les respire.
D’après le Livre des Expériences, Ibn el Beithar ‘ enseigne que les pétales de roses desséchés et réduits en poudre cicatrisent et assouplissent la peau des malades atteints de la variole, et il vante également, d’après le même ouvrage, les propriétés salu-
1. Liber canonis. Basiliae, 1556, in-fol. Tract. II, p. 291. — Spéculum nalurae, p. 761 et 762.