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LA R.O S R DANS LA PHARMACOPÉE. 467
La manière comme1 l’en fait l’eaue rose ne pouvons pas exprimer se l’en ne la voit faire. Aucuns toutefois la font ainsi. Hz mettent roses avec eaue en une fiole de voire, en cette fiole mettent dedens ung pot2 plain d’eaue bouillant, et ainsi cuisent les roses de la fiole avec l’eaue qui y est et devient rouge3 et met on la fiole au soleil et se l'en met moult d’eaue avec ung peu de roses elle n’en est pas si bonne. Aucuns cueillent les roses avec la rosée qu’elles ont et les mettent en la fiole comme dit est, sans y mettre autre eaue et celle eaue rose faicte ainsi est très bonne.
L’eau de roses distillée, dont on a parfois attribué la découverte à Razès4 5 6, ou même à l’alchimiste Glaber, qui vivait en Mésopotamie un siècle avant lui", fut connue de bonne heure en Occident; Constantin Porphyrogénète en fait déjà mention dans la description d’une fête donnée à la cour de Constantinople en 946 8 ; elle avait donc pénétré en Europe dès le x° siècle ; elle ne tarda pas non plus à pénétrer avec la fleur qui la produit dans l’ilindoustan, à la suite des Gaznévides.
Si l’eau de roses du moyen âge était tout autre que celle des anciens, le miel rosat décrit par Platearius n’était pas moins différent que celui dont parlent
1. Bibl. nationale, fr. 1230, fol. 164 b. Le man. 9136, f. 243 a, donne « comment », le 9163 « dont ».