I. A IIOSH AU MOYRN AO U
Pline et les autres écrivains latins. Pour le préparer, on commençait par faire bouillir le miel qu'on voulait aromatiser; on l’écumait, puis on le coulait; ensuite on ajoutait des pétales frais de rose, dont on avait coupé l’onglet et on faisait bouillir le tout quelque temps.
Pour préparer le sucre rosat, on pilait dans un mortier avec du sucre des pétales encore frais de rose ; puis on mettait le mélange dans un vase de terre ou de verre, qu’on laissait pendant trente jours exposé au soleil, en ayant soin de le remuer chaque jour. Le Ménagier de Paris donne la recette plus simple de faire bouillir du sucre réduit en poudre dans de I’« eaue rose » jusqu’à consistance sirupeuse1. Le sirop de roses s’obtenait en faisant bouillir des pétales de ces fleurs dans de l’eau, à laquelle on ajoutait ensuite du sucre. On faisait l’huile de roses en mettant bouillir des roses dans de l’huile commune, puis on coulait le tout; ou bien on plaçait des roses et de l’huile dans un vase de verre que l'on faisait chauffer au bain-marie. Nous voilà loin des recettes primitives de Pline. Enfin Platearius parle encore d’une décoction de roses dans du vinaigre, sans rien dire toutefois de la manière de la préparer. Elle était la même, sans doute, que pour l’huile de roses.
Je n’ai point l’intention d’énumérer toutes les propriétés médicales que le Livre de simple médecine
1. Yol. II, p. 274. Il convenait de plus, d'après lui, de mettre par chaque livre de sucre un blanc d’œuf bien battu.
LA ROSE DANS LA PHARMACOPEE
attribue à la rose1 ou à ses produits; je me bornerai à en indiquer quelques-unes2. Le miel rosat, d’après lui, fortifie et mondifie, c’est un dissolvant puissant; avec de l’eau chaude il relâche, avec de la froide il resserre. Le sucre rosat passait aussi, et cela ne doit pas surprendre, pour avoir des propriétés astringentes et fortifiantes ; il en était de même du sirop et de l’eau de roses. Platearius conseille le premier contre la dyssenterie et la lienterie. Il était réputé bon encore contre les vomissements de bile, contre les syncopes et les troubles du cœur. Le sirop de roses était donné avec de l’eau de pluie contre le flux de ventre et les vomissements, et dans de l’eau de rose aux malades atteints de fièvre. On l’administrait dans de l’eau froide contre les syncopes. L’huile de roses servait à oindre la région du foie dans les inflammations de cet organe; on en frottait également le front et les tempes pour combattre les migraines produites par le chaud ou le froid.
L’eau de roses était employée contre la dyssenterie accompagnée de vomissements; on y ajoutait avec succès une décoction de mastix et de girofle. Àujour-
1. Voici ce qu’en dit, v. 19-22, le poète anonyme cité au commencement de ce chapitre :
Humeur maise dedens le cors Le cervel, c’est desconforté,
Ele degaste et boute hors. Par la rose est réconforté.
2. Ces propriétés ont été résumées en quelques mots dans le man. fr. 12308, fol. 165 è, de la Bibl. nationale : « Pour le saintfeu, pour la matrice et le ventre, pour la bouche, pour restreindre chaleur, pour l'estomac et le ventre, pour le chief, pour plaies, pour douleurs de dos, pour les yeulx. »