Circa instans, p
2. Iihodologia, « Praeludium », p. 1 cl pars II. cap. xvm, p. 225.
3. « Non esset vel lux vel luxus apothecis, si Rosa pharmaeopaeis
LA ROSE DANS LA PHARMACOPÉE
A cette époque de faveur extrême, la rose eut le privilège d’entrer dans la composition de quelquesuns des spécifiques les plus célèbres : tel que le sirop d’or du duc de Mantoue, l’or potable de Roderic a Fonseca, le secret royal, envoyé en présent par Elisabeth d’Angleterre à l’empereur Rodolphe II1, et, plus anciennement, Y aquavit de Frédéric III. Le hasard heureux qui fit découvrir, au commencement du xviie siècle'2, l’essence de roses, — attargul , — vint encore augmenter, avec le nombre des produits, le renom pharmaceutique de la rose.
La rose sauvage n’était guère d’un moindre emploi que la rose cultivée. D’après Albert le Grand3, une infusion de ses pétales est bonne pour les enfants atteints de rachitisme; en gargarisme ils calment les maux de dents; sa racine passait aussi pour salutaire contre les crachements de sang et pour les estomacs débilités; on la disait encore bonne contre la constipation, ainsi que pour les fractures anciennes. Elle passait également pour souveraine
desideraretur. » Minderer, Aloedarium. Vindeb., 1616, cap. xi, p. 153. « On en retire tant de choses, dira encore Pomet à la fin du xvne siècle, en ne parlant toutefois que de la rose de Provins, que sans elle la médecine ne serait pas si florissante. » Histoire générale des drogues. Paris, 1694, in-fol., p. 174.
1. J- G. Benemann, Die Rose zum Lobe ihres Schôpfers. Leipzig, 1742, p. 43, ap. Schleiden, p. 186.
2. En 1612, à 1 occasion d une fête donnée par la sultane favorite Nur-Djihan au grand-mogol Djihan-Guir. L. Langlès, Recherches sur la découverte de l’essence de rose. Paris, 1804, in-8.
3. De vegetabilibus, lib. VI, tract. I, cap. ix (44), p. 359. Ce que dit \lbcrt s’applique surtout à l’églantier rouillé.
I A ROSI! ai: MOYEN AGE.
contre les fièvres de longue durée. Mâchée et mise sur une piqûre de scorpion, elle en attirait le venin. Ses graines aussi étaient excellentes contre la morsure des reptiles et dans beaucoup d’autres cas.
Loin de diminuer, l’efficacité supposée de l’églantier ne fit que croître à la fin du moyen âge et au commencement des temps modernes. Une décoction de ses graines, dit Conrad de Megenberg1, guérit les enfants dont les membres ont souffert de mouvements trop brusques. D’après lui encore, la sève en est bonne en gargarismes contre les maux de dents. Et il ajoute avec Albert que sa racine est excellente contre les crachements de sang, ainsi que dans les maladies d’estomac et les fièvres paludéennes. Hagendorn2, un siècle et demi plus tard, reconnaîtra à l’églantier encore bien d’autres vertus ; il n’énumère pas moins de trente-trois maladies, la plupart même dangereuses, telles que l’épilepsie, l’hvdropisie, le croup, l’hémoptysie, le goitre, les hémorrhoïdes et la podagre, contre lesquelles cet arbuste offrait un remède assuré.
Mais on n’attribua pas seulement des propriétés curatives ordinaires à la rose cultivée ou sauvage, on lui en reconnut aussi de merveilleuses et de surnaturelles. Telle était la vertu soporifique attribuée par les anciens Germains à l’églantier. Odin, irrité contre la walkyrie Sigurdrifa, qui avait tué Hialmgunnar son protégé, la plongea dans le sommeil, en la tou-
1. Bas Bach der Natur, p. 316, 8. C. von Megenberg parle plus particulièrement des fruits de la B. rubiginosa.