‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 4 sur 391 · Flora orientalis sire enumerat io plantarum in Oriente · texte numérisé non relu

Flora orientalis sire enumerat io plantarum in Oriente

ESPÈCES DE ROSES CONNUES DES ANCIENS. 3

cette région sont loin d’avoir toutes fixé l’attention des naturalistes de l’antiquité1.

Sprengel2 a compté 8 roses connues ou cultivées par les anciens ; Fraas n’en mentionne que 5 dans sa flore classique3; Lenz, 4 seulement*, Karl Koch a élevé ce nombre à 12 pour la Grèce seule6; mais de ces espèces, plusieurs sont douteuses, de l’aveu même de l’auteur, ou n’ont été découvertes que de

a Graecia et Aegypto ad Indiae fines hucusquc observatarum. Gen. -Basil. -Lugd., 1872, in-8, vol. II, p. 672-682.

1. Il en est de même des roses italiennes. Giovanni Arcangeli ( Compendio délia flora italiana, Torino, 1882, in-8), en compte 28 espèces, dont le quart sont des espèces de montagnes récemment découvertes ; les autres sont presque toutes communes à la Grèce.

2. Les B. sempervirens, damascena, canina, provincialis , alba, gallica, villas a et spinosissima L. (Geschichte der Botanik. Leipzig, 1817, vol. I, p. 75, 123, 134, 150 et 168). Dans l’édition latine du même ouvrage (Ilistoria rei herbariae. Amst., 1807, in-8), l’auteur mentionnait la B. centifolia et non la gallica.

3. Les B. sempervirens, canina, pimpinellifolia, gallica et centifoliaL. (Synopsis plantarum florae classicae, oder iibersichtliche Darstellung der in den classischen Schriften der Griechen und Borner vorkommenden P flanzen. München, 1845, in-8, p. 74-76).

4. Les B. gallica et centifolia, canina et sempervirens L. ( Botanik der alten Griechen und Borner. Gotha, 1859, in-8, p. 691-700).

5. Les B. damascena et centifolia, avec les B. spinosissima, alpina, Hcckeliana, Orphanidis, Heldreichii , canina, rubiginosa, repens Scop. (arvensis L.) et sempervirens . (Die Baume und Strauclier der alten Griechenlands. Berlin, in-8, 2e éd. 1884, p. 157-166).

LA ItOSK DANS l’aNTIQL'ITK.

nos jours ; en réalité, des 12 roses indiquées par le botaniste allemand, il n’y en a que 3 ou 4 qui aient pu être connues ou remarquées des anciens.

Sur ce nombre si petit, quelles furent les espèces qu’ils cultivèrent, celles que leurs poètes ont, sinon exclusivement, du moins plus particulièrement chantées? Dierbach1 — pour ne pas parler de Sprengel, sur lequel je reviendrai, — a regardé la rose à cent feuilles comme la seule qui figure dans les légendes gréco-romaines. Pour Fraas, cette espèce fut aussi et surtout cultivée dans l’antiquité, mais, suivant lui, la rose de Provins (R. gallica L. l’aurait été en même temps. Telle a été aussi la manière de voir de Lenz. Hehn2, au contraire, considère, ainsi que Dierbach, la cent-feuilles comme la seule rose dont parlent les poètes anciens. Il n’en est pas de même pour Koch. Si la rose h cent feuilles fut, il l’admet, célébrée par eux, ils auraient en même temps chanté une autre espèce, non toutefois la rose de Provins3, mais la rose de Damas (R. Damascena L.)

Cette manière de voir n’est point nouvelle, c'était celle de Cari Bœtticher dans son étude sur le Culte

1. Dr. Joh. Heinrich Dierbach, Flora mythologica oder Pflanzenkunde in Bezug auf Mythologie und Symbol 'i h der Griechen und Rômer. Frankfurt-a.-M., 1833, in-8, p. 155-160.

2. Kulturpflanzen und Ilausthiere in ihrem TJebergang aus Asien nach Griechenland und Italien sowie in dus iïbrige Europa. Berlin, 1887 (5e éd.), in-8, p. 200-210.

3. Il mentionne aussi, parmi les espèces de cette contrée, la rose de Provins, mais en passant et sans dire si elle y était oui ou non cultivée.

ESPÈCES DE ROSES CONNUES DES ANCIENS

des arbres chez les Hellènes1 2 . Pour cet écrivain, la rose dont on faisait, nous le verrons, des offrandes sur les tombeaux, était, non la cent-feuilles de couleur claire, mais la rose simple de couleur foncée5, malheureusement il ne dit pas quelle était cette rose. Quant à la cent-feuilles, s’il paraît en admettre l’existence, Bœtticher n’a rien dit cependant qui permette de savoir où elle était cultivée, ni même si elle l’était réellement. Koch a été plus affirmatif.

Il y eut en Grèce, remarque-t-il3, deux espèces de roses cultivées (Edelrosen), la rose de Damas dans la région du sud et la rose à cent feuilles au nord. ...La rose de Damas, ajoute-t-il plus loin, fut sans doute connue plus tôt en Grèce que la rose à cent feuilles ; elle fut, à ce qu’il semble, importée directement, avec le culte d’Aphrodite 4, de la Syrie dans le Péloponèse d’abord, puis dans les îles de l’Archipel. Les Phéniciens la portèrent ensuite, mais vraisemblablement peu de temps après, à Pestum. De cette ville elle se répandit dans le nord de l'Italie, et, de là, pénétra dans la plupart des pays soumis à la domination romaine... La cent-feuilles, dit-il encore plus loin,

1. Der Baumkultus der Hellenen nach den gottesdienstliohen Gebràuchen und den iiberlieferten Bildwerken davgestellt. Berlin, 1856, in-8, p 456.

2. « Die Rose, vornehmlicli die einfache dunkel purpurrothe (nicht die belle Centifolie) wurde ein Liebesangebinde der Graber », p. 457.

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