‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 41 sur 391 · Mirabar celcrem fugitiva actate rapinam · texte numérisé non relu

Mirabar celcrem fugitiva actate rapinam

Et, dum nascunlur, consenuissc rosas.

Ecce et delluxit rulili coma punica floris,

Dum loquor, et lellus tecta rubore micat.

Tôt species, tantosque ortus, variosque novatus Una dies aperit, conficit una dies.

Quam longa una dies, aetas tam longa rosarum.

Quas pubescentes juncta senecta promit

Quam modo nascentem rutilus conspexit Eous, liane rëdiens scro vesperc vidit anmn.

Idyllion, XII, v. 35-40 et 43-46. Éd N isard.

et vieillir. Et voici que la chevelure empourprée de la fleur radieuse se détache au moment où je parle et la terre brille jonchée de sa rouge dépouille. Et toutes ces naissances, toutes ces transformations variées, un seul jour les produit, un seul jour les enlève... La durée d'un jour est la durée de la vie des roses ; pour elles la puberté touche à la vieillesse qui les tue. Celle que l'étoile du matin a vu naître, le soir, à son retour, elle la voit flétrie.

La courte durée de la rose qui a fait donner à cette fleur une de ses épithètes les plus ordinaires chez les poètes latins — celle de brevis 1 — en a fait aussi le symbole de la fragilité des choses de ce monde. Un même jour ne la voit-il pas s’épanouir, se faner et mourir, comme dit Ausone, nous rappelant que notre âge est passager comme elle, et nous engageant à cueillir sa fleur « pendant qu’elle est nouvelle et que nouvelle est notre jeunesse 2 ».

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