LA ROSE DANS I.’ ANTIQUITE
le symbole et la compagne de la joie qui règne dans les banquets, comme elle était l’emblème de l’amour. C’est pour cette raison qu’on donnait à Cornus, personnification de la gaîté des festins, une couronne de roses1 2 3. La rose était considérée comme l’emblème de l’allégresse ; sa présence seule en était la marque et le symbole, comme son absence était un signe de tristesse. « Que soudain les sommets des Alpes se couvrent de roses », s’écrie Claudien5, conviant l’univers entier à célébrer les noces d’IIonorius. Pour nous peindre, au contraire, le deuil qui s’étendit sur la nature au moment de l’enlèvement de Proserpine, le même poète nous dira que « les roses meurent et les lis dépérissent » \ Et présage du malheur qui va frapper le fils de Pélops, Sénèque fait dire h Thyeste que « les couronnes de roses sont d’elles-mêmes tombées de sa tête » 4.
Emblème de la joie et compagne du plaisir, la rose — la transition était naturelle — devint le signe et la marque de la mollesse. Pour donner une idée de la fermeté stoïque de Régulus, Cicéron dit que « la vertu le proclame plus heureux que Thorius »,