‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 52 sur 391 · Tô8s yàp Oeûv a7]tj.a · texte numérisé non relu

Tô8s yàp Oeûv a7]tj.a

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Ode XLII (5), v. 6-11.

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Odes LI1I (51), v. 4-15 cl LTV, v. 8-9 (51, v. 27-28).

LA nt)SB DANS LES LEGENDES ET DANS LA POESIE. 71

l'objet du chant des poètes, l'arbuste chéri des Muses. Elle blesse de ses rudes épines et cependant on la cueille avec plaisir. On aime à tenir dans ses mains cette fleur consacrée à Eros et à respirer sa douce odeur... Agréable jusque dans sa vieillesse, elle y conserve le parfum de ses premiers jours.

Si Jupiter, dira à son tour Achille Tatius 1, avait voulu donner une reine aux fleurs, la rose eût été leur reine ; elle est la parure de la terre, la splendeur des plantes, l'œil des fleurs, la pourpre de la prairie, l’éclair de la beauté. Elle exhale l’amour ; elle attire et fixe Vénus ; elle se couronne de feuilles odorantes ; elle étale avec orgueil ses flexibles pétales, qui sourient légers aux zéphyrs.

Pour Philostrate encore la rose est le « monument d’Adonis, le sang de yénus, l’œil de la terre »2.

Les poètes de Rome ont rivalisé avec leurs émules de la Grèce dans ce concert de louanges en l’honneur de la rose ; l’un d’eux3 ira jusqu’à l’appeler cc l’astre des fleurs ». Mais nul ne l’a célébrée dans des vers plus gracieux, quoique non exempts d’afféterie, qu’Ausone. Dans une idylle4 qu’on a parfois attribuée à Virgile, il feint qu’il erre au milieu d’un jardin au moment où « la douce baleine du matin et sa piquante

1. Leu ci ppc et Clitoplion, liv. II, chap. 1. J’ai suivi en partie la traduction de M. Zcvort.

2. ’AowviSoc u~op.vr[fjia"a rj ’Aopooiirjç patprjv ij yrjç ci ;j. para. Epistola I.

3. « Haec llorum sidus. » Antliologia latiaa , éd. Al. Riese, v. I, p. 2'i0. (De laude rosao ccntumfoliae.)

« Rosae. » Idylle XII, éd. Nisard. Paris, 1887, in-8.

LA ItOSIÎ DANS L’ANTIQUITÉ

fraîcheur annoncent le retour doré du jour. « Il v voit1 les rosiers que cultive Pestum briller humides au nouveau lever de Lucifer ; et çà et là, sur les arbrisseaux encore chargés de brouillards, luit une blanche perle qui doit mourir aux premiers rayons du jour.

On doute, ajoute le poète2, si l'Aurore emprunte aux roses son éclat vermeil, ou si le jour naissant donne à ces fleurs la nuance qui les colore. Même rosée, même teinte, même grâce matinale à toutes deux ; car l'étoile et la fleur ont pour même reine Vénus ; même parfum peut-être ; mais le parfum de l'une se dissipe dans les hautes régions de l’air ; plus rapproché, on n'en sent que mieux le parfum de l’autre. Déesse de l'étoile et déesse de la fleur, la divinité de Paphos a voulu leur donner à toutes deux la couleur de la pourpre.

On comprend d’après ces éloges enthousiastes quelle place la rose devait occuper dans les œuvres

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