‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 7 sur 391 · LA IIOSE DANS L* ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

LA IIOSE DANS L* ANTIQUITÉ

qui mentionnent pourtant un si grand nombre de plantes, et le sanscrit n’a même pas de nom pour elle1. L’auteur du Ritou-Sanhara, espèce de poème des saisons2, qui renferme l’énumération de tant d’espèces végétales indigènes dans l’Inde, ne la cite pas ; Kalidâsa n’en parle pas davantage dans ses drames, où le monde des fleurs est si largement représenté, et, plusieurs siècles après notre ère, Suçruta lui-même, qui, dans sa thérapeutique3, a cité un nombre si considérable de remèdes végétaux, ne dit rien de cet arbuste, dont la fleur fournit des produits pharmaceutiques estimés, en même temps qu’elle est le plus bel ornement de nos jardins.

L’Hindou stan n’est donc point la patrie de la rose cultivée des Anciens. De fait, cette contrée ne possède, cl’après Drury4, que deux espèces de roses indigènes, appartenant toutes deux à la région montagneuse ou septentrionale : la rose toujours verte (A. semperçirens L.)5 et la rose à fleurs invol ucrées

1. L’hindoustani gulab, mentionné par Roxburgh (Flora indica, Sérampore, 1832, in-8, vol. II, p. 513), comme nom de la fi. centifolia, est dérivé du persan.

2. OEuvves complètes de Kalidâsa, trad. par Fauche. Paris. 1860, vol. II, p. 1-50.

3. Ayurvédas , Id est medicinae systema a venerabili Dhanvantare démons tratum, a Suçruta discipulo compositum, nunc primum ex Sanscrita in Latinum sermonem vertit... Fr. Hessler. Erlangae, 1844-50, in-8.

4. IlandbooJc of the Indian flora. Madras, 1864. in-8, vol. I, p. 377.

5. De Candollc ( Prodromus , vol. II. p. 598) indique une variété de cette rose dans les monts Mlghiri.

ESPÈCES DE ROSES CONNUES DES ANCIENS. 11

(R. invol ucr ata Roxb.)1 ; il n’est clone pas surprenant qu'elles aient échappé aux anciens habitants de l’Inde : la reine des fleurs leur fut sans doute inconnue, comme elle l’a été des Egyptiens, des Hébreux et des anciens Assyriens.

En fut-il de même des Médo-Perses ? Le Zend- Avesta ne parle pas plus que les Védas de la rose ; mais comme il ne cite point de noms de plante en particulier, on ne peut en conclure que les habitants de l’Iran n’aient point anciennement connu ou cultivé la rose; ce n’est pas toutefois chez eux, mais chez les Grecs, qu’on rencontre la première mention de cette fleur charmante.

Le nom de la rose se trouve dans les plus anciens monuments de la poésie hellénique. Aphrodite, dans Homère, parfume le corps d’Hector avec de l’huile de rose 2 ; mais le poète ne dit rien de la fleur ellemême dont était tiré ce parfum, et l’on s’est demandé s’il la connaissait3 4. Il donne, il est vrai*, ainsi que

1. Roxburgh (Flora indica, vol. Il, p. 513) ne parle pas de la F. sempervirens, mais il mentionne comme indigènes les B. pubescens Roxb. et recurva Roxb. De Candolle indique aussi d’après Lindley les R. Brunonii et Lyellii.

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