Monuments de l’Institut archéologique , 1863, pl. XIX
LA ROSE DANS l’aNTIQOITÉ.
voit deux nouveaux époux, portés sur un char, et la tête couronnée de fleurs. Himère décrit les Amours1 2 tressant avec des roses cueillies dans les jardins d’Aphrodite des couronnes dont ils parent la chambre nuptiale de Sérènos. Et Claudien®, dans l'épithalame de Palladius et de Célérina, fait également répandre à pleines mains dans la chambre nuptiale une immense pluie de roses et des violettes cueillies elles aussi dans les jardins de Vénus.
C’est surtout comme emblème de l’amour que la rose prit ainsi place dans les fêtes de l’Hymen ; elle était considérée à la fois comme un témoignage et un gage de tendresse et d’affection. Aussi, les amis en envoyaient à leurs amis, les amants en offraient à leurs maîtresses.
Portées sur leurs feuilles comme sur des ailes, écrit Philostrate à un ami3, ces roses se hâtent d'aller vers toi. Reçois-les avec faveur comme un souvenir d'Adonis, le coloris de Vénus ou les yeux de la terre. Une couronne d’olivier sied à un athlète, la tiare droite au grand roi, à un soldat le casque, la rose à un bel adolescent.
1 . "Epwxsç §£ poSwv cmoâvouç îîXeÇctu.evot, oÿç IÇ 'Aopoot-njc xr[~wv oiav Oélwai Spe-ovtai, tr)v Traataca -aaav avanvooat. Or. I. 19.
2. Tum vere rubentes Desuper invertunt calathos, largosque rosarum Imbres, et violas plenis sparsere pharctris
Collectas Veneris prato. v. 116-1 19. (Opéra, WXI).
3. Epismla I (29). Cf. Epist. II. « Je t’ai envoyé une couronne de roses, non pour te faire honneur, encore qu il en soit ainsi, mais pour être agréable aux roses, en les empêchant de se faner. »
Martial adresse de môme à son ami Sabinus, comme le plus beau cadeau qu’il puisse lui offrir, une couronne de roses1, souhaitant seulement qu’il la croie faite des fleurs de son jardin. Ce sont des roses encore qu’il envoie une autre fois ceindre de leurs festons délicats le front de son cher Apollinaris2. Et Properce, dans une de ses plus gracieuses élégies3, se représente enlevant de son front sa couronne de roses pour en ceindre pendant son sommeil les tempes de Cynthie.
C’est qu’il n’y avait pas d’offrande plus propre que les roses pour gagner l’affection ; aussi les amants en déposaient-ils au setiil de leurs amantes, soit, dit Athénée4 5, pour leur faire honneur, en ornant de couronnes l’entrée de leur demeure, comme si c’eût été celle d’un dieu ; soit qu’ils en fissent hommage, moins à leurs maîtresses qu’à l’Amour lui-même, dont elles représentaient la divinité et dont leur habitation était comme le temple. Et le grammairien grec cite un passage de Lycophronide où ce poète montre un chevrier0 épris d’une bergère