‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 98 sur 391 · I.A ROSE DANS L’ANCIEN ORIENT · texte numérisé non relu

I.A ROSE DANS L’ANCIEN ORIENT

Tandis que la culture de la rose prenait en Occident une extension que la décadence et la destruction de l’Empire devaient seules arrêter, elle se développait aussi en Orient ; ce n’est plus seulement en Asie Mineure et en Mésopotamie qu’on en retrouve les traces incertaines, on la rencontre maintenant à la fois en Perse, en Syrie et en Egypte. Des légendes se forment autour de la rose dans ces divers pays ; elle y entre de plus en plus dans les usages de la vie et elle y devient un objet de luxe, comme dans la Grèce et l’Italie.

Il nous est impossible de suivre les progrès que put faire la culture de la rose dans l’ancien Iran ; mais qu’elle y remonte a une époque reculée, c’est là ce dont on ne saurait douter. Comment cette fleur n’aurait-elle pas pris place dans les Paradis célèbres que les souverains de la Perse, comme nous le voyons

LA ROSE DANS l’aNCIEN ORIENT.

par l’exemple de Cyrus le jeune l 2, ne dédaignaient pas de cultiver de leurs propres mains. Le Bundehesh, dont le texte le plus ancien est seulement du vin0 siècle de notre ère*, mais dont certaines traditions ont un caractère primitif et nous reportent aux premiers temps du Zoroastrisme, connaît la rose à cent feuilles et la rose de chien ou rose sauvage; d’après lui deux amshapands différents veillent sur elles ; la première, la rose à cent feuilles, est confiée à la garde de Dîn, la seconde, La rose de chien — nestran — à la garde de Rashtu3; suivant une légende racontée dans le même livre sacré, la rose, comme tous les arbustes, aurait été créée sans épines; ce n’est que depuis l’apparition d’Ahriman ou du génie du mal en ce monde qu’elle est armée d’aiguillons4 5, conception singulière dont nous retrouverons l'analogue chez plusieurs Pères de l’Eglise.

Un renseignement plus ancien nous permet d’affirmer que la rose fut non seulement cultivée avant notre ère, chez les Médo-Perses, mais qu’elle y devint un objet de luxe et de parure et y servait, comme chez les Grecs, à faire des couronnes. Dans ses Questions de table0, Plutarque rapporte que le roi de Perse — c’était Artaxercès II Mnémon, —

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