EAU DE ROSES
L'eau dé roses est une eau chargée par distillation des principes volatils contenus dans les pétales frais et récemment cueillis, de roses pâles, en particulier.
Elle figure dans presque toutes les pharmacopées étrangères, sauf toutefois dans celle de Grande-Bretagne.
La distillation des roses pour en retirer l'essence, remonte à une date très ancienne ; elle est probablement originaire de la Perse. Elle est mentionnée dans des documents pharmaceutiques concernant les peuples des vallées du Tigre et de l'Euphrate (Sum: mériens, Babyloniens, Chaldéens, Assyriens), documents constitués par des tablettes d’argile portant des inscriptions cunéilormes et retrouvées sur l'emplacement de l’ancienne Ninive (21).
Dès l’an 810, la province de Farsitan devait fournir au trésor de Bagdag 30.000 bouteilles d’eau de Rose (22). On les distillait alors généralement avec du vin. Avicennes, au début du XF"° siècle, est l’un des premiers chez les Arabes qui ait fait connaître l’eau de rose à l'Europe Occidentale ; les Croisés contribuèrent à en répandre l'emploi. Actuarius, médecin des empereurs grecs de Constantinople, mentionne pour la première fois en Europe l’eau distillée de Roses.
Préparation : Mattiole, dans ses « Commentaires de Dioscoride », recommande comme étant la meilleure celle qui se fait en alambic de verre au bain-marie, et si beaucoup de médecins chez les Anciens préléraient la décoction ou l’infusion de roses, c’est que cette eau était fréquemment distillée en Rosaires de Plomb ou autres métaux, d’où il s’en suivait des résultats fascheux pour les malades, vomissements, coliques..… « Les médecins donc, et apothicaires, qui devraient plus respecter la santé du monde que l'or et l'argent, ne se devraient jamais aider d’alambic de plomb, ni de-cuivre, pour distiller l'eau, ainsi du bain-marie avec alambic de verre ; et par ce moyen, ils feraient chose qui se trouverait agréable à Dieu et proîilitable aux hommes : posé le cas qu'il y ait un peu plus de peine » (23).
Lémery (24), dans sa « Pharmacopée Universelle », donne la préparation suivante :
(21) D'après BOUVET, Histoire de la Médecine I, 560.
(22) FOURNIER, Plantes Médicinales III, 353. Il est à noter que parmi Jes anciens droits seigneuriaux, chez nous, on trouve beaucoun de redevances de boisseaux de Roses pour la provision d’eau de rose du Seigneur (de CHESNEL).
(23) MATTIOLE, Com. Diosc. I, 85.
(24) LEMERY, Pharmacopée II, 830.