‹ La Rose en ThérapeutiqueChapitre 27 sur 56 · ESPRIT DE ROSES INFLAMMABLE · texte numérisé non relu

ESPRIT DE ROSES INFLAMMABLE

L'esprit de roses inflammable est obtenu par distillation de deux parties de roses fraîches avec un mélange à parties égales d'alcool et d’eau (56).

Dans sa « Toilette de Flore » à l'usage des dames, publié quelques années auparavant (1781), BUC'HOZ nous décrit très longuement la préparation de l'Esprit ardent de roses (57) : Il l’obtient en distillant une pâte faite de roses pâles pilées additionnées de sel marin et mis à fermenter pendant un mois ou deux. L’odeur de l'esprit ardent de roses ainsi obtenu après plusieurs distillations et rectilications est « ravissante », écrit-il.

Cet esprit odorant et inflammable de roses est « fort propre pour fortilier et réjouir le cœur et l'estomac », nous dit POMET, et CHARRAS écrit : « Il est très bon contre les faiblesses, les défaillances et les battements de cœur. On le donne depuis 3 à 4 gouttes jusqu’à 15, 20 et 30 dans sa propre eau, dans du vin, dans du bouillon. On lapplique aussi sur lestomac, sur la région du cœur et même sur les tempes, sur les poignets et sous la plante des pieds dans de grandes défaillances. On le donne aussi avec heureux succès dans les fièvres malignes ; on peut même s'en servir pour provoquer les sueurs au besoin, en le mêlant avec 7 ou 8 onces d’eau de chardon béni » (58).

Mêmes indications chez Buc’hoz qui écrit : « on prépare dans les pharmacies un esprit ardent de roses qu’on ordonne avec succès depuis 1/2 gros dans sa propre eau, pour les syncopes et les palpitations », mais il ajoute, « pourvu que ceux auxquels on le prescrit ne soient pas Vaporeux » (59).

Jourdan chez qui nous avons relevé la préparation de l'esprit

‘de roses (1828) signale : « cordial nervin, inusité aujourd’hui et

plus souvent employé jadis à l'extérieur qu'à l’intérieur ».

On se servait de cet esprit de roses auquel on ajoutait une certaine quantité de sucre pour préparer une liqueur très agréable aux dames et très appréciée au début du XIX""° siècle. C'était selon les fabricants « l'huile de Roses » ou «huile d'amour », « huile de Vénus », « huile d’Adonis », etc...

(56) JOURDAN, Pharmacopée Universelle, 1828.

(57) BUC'HOZ, Toilette de Flores 118.

(58) CHARRAS, Pharmacopée Royale, 1717, 477.

(59) BUC’HOZ, Dissert. sur les Roses, 1781.

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