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MIEL ROSAT

Le miel était pour les Anciens qui ne connaissaient pas le sucre, un excipient de choix, « contenant la quintessence des plantes » (97), et possédant de plus des propriétés purgatives mises à prolit dans les lavements.

Nous trouvons mentionné pour la première fois le miel rosat dans une formule citée par BOUVET dans son « Histoire de la Pharmacie », et qui serait dû à Esculape ; c’est un remède contre les hémorroïdes, renfermant « de la sueur de vache, de la cendre de tête de chien, de la peau de serpent macérée dans du vinaigre et du miel rosat » (98). Hippocrate en faisait mention (De re rustica,

Liv. VI, 6).

Sa préparation est donnée dans « l’Antidotaire » de Nicolas remontant à la fin du XF" siècle : « en miel blanc et descumé soit mis Jus de roses, et comme il commencera à boillir, soit mis roses menuement dépecées, et soit tot dis (toujours) meu, et de tant com il plus boillira, tant sera il meillor. Il conforte le ventrail en esve froide » (en eau froide).

Lémery indique de prendre « du suc de roses rouges et de très bon miel, de chacun parties égales. On le clariliera ensuite avec un blanc d’œui et cuit en consistance de sirop » (99). Après avoir donné ses vertus et montré qu'il était préférable d'employer

les roses rouges à cause de leur vertu astringente, il ajoute :

« On pourrait encore préparer le miel rosat en mettant digérer au soleil pendant dix ou douze jours, une partie de roses rouges bien pilées, et mêlées avec deux parties de bon miel dans un pot de terre couvert ; on ferait ensuite bouillir doucement la matière après Y avoir ajouté une quantité suffisante de décoction de roses rouges, puis on la coulerait, on l’exprimerait, on la clarifierait, et on la ferait cuire selon l’art » ; ce miel rosat ne cèderait pas en vertu au précédent.

Le Codex de 1818 donne à peu près la même préparation pour le miel rosat ou « Mellite de roses », les Mellites étant des « sirops préparés avec le miel ».

Au Codex actuel, on trouve la préparation suivante : Mellite de roses rouges (Miel rosat)

(97) LEMERY, Pharmacopée Universelle, I, 172. (98) HISTOIRE MEDECINE, I, 567.

Roses rouges récemment séchées et réduites en

poudre demi-fine (Tamis module 32)........ 500 grs AÏCOO! à O0 RTE ER SE PAR PEN 2.500 grs Miele Re PR RE ER RES PRES 3.000 grs

Humectez uniformément la poudre de roses rouges avec 250 ors d'alcool : après deux heures de contact en vase clos, introduisez-la dans un percolateur, ajoutez de l’alcool conformément aux règles de la lixiviation. Laissez macérer pendant 24 heures et lixiviez avec le reste de l'alcool prescrit. Soumettez le contenu du percolateur à la presse. Réunissez les liquides alcooliques au bainmarie, pour en retirer l'alcool. Concentrez le résidu au bain-marie iusqu’à réduction à 750 grs ; ajoutez le miel, portez à l’ébullition. Assurez-vous que le mellite marque 1,27 au densimètre ; fltrez bouillant au papier. »

De tous temps, ce sont ses propriétés détersives et astringentes qui ont été mises à profit. Mélangé au beurre, CELSE le recommandait comme un excellent remède contre les maux de dents (De re medica VI, 18). Jérôme Fracastor (1483-1553) prescrit l'usage du miel rosat dans les complications de la bouche à la suite des traitements du mal français par le vif argént (100). POMET nous dit qu’il est employé pour fortilier les gencives ; additionné d’esprit de sel, on s’en sert pour nettoyer les dents (101).

Ce miel rosat au dire de CHARRAS « déterge, resserre et fortilie d’où vient qu'il est fort usité-pour tous les maux qui viennent dans la bouche. On s’en sert encore fort souvent dans les clistères astringents et détersifs et dans les opiats que l’on fait pour nettoyer et blanchir les dents » (102. Le miel rosat mélangé à l’eau de roses ou de plantain rend les gencives vermeilles.

LIEBAUT ordonne, après les abcès de la matrice des « injections ou lavements de vin tiède avec tierce partie de miel rosat », « cependant que l’on fera boire à la demoiselle, pour mondifier intérieurement l’abcès... six onces de lait de brebis fraîchement tiré avec une once de miel rosat » (103).

Actuellement, le miel rosat est encore inscrit à bon nombre de pharmacopées.

Il est employé à l'extérieur surtout en gargarismes et collutoires : Collutoire au borate de sodium (Codex), Gargarisme astrinx NN e . ; gent (Codex), Gargarisme au borate de sodium (Codex).

(99) LEMERY, Pharmacopée Universelle, I, 178. (100) FRACASTOR, 1546, 348.

(101) POMET, Histoire des Drogues, 1694.

(102) CHARRAS, Pharmacopée Royale, 1717, 161. (103) LIEBAUT, Maladie des Femmes, 1651, 282,

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