‹ La Rose en ThérapeutiqueChapitre 37 sur 56 · CONSERVE DE ROSES ‘’MOLLE · texte numérisé non relu

CONSERVE DE ROSES ‘’MOLLE

Définition : Le nom de conserve a été très judicieusement donné à ces préparations, nous explique Lémery dans sa « Pharmacopée », « puisqu'elles ne sont faites que pour conserver les parties des végétaux dans toute leur bonté ; car le sucre qu’on y mêle étant un sel, il en bouche les pores, il absorbe le trop d’humidité aqueuse, et il empêche que l'air n’y entre pour exciter la fermentation que nous appelons corruption » (104).

C’est le « zaccharum rosatum » de MESUE, le « Rhodosaccharum » de Nicolas dont voici la préparation donnée par BAUDE- RON dans sa « Pharmacopée » (105) : « Prenez une partie de roses rouges dont les ongles soient coupés avec un couteau ou. cizeau…. Les roses ainsi coupées seront pilées en un mortier de marbre, avec un pilon de bois, puis on y ajoutéra une partie de sucre fin, qu’on incorporera ensemble et gardera en son pot qui ne soit du tout plein : puis on les mettra au soleil bien couvert, comme nous avons dit, l’espace de trente ou quarante jours, le remuant chaque jour avec une spatule afin que la chaleur pénètre partout, ainsi

cette conserve se garde deux ans, très belle et très agréable. »

Dans cette formule, BAUDERON ne spécifie pas s'il s’agit de rose fraîche ou séchée, c’est que l’on employait l’une ou lPautre. Lémery donnant une formule à peu près semblable dit qu’elle aura « autant de vertu, nouvelle que vieille ». Un siècle plus tard, JOUR- DAN qui cite les nombreuses pharmacopées dans lesquelles figure la conserve de roses, nous précise qu’elle se fait tantôt avec des pétales frais, tantôt avec des pétales secs, tantôt même avec des pétales secs en poudre.

Selon Lémery, la conserve de roses molle « est bonne pour modérer la toux, pour arrêter les hémorrhagies, le vomissement, le cours de ventre, pour fortifñier le cœur et l'estomac, pour aider À la digestion ; la dose en est depuis une dragme jusqu'à trois € (106).

Nous verrons plus en détail ses propriétés lors de l'étude de la conserve de roses solide.

(104) LEMERY, Pharmacopée Universelle, 1716, I, 164. (105) BAUDERON, Pharmacopée, 1627, 21.

(106) LEMERY, Pharmacopée Universelle, 1716, I, 166.

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