SUCRE ROSAT
Le sucre rosat est décrit sous le nom de « Rodozacara » dans l'Antidotaire de Nicolas : « Il est fait isi : en üi. livres de çucre soit mis 1. livre de foille de roses novelles, et soit triblé en un mortier, et soit mis XXX jorz en un vessel de voire et mué au soir et au matin ; puis 1 s’ait mis i. livre de çucre triblé. Il soit doné au matin et à midi ou eve rose ou fraide (avec eau de rose) ».
« Rhodozacara vaut a dolor de ventrail de chalor » (41).
Voici ce qu’en dit POMET dans son « Histoire Générale des Drogues » (Livre I, Ch. XLVID : « Le sucre rosat est du sucre blanc, clarifié et cuit en consistance de tablette dans de l’eau rose,
2e . oO et lorsqu'il est cuit, on en forme des tablettes de telles grandeurs que l’on souhaite, ou bien on le fait en petites grenailles, en le remuant jusqu'à ce qu'il soit sec et refroidi.
« Le sucre rosat n’est qu’un sucre empreint de la qualité et de lodeur de l’eau de rose, c’est pourquoi il est ordonné avec heureux succès à ceux qui prennent de petit lait. »
« On choisira le sucre rosat en tablettes, sec, bien travaillé, difficile à casser, d’un goût et d’une odeur de rose, le plus blanc et le plus nouveau fait qui se pourra ; et celuy en poudre aussi en grenailles blanches et sèches, et de l'odeur et du goût cy-dessus. »
Lémery, dans sa Pharmacopée (42), en donne 4 formules :
Sucre rosat en tablettes, comme ci-dessus.
Sucre rosat rouge, où il entre des roses rouges pulvérisées, arrosées de quelques gouttes d’esprit de soufre.
Main de Christ ou sucre rosat perlé (43) ou Diamargaritum simple, à base de sucre blanc cuit dans l’eau de rose et de perles préparées.
Et enfin le sucre rosat perlé, réformé, qui est la formule précédente dans laquelle Lémery propose de diminuer la dose de sucre.
Même préparation indiquée au début du XIX”"° siècle (De
Chesnel, 1838).
(41) ANTIDOTAIRE NICOLAS, Traduction Dorvault, D. 26. (42) LEMERY, Pharmacopée Universelle, 1764, II, pp. 652, 653.
(43) On à donné à ces tablettes le nom de « Manus Christi » ou de sucré rosat perlé à cause de leur excellence et des médicaments dont elles sont composées. « Elles fortifient et réjouissent le cœur et les parties nobles. » (CHARRAS,
Pharmacopée, p. 175).