PARTIE.— DU ROSAIRE PERPÉTUEL
nés de tout âge, de tout sexe et de toute condition ; des magistrats, des officiers môme, avaient donné leur nom, heureux de pouvoir faire partie ici-bas de la Garde d'honneur de Marie; et la récitation du saint Rosaire se perpétuait sans interruption, comme aux plus beaux jours des siècles derniers.
L'inauguration solennelle eut lieu à Lyon au couvent des Dominicains, le soir du premier dimanche de juillet 1858.
Plusieurs heures avant la cérémonie, l'église s'était remplie. Après une prédication sur la beauté et l'actualité de l'œuvre, les associés furent armés chevaliers de Marie, devant défendre jusqu'à leur dernier soupir son hoilneur et son culte; les litanies furent chantées à deux chœurs par les religieux et les fidèles, et la cérémonie se termina par la bénédiction du saint Sacrement, à l'autel de la sainte Vierge.
Dès lors cette œuvre du Rosaire perpétuel est toujours allée en grandissant et en se développant; elle a pénétré dans
Digitiz
un grand nombre de diocèses; déjà elle étend ses rameaux au-delà des frontières, dans les pays étrangers. Nous avons vu des paroisses s'enrôler, le pasteur en tête. Parmi les hommes, plusieurs ne pratiquant pas les devoirs de la religion ont demandé à être admis dans cette milice en l'honneur de la Reine des cieux, promettant d'être fidèles jusqu'à la mort à leurs obligations : « Je suis sûr, au moins, disait le prêtre qui avait pris leurs noms, que ces hommes feront une prière de temps à autre, et ce lien du Rosaire qui les rattache à celle que l'Eglise appelle le puissant refuge des pécheurs est capable de les ramener un jour à la pratique complète de leurs devoirs religieux. »
Lorsqu'une œuvre chrétienne devient populaire, et que, dès le principe, elle prend un cachet d'universalité, on peut dire que cette œuvre est voulue de Dieu, et qu'elle répond à un besoin; telle est l'œuvre du Rosaire perpétuel. Dès le principe, cette œuvre est devenue populaire;
11 e PARTIE. — DU ROSAIRE PERPÉTUEL. 103
dès le principe, elle a pris le cachet d'universalité; dès le principe, féconde en heureux résultats, elle a produit le plus grand bien dans les âmes, elle est donc voulue de Dieu, puisqu'elle en est bénie.
Elle répond à un besoin, celui de la prière... Nous développerons plus longuement ces points de vue dans le chapitre suivant, où nous exposerons les motifs d'actualité. •
Une personne de haute intelligence, émerveillée de ce qu'on lui racontait sur le rétablissement du Rosaire perpétuel et sur la rapidité de son extension, disait avec admiration : a Quels flots de grâces « et de bénédictions doivent résulter de « cet immense concert de voix qui chance tent perpétuellement les louanges de « Marie, de ce courant non interrompu « de prières qui s'élève sans cesse de la « terre vers le Ciel! Si un Ave Maria bien « dit a une si grande force sur le cœur de (( Marie, que sera-ce de ces milliers et a milliers de Rosaires qui se récitent sans « interruption, le jour et la nuit, par
« des âmes ferventes ! Espérons tout de « cette œuvre pour notre patrie, car « l'histoire est là pour raconter les in- « fluences que le saint Rosaire peut exerce cer sur les destinées des nations. *
Cet homme avait raison. Nous n'oublierons jamais les Albigeois à Toulouse et les Turcs à Lépante. Un saint missionnaire disait naguère que dans toutes les paroisses où il avait trouvé l'association iu saint Rosaire florissante, il avait rencontré en même temps la vertu et la pureté de mœurs, l'exemption d'une multitude de vices qui perdent nos populations, et font gémir les pasteurs.
Les influences du saint Rosaire se font sentir d'une manière peut-être plus frappante encore dans les âmes en particulier. Nous en avons vu qui ont été véritablement transformées depuis leur affiliation à cette sainte milice. Nous en avons vu quitter tout à coup une vie de dissipation et de légèreté pour entrer dans une vie de méditation et de pénitence; des âmes qui ne pensaient aupa-
11 e PARTIE. — DU ROSAIRE PERPÉTUEL. 10Î)
ravant qu'à la vanité, établir leur demeure sur le calvaire, et se nourrir de la pensée d'un Dieu cruciûé. « L'heure « de mon Rosaire, disait un associé, est « un moment de délices pour moi; il « me semble que Marie est à mes côtés, « et qu'elle sourit à son enfant. » — « Quand je m'entretiens avec la sainte
« Vierge, disait un autre associé, des « souffrances de son divin Fils par la mé-
« ditation du Rosaire, j'éprouve un dé- « goût si grand du monde et de ses plai- « sirs que je voudrais pouvoir mourir « ou devenir un apôtre pour travailler « au salut des âmes. » Ce sont là des grâces bien grandes, et ces grâces ne sont pas rares dans l'association du Rosaire perpétuel. Dans l'ordre temporel comme dans l'ordre spirituel, nous pourrions citer une multitude de faits bien frappants de l'assistance de la sainte Vierge. Nous les réservons pour le petit
journal de l'œuvre : La couronne de Marie.
Aujourd'hui, l'association du Rosaire
perpétuel est donc définitivement établie au milieu de nous. Elle compte un grand nombre de milliers d'associés, et chaque jour vient ajouter à ce nombre. Forte de son organisation parfaitement régulière {voir le chapitre IV), forte de la faveur de nos évêques, forte surtout de la protection toute maternelle de Marie, qui, du haut du ciel, veille sur elle et la bénit, cette œuvre marche vers l'avenir, riche d'espérance.
La première qualité d'une œuvre, c'est Yactualitè. C'est par là qu'elle prend racine dans une société , qu'elle y vit, qu'elle y fait du bien. Or il n'est pas difficile de reconnaître dans le Rosaire perpétuel une œuvre toute d'actualité.
0 Jl est une prière pour le monde qui