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de ce sérum de convalescent. Un tel sérum recueilli du septième au quinzième jour qui suit la défervescence (moment optimum) renferme une très forte proportion d’immunisines et il est capable, injecté à des doses relativement peu élevées de prévenir ou d’atténuer la maladie suivant le cas. De la sorte la séro-
thérapie nouvelle pouvait rentrer dans le domaine
de la pratique. |
La séro-prophylaxie antimorbilleuse, il est vrai, ne saurait prétendre à se généraliser, la difficulté de se procurer du sérum devant en limiter forcément l'emploi. Du moins rendra-t-elle toujours de grands
services dans les hôpitaux d'enfants en permettant
de circonscrire, dans les crèches notamment, les foyers d'infection. Actuellement, grâce surtout aux travaux de notre maître Robert Debré, la façon d'utiliser dans la pratique le sérum de convalescent est admirablement connue. Nous l’exposerons pour le cas particulier des tout-petits.
Auparavant il nous semble indispensable de rappeler brièvement l’action du sérum, variable suivant la période de la maladie où l'injection est pratiquée.
Si le sérum est injecté précocement, c’est-à-dire peu après la contamination, la rougeole ne se pro-
duit pas : l’action empêchante du sérum est mani-
feste : on dit qu’il y a séro-prévention absolue. Injecté plus tardivement durant la deuxième partie
de l’incubation, ce sérum ne fait qu'atténuer les
phénomènes morbides. La rougeole est modifiée.
J. Mariani 6
eve
(Normalement l’incubation n’esi pas allongée, mais les catarrhes sont absents ou peu intenses, la température est peu elevée, l’éruption est discrète ou peut manquer).
Par contre l’état réfractaire est acquis : C’est la séro-attéenuation.
Enfin si l'injection est pratiquée plus tardivement encore on constate en tout et pour tout une absence d’éruption à l'endroit de la piqûre. Mais’ l’évolution de la rougeole n’est aucunement entravée. C’est le phénomène de l'inhibition locale de Debré.
Dans la pratique il y tout avantage à intervenir le plus tôt possible pour essayer d'obtenir une séroprévention absolue et éviter ainsi aux enfants des crèches, ordinairement peu résistants, les risques d'uneinfection toujours dangereuse, même légère.
Encore est-il nécessaire de tenir le plus grand compte de la notion d’une rougeole chez la mère pour lemploi judicieux du sérum.
Deux cas sont à envisager : ;
Si la mère a eu la rougeole nous savons que l’enfant est strictement immunisé de la naissance à deux mois; il sera donc inutile de l’injecter. Du deuxième au troisième mois limmunité est pratiquement absolue : suivant les disponibilités en sérum On injectcra ou non les enfants. Sur ceux-ci, en effet, on donnera la priorité aux enfants'de ‘plus. de trois mois ; à partir de cet âge l’immunité naturelle se dégrade, la possibilité de contamination augmente, l’acie prophylactique s'impose,
Si la mère n’a pas eu la rougeole l'enfant nait réceptif ; il faut le protéger dans tous les cas.
Dans l’une comme dans l'autre de ces deux éventualités les doses à employer varieront de 3 à 5 centimètres cubes de sérum en injection suivant l’âge de l'enfant.
Dans la majorité des cas la voie sous-cutanée esl suffisante, Lorsqu'une action plus rapide sera jugée nécessaire on aura recours à la voie intramusculaire (1). -
Résultats. — Nous avons vu de cette méthode de bons résultats ;
Le 16 septembre à la crèche des Enfants-Malades un cas de rougeole est constaté. Aussilôt on injecte les enfants voisins : un seul est âgé de 8 mois, les. trois autres ont moins de 6 mois. Deux, ont une - rougeole atténuée (voir obser. 2et 3) ; les deux autres sont protégés. £
Le 12 novembre un second cas de rougeole survient à la crèche ; les mesures préventives sont prises sur 3 enfants voisins : Le premier âgé de 2 mois 1/2 reçoit le même jour 3 centimètres cubes de sérum ; mais il meurt le 17, de maladie intercurrente,avant qu’il soit possible de tirer aucune conclusion. Le second, âgé de 3 mois, reçoit du sang de la mère (15 cmc.)le 16 novembre, et il a été protégée. Le
1. Nota. Faute d'avoir sous la main du sérum de convalescent on pourra faire appel au sérum d’ancien rougeoleux encore riche en immunisines. Toutefois les doses à injecter devront être intensifiées dans de notables proportions. Cette méthode a déjà donné de bons résultats, Joannon a enregistré des succès encourageants.
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troisième âgé de 7 mois, reçoit 4 centimètres cubes de sérum, le 16 novembre ; il est également protégé.
Enfin le 4 décembre, nouveau cas de rougeole (observ. 6). Le 10 décembre des 4 enfants voisins 3 reçoivent du sérum ; le quatrième âgé de moins de 2 mois, né de mère ancienne rougeoleuse, est considéré comme réfractaire : il n’est pas injecté. Athrepsique, il est mort sept jours après l'injection, donc avant les termes des délais moyens d'incubation et trop tôt pour qu’on puisse faire étal de son cas. DR
Quant aux 3 autres respectivement âgés de8 mois, 7 mois, 3 mois 1/2 injectés à la dose de 4 centimètres cubes de sérum, examinés systématiquement chaque jour jusqu'au dix huitième jour après le contact, ils n’ont jamais présenté le moindre signe de rougeole. Nous les considérons comme provisoisoirement prévervés.
RS