‹ La rougeole et la scarlatine dans la grossesse et les suites de couchesChapitre 13 sur 42 · Traduit et résumé pour nous par M. de Tornéry · texte numérisé non relu

Traduit et résumé pour nous par M. de Tornéry

Braxton IIicks ( Obstétrical transactions of London, 1871).

Les cas de Broxlon Hiclcs ont tous été observés dans sa clienlèlc particulière. « J’ai rencontré, dit-il, ces cas « dans ma clientèle particulière et dans toutes les classes « de la société, c’est dire que les conditions dans lesquel- « les ils se sont produits ont été très variables : ceci est <r vraisemblablement un avantage ; en effet, beaucoup des <r observations de fièvre puerpérale qui ont été relatées « jusqu’ici, avaient été vues dans les hôpitaux, où une <r même couse peut avoir une influence prédominante, au <r moins tant que dure une épidémie, tandis que les faits «■ que j'ai recueillis ont évolué sous les influences les plus a différentes qu’on puisse trouver dans la pratique de no- <r tre art : Je ne prétends pas avoir rapporté tous les cas « de fièvre puerpérale que j’ai rencontrés, mais seulement « ceux chez lesquels j’ai pu reconnaître la filiation des « accidents, ils n’ont pas été choisis, mais pris indislinc- <r tement sur les relevés cliniques quej’ai faits dans le <t cours de plusieurs années, s

Voici maintenant ce qui a trait à la scarlatine. Braxton Hicks croit pouvoir rattacher la fièvre puerpérale à cette affection dans 37 cas, dont 20 avec le rash scarlatineux ordinaire, et 17 sans rash, dont 15 avec infection certaine et 2 sans infection certaine.

<t II semble donc, affirme cet auteur, que la scarlatine « est à la tête des facteurs morbides. En éliminant même « les cas où le rash n’a pas apparu, nous trovons que le

« chiffre dépasse celui fourni par n'importe quelle autre « affection. J’ai rangé les cas sans rash, dans le groupe de « la scarlatine, parce que l’on pouvait soit pour une raison, « soit pour une autre, songer à cette maladie, lessymplê- « mes par exemple étaient semblables quoique peut-être « pas aussi typiques que ceux avec rash, et à ce sujet je « désire faire les remarques suivantes : dans les cas où il y « avait rash le doute n’est guère permis, mais là où l’é- « ruption était peu distincte ou d’une nature indéterminée, « on pourrait hésiter, parce que, dans le cours de certai- <r nés intoxications, on voit apparaître un érythème scar- « latiniforme, dont l’origine semble bien être autre que <r la scarlatine, mais en se rappelant les cas de scarlaLine « indubitable où l’éruption reste fruste, on aura moins a de répugnance à regarder les faits dont je parle, comme n de la scarlatine véritable. D’ailleurs, cette maladie a « tant de façons de se propager qu’il est difficile de nier « qu’il y ait pu y avoir contagion. De nombreux enfants, « une nourrice de la classe pauvre, le médecin lui-même, « nécessairement en rapport continuel avec ces pyrexies « exanthématiques peuvent être les agents du cont ge. 11 « est malaisé assurément de distinguer ce rash de celui « de certaines septicémies, mais sont-ils de nature si « différente que cela, et leur origine commune ne peut- « elle pas être une scarlatine qui a passé inaperçue. 11 est « impossible de répondre maintenant à cette question, <r mais l’examen rigoureux des faits pourra à l’avenir a éclaircir le problème. Il y a un point qu’il faut faire « ressortir et qui s’est retrouvé dans tous les cas avec ou « sans rash, c’est l’absence du mal de gorge ; c’est bien

<r exceptionnellement que nous avons noté de la dysphac gie, et même dans ces cas la tuméfaction des ganglions « cervicaux était à peine appréciable. » Braxton Hicks s’est demandé, comme les auteurs précédents, pourquoi la scarlatine survenait si vite après l’accouchement. Si elles accouchaient prématurément, dit-il, la chose serait moins surprenante, parce qu’on pourrait dire que c’est la maladie qui, en germe, a déterminé l’accouchement prématuré, mais il n’en est pas ainsi, et presque toutes les femmes arrivent à terme. Il n’y a que deux façons d’expliquer les choses, ou bien on peut admettre que la femme tant qu’elle est grosse possède un état réfractaire insurmontable contre la scarlatine, ou bien au contraire, que la femme est infectée au moment même de l’accouchement par la voie génitale, et que la durée d’incubation est très courte à cause des conditions spéciales dans lesquelles se trouve la femme. On trouve, du reste, fait remarquer Braxton Ilicks, quelque chose d’analogue dans la scarlatine traumatique sur laquelle Sir James Paget a attiré dernièrement l’attention.

Braxton Hicks insiste encore sur la marche de ces érythèmes scarlatineux, qui se montrent simultanément sur la totalité du corps : on ne voit pas cela dans les scarlatines ordinaires ; la température n’a pas été malheureusement prise d’une manière régulière. Il y avait en moyenne 105 à 160 degrés Farenheit. Il regrette aussi de ne pas savoir le plus souvent s’il y avait eu auparavant une attaque antérieure de scarlatine. Néanmoins il croit pouvoir poser les conclusions suivantes:

1° Un grand nombre des accidents morbides que l’on

observe dans les suites de couches peuvent être attribués à la scarlatine.

2° La moitié au moins des malades ont des signes caractéristiques de scarlatine, tels que rash, maux de gorge, etc.

3° On observe souvent, mais non toujours, des troubles secondaires, tels que métrites, périmétrites, péritonites, pyémies.

4° Le mal de gorge est tout au plus léger et l’érythème scarlatineux se répand plus simultanément sur tout le corps que dans les cas habituels de scarlatine.

5° Les symptômes généraux et les complications suffisent à démontrer qu'il s’agit de scarlatine, qu’il y ait ou non érythème ou angine.

6° La maladie débute ordinairement entre le troisième et le cinquième jour qui suit l’accouchement.

7° Malgré les infections scarlatineuses auxquelles peuvent être exposées les femmes pendant des mois, durant leur grossesse c’est toujours néanmoins à l’époque précitée qu’éclate la maladie.

Discussion de 1875 à la Société obstétricale de Londres , sur la nature de la fièvre puerpérale.

Le travail de Braxlon Ilicks fut très remarqué. Il souleva quelques oppositions parmi les obstétriciens Anglais, mais ce fut un peu plus lard que ceux-ci se prononcèrent.

En 1875, à l’occasion d’une communication du Dr Spen-

cer Wels eut lieu à la Sociélé obstétricale de Londres une célèbre discussion sur la nature de la fièvre puerpérale, dont nous ne prendrons que ce qui concerne notre sujet.

Le Dr Leisliman (de Glascow), après avoir rejeté quelques-unes des idées qu’il avait professées auparavant sur la nature de l’infection puerpérale, et déclaré que dans la majorité des cas il s’agissait d’infections septicémiques, ajoute cependant ces mots à propos de la scarlatine puerpérale : « Je ne suis pas cependant sûr que tous les faits de fièvre puerpérale relèvent de la septicémie. » 11 y a des cas où une femme en couches contracte malheureusement pour elle une maladie contagieuse spécifique, et comme exemple je n’ai qu’à citer la scarlatine ; il n’y a rien que nous autres praticiens nous redoutions autant, et à juste raison, car l’affection se termine invariablement par la mort ; or, il peut se présenter des difficultés sérieuses pour différencier ces scarlatines puerpérales des infections septiques, car bien souvent la maladie semble plutôt relever d’une lésion locale, telle qu’une métrile ou une péritonite plus ou moins généralisée. Le Dr Newmann de Slraford fut de la même opinion que les orateurs précédents, et pour mieux montrer les analogies qui peuvent exisLer entre la scarlatine et la fièvre puerpérale, il rapporta le cas suivant : <r 11 y a quelques années je soignais une femme atteinte d’une fièvre puerpérale intense ; elle mourut deux jours après ma première visite, j’appris que peu de jours avant son accouchement elle avait visité une famille dont l’un des enfants était atteint d’une fièvre scarlatine, mais comme ma malade ignorait le nom de la

maladie dont l’enfant élai L atteint, clin ne me fit pas part de ce détail ». Newmann affirme qu’il a vu plus d’une fois la scarlatine prendre ainsi chez les nouvelles accouchées Y allure d'une maladie septicémique, lorsque cependant la contagion et la filiation des accidents n’étaient point douteuses.

Le Dr Braxlon Hicks fit après Newmann une sorte de résumé du travail que nous venons de ciler plus haut. Il rappelle scs 89 cas de suites de couches compliquées d’accidents fébriles; dans 68 cas il y avait manifestement une maladie infectieuse, c’est-à-dire dans plus des deux tiers des cas « sur ces 68 cas 37 se rattachèrent plus ou moins directement à la scarlatine, dans les autres cas on pouvait incriminer l’érysipèle, la diphtérie, la corruption des lochies... » Dans une famille où une femme en couches avait succombé à une atteinte grave de fièvre puerpérale, les deux enfants de celle-ci furent atteints 3 jours après la mort de la mère, de scarlatine maligne. Braxton Hicks rapporta encore un autre cas semblable au premier ». Après les 12 premières heures qui suivirent l’accouchement une dame multipare est prise d’accidents fébriles, puis d’un érythème sans caractère spécifique : le troisième jour il survint des arthrites multiples dans les jointures, elle fut prise de délire, les symptômes morbides s’aggravèrent de plus en plus, et elle mourut le cinquième jour delà maladie. Le médecin de la famille n’avait pas vu de scarlatine depuis deux mois, la nourrice était très bien portante et son interrogatoire ne révéla rien de suspect ;’mais 5 ou 6 jours après l’aîné des enfants de celte femme a une scarlatine grave dont il meurt ; il en

est de même du second » le nouveau-né est atteint aussi de cette maladie, mais il en guérit. <c J’ai vu, dit Braxton Jlicks, bien des cas où une femme accouchant dans un milieu manifestement contaminé par la scarlatine, a eu une fièvre simulant absolument la fièvre puerpérale, et même dans les cas où il y avait quelques-uns des symptômes habituels de la scarlatine, ces phénomènes morbides risquaient fort d’échapper à un observateur inaltentif tant ils étaient masqués par les autres symptômes. On me répondra : « J’ai vu des scarlatines et j’ai fait des accouchements en même temps, cependant aucune de mes nouvelles accouchées n’a contracté d’accidents fébriles. A cela je répondrai qu’il se peut parfaitement qu’il en soit ainsi, mais que cela ne prouve rien, car tout le monde n’est pas apte à contracter la scarlatine; ceux qui l’ont eue déjà une fois en sont exempts et c’est le cas de la plupart des nouvelles accouchées. »

Braxton Hicks essaya ensuite de réfuter l’argument de ceux qui lui avaient objecté que souvent il n’y avait point du tout de concordance entre les épidémies de scarlatine du dehors et le chiffre des cas de fièvre puerpérale dans la Maternité des villes ainsi infectées parla scarlatine.

11 dit que cela prouve simplement que les cas de scarlatine puerpérale n’ont point pu se propager et sontrestés en conséquence isolés. Du reste Braxton Ilicks fait aussi leur part à cl'aulres causes telles que l'érysipèle, la septicémie, etc., assignant ainsi à la fièvre puerpérale une origine très multiple. Pour lui l’étal puerpéral suffit à donner ci une fièvre spécifique le caractère malin, et cela est d'autant

plus manifeste que l'accouchement s'est fait plus à terme.

Le Dr Barnes se montra partisan des idées de Braxton Hichs. « On a dit qu’une scarlatine ne pouvait donner qu’une scarlatine, de même qu’un gland ne pourra que donner plus lard un arbre à glands ; cela est vrai dans une certaine limite, mais j’ai vu des femmes infectées de scarlatine ne présentant aucun des symptômes habituels de celte maladie, ni angine, ni adénites cervicales, ni rash, et cependant ces cas se sont termines par la mort. On ne réfléchit pas que les femmes en couches sont dans des conditions bien propres à modifier la maladie et 5 lui donner une issue fatale. Il y a involution utérine, évacuation du sang, qui est superflu ; la lactation s’établit avec un cortège de symptômes qui sont sur les confins de la fièvre, la moindre excitation ou la moindre matière nocive introduite dans la masse sanguine, sont capables de déterminer de la fermentation et de la fièvre. Et la nature du poison importe peu.

Je me rappelle qu’un observateur a noté qu’un cancer dans une maternité avait déterminé une épidémie de fièvre puerpérale. On dira un cancer ne peut engendrer qu’un cancer ; mais il peut déterminer de la fièvre chez une femme en couches. C’est pour cela que la scarlatine ne se manifeste pas de la même manière chez les femmes pendant et en dehors des couches, la lymphe vaccinale peut tuer quand le sujet est dans un certain état de santé; ainsi que l’a noté sir Benjamin Brodie, chez certaines personnes la moindre égralignure détermine des accidents sérieux, et toutes ces conditions prédisposantes à de graves troubles morbides se retrouvent à un

haut degré chez la femme enceinte : Aussi la maladie n’évolue-t-elle point comme d'habitude et éclate-t-elle dans les premières vingt-quatre heures, dans les deux premiers jours d.

Au contraire , le Dr Squire combattit les vues du Dr Braxton Ilicks. « On peut dire que les maladies contagieuses <i spécifiques n’ontjamaisproduit le moindre cas de fièvre <r puerpérale. Si on lit le troisième volume de nos tran- « sactions obstétricales, je vois que le président avance que te toutes les causes capables d’engendrer des maladies « zymotiques peuvent engendrer des fièvres puerpérales, î et dans le volume X le président affirme que la fièvre « puerpérale peut être causée par la scarlatine, la route geôle, la fièvre typhoïde.

« Cette opinion semble avoir été partagée par la plus grande partie de nos collègues à la dernière réunion de cette société ; quelques-uns sont allés jusqu’à considérer la septicémie comme une forme de fièvre scarlatineuse ou typhoïde. Toutes ces idées je les contredis, et non seulemenl je pense que la fièvre puerpérale ne peut être ni du typhus ni de la fièvre typhoïde, ni de la variole , ni de la rougeole, ni de ladyphtérie, ni même delà scarlatine, mais je soutiens encore que l'état produit par les suites de couches ne les modifie que très légèrement, de telle sorte qu'elles restent toujours reconnaissables ; qu'en conséquence il faut leur donner le nom qui leur appartient et non celui de fièvre puerpérale.

« Bien que l’accouchement antérieur et la fièvre puerpérale véritable qui peut venir compliquer des maladies soient des facteurs défavorables, les accidents morbides

sont loin d’être toujours aussi graves qu’on l’a dit... d’autre part j’ai soigné de la scarlatine une petite fille dont la mère venait juste d’accoucher en ce moment, et qui n’avait jamais eu auparavant cette pyrexie exanthématique ; néanmoins elle ne contracta nullement la scarlatine et se rétablit très promptement sans aucun accident fébrile. »

Le Dr Brunlon se déclara partisan de la spécificité de la fièvre puerpérale. La scarlatine puerpérale même grave peut du reste se terminer par guérison. Ainsi il a vu une femme en couches atteinte de scarlatine avoir des lochies aussi fétides qu’on pouvait le désirer, avec complications génitales, et qui avait en même temps une angine pultacée, une desquamation par larges lambeaux, et des complications rénales évidentes, guérir néanmoins.

Il rapporte d’autre part une communication écrite que lui avait faite le Dr Caskée. « Il y a quelques mois je fus appelé près de M. P... Je le trouvai couvert d’un érythème scarlatineux manifeste, et, dans la même chambre, sa femme accouchée depuis trois jours. Le travail avait été facile. Elle se rétablit promptement sans accidents fébriles ; au contraire, son mari mourut. î Le Dr Brunton déclare en outre que les idées de Richardson et de Barnes sur l’état spécial qu’engendrent les suites de couches sont exagérées, notamment la tendance fébrile immédiatement après l'accouchement dont il n'a pu voir qu'un exemple dans sa longue pratique.

Le D r Huntley ( Junior ) n'a jamais vu dans sa pratique la scarlatine puerpérale simuler aussi exactement la fièvre puerpérale que l'a soutenu le Dr Braxton Iiicks. Ainsi il a

vu les enfants d’une femme en couches contracter lascarlatine, la mère fut infectée de cette maladie, mais celle-ci ne présenta pas un iota de différence avec ses formes habituelles. Le DT Brown rapporta un cas assez contraire à la prédisposition des femmes en couches. Une femme était sur le point d’accoucher quand un de ses enfants contracta une scarlatine grave ; elle accoucha une semaine après et se rétablit admirablement bien sans avoir eu le moindre symptôme fébrile, elle n’avait jamais eu la scarlatine. Le Dr Brown a vu encore deux autres cas absolument semblables à celui-ci, et où cependant les femmes n’avaient jamais eu également la scarlatine.

Dans la séance du 7 juillet 1875 le Dr Cordes de Genève, correspondant étranger, envoya la communication suivante bien propre à altirer la curiosité sur l’action si diverse et si curieuse en môme temps, que la scarlatine peut exercer pendant l’état puerpéral. Vers la fin de 1865 les5 enfants de M. F... attrapent la scarlatine, ils sonL soignés par leur mère qui est au dernier mois de sa grossesse. L’accouchement s’approchant, elle va faire ses couches chez sa mère pour ne pas exposer l’enfant à naître à contracter la scarlaLine, elle met ou monde une belle petite fille qui peu d’heures après est atteinte d’un mal de gorge et d’un érythème scarlatineux typique, la mère n’a eu à souffrir d’aucun accident fébrile et s’est remise promptement. Le Dr Spencer Wells rapporta dans cette même séance un fait analogue que le Dr Jackson de NotLing II i 1 1 lui a rapporté dans une leLtre. En septembre 1864, le mari d’une femme au dernier mois de sa grossesse est atteint d’une scarlatine intense, il est soigné jour et nuit par celle-ci qui avait

eu quelques années auparavant la môme maladie. Quatorze jours après le début de la maladie elle tombe malade, et accouche prématurément d’un enfant bien constitué, qui est atteint d’un mal do gorge, avec rougeur intense du pharynx et bientôt par un érythème scarlatineux très intense. Le nouveau-né succomba le troisième jour, mais la mère se remit complètement au bout de très peu de temps; la desquamation fut très marquée.

Le Dr Playfair , lorsqu’il aborda la discussion, commença par reconnaître la force des arguments du Dr Savage. a II y a un argument sur lequel le Dr Savage a tout particulièrement insisté, c’est que les maladies contagieuses peuvent évoluer dans les suites de couches avec une marche favorable et leurs caractères habituels. Je reconnais parfaitement l’authenticité de ces faits, dont on possède de nombreuxexemples ; c’est là une des plus sérieuses objections à faire disparaître, ce qui se fera, je l’espère, avec le temps. Quant à moi je pense, et ce n’est qu’une hypothèse que les recherches cliniques ultérieures peuvent faire admettre ou rejeter, que dans les cas à formes septicémiques le poison a pénétré par les organes génitaux et dans les formes normales par ses voies habituelles. »

Le DT Till comballü énergiquement les vues émises par Braxlonfficks, car, dit-il, il comptepour fièvre scarlatineuse puerpérale tout cas ayant pu être infecté par la scarlatine où dans le nombre il y avait certainement beaucoup de fièvres puerpérales qui pouvaient être dues à de toutes autres causes. Il ne fût pas seul de son opinion. Immédiatement après la communication de M. Braxton Hicks, le

D1' Robertson de Glascoio, qui esta la tète de l’importante maternité de cette ville, a déclaré par écrit qu’il était l’adversaire des idées nouvelles, contre lesquelles ont parlé encore différents membres de cette assemblée lors de la dernière séance. Tilt croit que la scarlatine agirait surtout en rendant doublement dangereux les processus septiques qui seraient en train de se former dans l'organisme.

Matthews Duncan.

Les idées de Braxton Hicks furent surtout renversées parles recherches de Matthews Duncan qui ayant examiné les courbes de mortalité de la scarlatine et de la fièvre puerpérale, s’aperçut qu’elles ne coïncidaient pas.

Allemands de 1868 a 1879.

Nous avons dit plus haut que les idées de Helm sur la non identité de la scarlatine et de la scarlatine puerpérale ont régné pendant longtemps en Allemagne. Cependant à la longue il se produisit une sorte de réaction, grâce aux travaux des Anglais et des Français que nous venons d’analyser. On se demanda ce qui empêchait une femme en couches de contracter une véritable scarlatine tout comme une autre femme.

En 1868, Koch, dans sa dissertation inaugurale, rapporta trois cas de scarlatine puerpérale qu’il avait observés à la Maternité de Giessen. La scarlatine existait alors à l’état épidémique dans la ville et les environs.

Une des femmes fut prise étant enceinte, et accoucha le lendemain un peu avant terme. Toutes les trois guérirent sans avoir jamais eu aucune lésion du côté des organes génitaux, ou du péritoine. Koch note également la coloration framboisée de la langue, ainsi que l’apparition tardive et le peu d’intensité de l’angine.

En 1873, dans une autre dissertation inaugurale, Schneider rapporta S nouvelles observations de scarlatine puerpérale observées à la clinique de Marburg de 1867 à 1873. Des 5 malades, quatre n’avaient pas eu encore la scarlatine, la cinquième disait avoir eu la scarlatine dans son jeune âge, et précisément chez elle l’affection prit un caracLère de bénignité remarquable. Il n’y eut pas d’angines. Deux cas se terminèrent par la mort, dans l’un desquels on trouva à l’autopsie une néphrite.

Enfin, en 1876, Olshausen et Martin publièrent presqu’en même temps des articles importants sur la scarlatine puerpérale, l’un dans les Archives de Crédé, l’autre dans le Zeitschrift fur geburlshülfe und gynœcologie.

Olshausen ( Achives fur gynœcologie und obslelricœ de Crédé, 1876) (1).

Olshausen reconnaît d’abord qu’en Allemagne, on ne s’est pas montré favorable à l’identification de la scarlatine vraie, avec la scarlatine puerpérale. « C’est Helm <r qui en Allemagne s’est refusé à reconnaître dans ces

1. Traduit' de l’allemand et résumé pour nous par M. de Tornéry.

« accidents morbides une véritable scarlatine, et les au- <r teurs qui sont venus après lui ont montré la confusion <r possible des deux affections. Voici sur quelles raisons <t ils s’appuyèrent pour les différencier: 1° ces épidémies « se produisaient dans des maternités et sans coïncidence <r d’épidémie de scarlatine au dehors ; 2° la maladie eut « une malignité plus en rapport avec la fièvre puerpé- « raie; 3° elle se compliqua de péritonite et autres mani- <c festations analogues à celles que l’on voit dans la fièvre <r puerpérale; 4° l’angine fut légère ou manqua même « complètement; 5° début dans les premiers jours du <r post-parlum comme le fait la septicémie ; 6° dans la <r plupart des cas il a été impossible d’établir la conta- <r gion. »

Cependant Olshausen ne se laissa pas ébranler par la force de ces arguments. Il essaya de démontrer qu’aucun n’était valable, et qu’à eux tous réunis ils ne pouvaient rendre vraisemblable la similitude d’une septicémie puerpérale avec une scarlatine. Quant à la contagion voici ce qu’il dit : « Dans bien des cas on a pu remonter à l’origine <c du contage, et même on a vu quelquefois la nouvelle « accouchée contaminer des personnes de son entourage. t Comme preuves je citerai les faits de Hicks, mon « deuxièmecaspersonnel, ceux de Clemens, enfin les trois « derniers rapportés par Schneider. »

<r Dans d’autres cas où l’on n’a pu arriver à démontrer « la source de l’infection, il régnait au dehors des ma- « ternités une épidémie de scarlatine. De ce que Senn,

« Dance, Hervieux, Brown, Mac Clintock, Denham, n’aient « point signalé cette coïncidence, on ne peut tirer argu-

« ment contre la nature scarlatineuse de l’affection. Car <r dans les grandes villes il y a toujours à l’état sporadi- « que, des cas de scarlatine, et un seul individu suffit <c pour infecter toute une maternité. On ne peut donc à « ce point de vue combattre mes quatrième eL cinquième <c observations, tout praticien ayant rencontré des scarla- <r Unes bien authentiques, où la source de la contagion « n’a jamais pu être découverte. Qu’on se rappelle enfin « la ténacité du poison scarlatineux, qui peut être transit porté par une personne saine, des animaux, des objets « inanimés, par le lait, etc., etc. Quand les symptômes i sont ceux de la scarlatine véritable, pas plus dans les « suites de couches qu’en dehors, même quand on n’a pu « établir l’origine, on n’a le droit de nier la maladie. » Quant à la différence entre les symptômes voici comment Olsbausen la réfute : <t Dans presque tous les cas, « la symptomatologie et l’anatomie pathologique ne périt mirent pas de reconnaître l’existence de complications « génitales, soit chez le vivant, soit à l’ouverture du « cadavre. Senn et Dance disent positivement que <r presque toujours l’utérus et le péritoine sont restés -r sains. Dans le cinquième cas de Schneider on trouva « la muqueuse utérine gangrenée, mais le reste de la <r matrice et la séreuse abdominale n’étaient point mala- « des. Dans mon quatrième cas on ne trouva absolument « rien du côté des organes génitaux. J’ai montré dans <r l’historique que Malfatti n’avait pas été plus heureux. <c Ce n’est que dans quelques cas que l’on a signalé « quelques symptômes morbides du côté des organes « génitaux, principalement de la sensibilité du côté de

<c l’utérus qu’on trouve mentionnée dans trois des cas de î Hervieux, dans trois des cas de Hicks, dans un de mes c cas et dans un de ceux de Senn.

« Dans celui de Winkel on constata l’existence d’une « paramétrite. Il y eut de la péritonite dans un cas de a Guéniot le premier jour après l’accouchement, dans deux a des cas de Mac Clinlock le dix et le onzième jour. Dans a deux autres observations de cet auleur on trouva de la a métrophlébile.

a Dans un cas cité dans la dissertation inaugurale de a Lange il y eut des frissons répétés eL de la paraméa trite. La malade succomba ou bout de six semaines, a Schneider et Hervieux ont signalé des ulcérations aux a parties génitales. Guéniot a retrouvé dans un de ses cas a de la lymphangite utérine. C’est tout ce que j’ai pu rea trouver dans les 141 cas de scarlaline puerpérale que a j’ai relevés j>. La sensibilité du ventre ne prouve rien, car Olshausen remarque comme Senn, Trousseau, Braxton Hicks, etc., que pendant la grossesse la femme est généralement à l’abri de la scarlatine, car on ne connaît qu’un nombre très faible d’observations survenues chez des sujets gravides (1).

Elle survient d’ordinaire pendant les premiers jours des couches et les chiffres suivants empruntés à une statistique de 141 cas (dont 3 de Koch, 5 de Schneider, 2 de Clemens, 2 de Simpson, 2 de Hardy, 34 de Mac Clintock 9 de Browns, 2 de Johnston et Sinclair, de Winkel, 25 de Ilalahan, 18 de Hicks, de Lange, 8 de Denham, 7 de

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