Journal médical de Glascow
<r II faut être prévenu que l’ingestion de certains médi- <r caments, leur application à la surface de la peau, peuci vent déterminer des éruptions spéciales et facilement <t reconnaissables : la belladone, l’arsenic, le mercure, le « copahu, donnent lieu à des exanthèmes rarement géné- <r ralisés à toute la surface du corps, ils ont souvent un <r siège spécial, de plus ils surviennent brusquement et <t disparaissent de même quand l’agent provocateur est <r supprimé; enfin il est rare qu’ils s’accompagnent de <r phénomènes fébriles.
« La rougeole se reconnaîtra à la forme qu’affecte l’é— <c ruption, à son mode d'apparition, à son coloris bien « différent de celui de la scarlatine, enfin les symptômes <r généraux ne sont pas les mêmes : ici c’est du larmoie- <r ment, de l’enchifrènement et du catarrhe bronchique, <r qui précèdent ou accompagnent l’éruption (Obs.XXII). <r II faut dire que l’éruption scarlatineuse peut prendre <r un cachet morbilleux sous l’influence de l’état puer- « péral, c’est du moins ce que nous apprend M. Lucas- « Championnière ; dans ce cas le diagnostic doit être im- <r possible à établir.
<r La miliaire sudorale peut être prise pour une scarla- <t tine au débuL, principalement dans le cours d'une épi— « démie ; nous avons eu l’occasion de vérifier celte diffi- <t culté dernièrement à l’hôpital Lariboisière : une femme <t de la crèche, descendue de la salle Sainte-Anne, peu <r après son accouchement, avait une fièvre prononcée, de « l’anorexie et de la céphalalgie. Une lymphangite super- « ficielle du sein consécutive à une excoriation pouvait <r expliquer cet état fébrile, mais en la découvrant, nous
« remarquâmes sur le ventre une éruption limitée aux <r hypocondres, rouge, avec quelques vésicules de miliaire, <r elle formait un rectangle très manifeste; sur le dos de <r chaque pied on remarquait une éruption analogue remond tant jusqu’aux mollets; il n’y avait pas d’autre mani- <r festation cutanée, pas d’angine. Comme elle se trouvait d dans le milieu épidémique de la scarlatine, on pouvait a penser au développement de cet exanthème ; la suite d démontra que ce n’étail qu’une éruption sudorale, et d que la large bande abdominale devait même être attri— a buée au contact prolongé d’un cataplasme.
d Devons-nous mentionner ici la rubéole ou rotheln des d Allemands, mélange confus de rougeole et de scarlad tine; ce n’est, si l’on s’en tient à leurs narrations, d qu’une éruption morbilleuse ou scarlatineuse anormale, d plus ou moins modifiée, où l’une ou l’autre des deux d fièvres éruptives est plus manifeste suivant les épidé— c mies courantes ; d’après le professeur Stœber, il se d développe très fréquemment, durant la maladie ou d pendant la convalescence, une anasarque ou des parotid dites qui peuvent devenir très graves, ceci indiquerait d que la scarlatine dominerait le plus souvent la scène ; d le Dr Bez conclut en disant d que les Rotheln, tels que d nous les ont légués les médecins allemands de la fin du d siècle dernier, sont un véritable capharnaüm patholod gique, dans lequel tous les observateurs embarassés d sont venus entasser pêle-mêle, qui des scarlatines, qui « des rougeoles, qui des fièvres éruptives composées, et d probablement bien d’autres affeclions encore. Les faits d d’exanthème hybride avec phénomènes généraux mor-
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<t billo-scarlalineux, nommés à tort rubéole, doivent ren- « trer parmi les exemples de fièvres éruptives conlempo- « raines, la dénomination de Rotheln n’étant conservée « que pour désigner l’exanthcme fébrile tout à fait bénin « qui correspond à notre roséole épidémique. »
On pourrait se méprendre encore au début d’une invasion d’ érythème noueux ou papuleux, s’annonçant avec grand fracas, fièvre élevée, anorexie, angine, rougeurs diffuses, etc. Legendre termine sa thèse par les conclusions suivantes :
1° La scarlatine est fréquemment irrégulière dans son évolution, le diagnostic est des plus difficiles dans ces cas frustes, et ne repose que sur la réunion de certains symptômes immédiats ou éloignés ;
2° Les femmes en couches sont plus prédisposées à contracter la scarlatine que les autres fièvres éruptives, dans cet état la scarlatine est le plus souvent anormale ;
3° La scarlatinoïde puerpérale et les exanthèmes dits scarlaLiniformes, ne sont très probablement que des scarlatines méconnues, irrégulières dans leurs allures ;
4° Les éruptions scarlatineuses mêmes anormales, ne doivent pas être confondues avec les éruptions sepLicémiques, celles-ci relèvent d’un état général grave, ordinairement fatal et sont les analogues des éruptions de la septicémie chirurgicale et de l’infection purulente;
5° En présence de tout exanthème analogue à celui de la scarlatine, survenant chez une nouvelle accouchée, il sera sage de soumettre rigoureusement la malade aux précautions hygiéniques que réclame la scarlatine.
Raymond (Thèse d'agrégation , 1880).
En 1880, Raymond s’est rangé, comme Colson et Lesage, parmi les partisans de l’origine scarlatineuse. Il fait remarquer que, contrairement à la variole el à la rougeole, la scarlatine est fréquente dans les suites de couches : Cette scarlatine est différente de la fièvre éruptive qui se développe en dehors de l’état puerpéral et pourtant personne, ajoute-t-il, n’a jamais songé à mettre en doute un instant l’identité absolue de la scarlatine puerpérale et non puerpérale. Il croit probable qu’il faille faire entrer la scarlatinoïde dans la scarlatine « quelle que soit la porte d’entrée du poison scarlatineux, il produit toujours les mêmes accidents chez l’individu qu’il infecte : l’exanthème cutané est le résulLal de l’infection et ne le précède pas toujours. Il se présenLe avec les mêmes caractères que dans les circonstances habituelles. »
Maygrier ( Thèse d'agrégation, 1883).
D’autre part, Maygrier s’exprime ainsi sur la scarlatine puerpérale dans sa thèse d’agrégation, p. 79. a Ce sont « surtout les épidémies de scarlatine observées chez les a femmes en couches qui ont déterminé les plus vifs dé- « bats, dans la discussion qui eut lieu à la Société obsté- « tricale de Londres en 1875.
« Un certain nombre d’orateurs, Braxlon Hicks et
« Barnes, en particulier, émirent l’opinion que la scar- « laline puerpérale est identique à la fièvre puerpérale. « Mais nous devons dire que presque tous les auteurs qui « se sont occupés de cette question sont d’un avis con- « traire, et admettent que la scarlatine n’a aucun rapport <i avec l’infection puerpérale, qu’elle peut survenir acci- « dentellement et épidémiquement chez les nouvelles ac- « couchées, qui y semblent particulièrement prédisposées, « et qu’elle évolue chez elles, avec une allure un peu parer ticulière, en raison même du terrain sur lequel elle se « développe. C’est là l’opinion soutenue en particulier par <r Olshausen et par M. Raymond.
« Mais en dehors de la scarlatine vraie, il peut surve- « nir chez les femmes en couches des éruptions scarlaa Uniformes, et depuis le jour où M. Guéniot les a étu- <r diées dans sa thèse sous le nom de scarlatinoïde puer- « pérale, en les différenciant de la scarlatine, les opinions <r émises à leur sujet ont été très contradictoires. Les uns <r veulent y voir une forme fruste de la scarlatine vraie, a mais bénigne : c’est là ce qu’admet Lesage en se <r basant sur des faits observés à Cochin, c’est aussi à « cette interprétation que se rallie M. Raymond.
« Les autres les considèrent, ainsi que M. Guéniot, « comme une affection distincte de la scarlatine et les « regardent comme étant d’origine septicémique.
« Dans une thèse récente M. Legendre arrive aux con- « clusions suivantes : la scarlatinoïde puerpérale et les « exanthèmes dits scarlatiniformes ne sont très proba- « blement que des scarlatines méconnues, irrégulières <i dans leur allure.
« Nous ne pouvons qu’indiquer l’état actuel de la « question tout en faisant remarquer qu’elle ne pour- « rait être réellement résolue que si l’on arrivait à con- « naître exactement la nature du poison scarlatineux. » Plus loin cet auteur donne des renseignements intéressants sur les éruptions scarlatiniformes bien franchement septicémiques. <r Elles apparaissent sous forme de « points rouges, très rapprochés les uns les autres, sié- « géant habituellement sur la poitrine, le ventre et la « face interne des cuisses. Elles ont pour caractère paroi ticulier d’être extrêmement fugaces et de ne s’accom- « pagner d’aucune desquamation. Dans d’autres cas on o : observe des plaques d’érythème, des pseudo-érysipèles. « Ces plaques érythémateuses sont habituellement peu « nombreuses, quelquefois il n’y en a qu’une. Elles ont un <r diamètre variable, une forme irrégulière, une colora- « lion rosée ou rouge ; la pression peut y déterminer de <r la douleur. M. Hervieux les considère comme l'indice « d’un état grave. L’une des éruptions les plus fréquem- « ment observées dans les épidémies est la miliaire <r blanche ou rouge. Elle se montre sur la poitrine, le « ventre, les cuisses, le dos, les lombes. Elle paraît liée, c ainsi que les sudamina, aux sueurs profuses qu’ont souc vent les femmes atteintes de septicémie puerpérale, »
SlREDEY.
Après avoir insisté sur la rareté de la rougeole et sur la fréquence un peu plus grande de la scarlatine, voici
comment Siredey s’exprime sur cette dernière maladie quand elle survient chez les femmes en couches.
<t Beaucoup plus fréquente est la scarlatine vraie, fran- « che, nettement dégagée des éruptions scarlatinoïdes. « Les auteurs anglais ont surtout contribué à faire con- <r naître cette complication en publiant les épidémies « auxquelles elle a donné lieu, à diverses reprises, dans « les maternités. En France Trousseau a beaucoup insisté « sur la scarlatine des femmes en couches dont il a sen- « siblement exagéré le pronostic.
« Depuis, la thèse de Lesage inspirée par Polaillon, et « celle de Legendre faite sous notre inspiration ont ap- « porté de nouveaux faits à l’appui delà démonstration de a la scarlatine véritable survenue après l’accouchcment.
« Nous croyons avoir contribué à étendre le domaine « de la scarlatine dans l’état puerpéral en donnant à « M. Legendre, alors notre interne , d’importantes obser- « vations de la scarlatine fruste recueillies en ville et « dans notre service d’hôpital, et qui trouvaient un « appui incontestable sur des faits précis de contagion. <t Nous ne prétendons pas rattacher à la scarlatine toutes « les éruptions de la puerpéralité ; mais nous pensons <r volontiers qu’un grand nombre de ces éruptions appar- « tiennent réellement à des scarlatines méconnues. Mal- <r heureusement on a fait un abus singulier du nom de « scarlatine en l’appliquant à des éruptions qui n’avaient <c de la scarlatine que la coloration et l’aspect extérieur, <r mais nous ne faisons pas ici allusion à ces faits discu- <r tables, et nous ne parlons que de la scarlatine vraie, <r telle qu’elle est décrite par tous les auteurs classiques.
<r Nous n’avons pas l’intention de rappeler les divers <t symptômes de cette maladie. Dans certains cas elle est <r absolument régulière et elle évolue comme elle le ferait <r chez un sujet quelconque.
« Dans d’autres cas elle est un peu plus vague ; ses « symptômes sont plus accentués, mais si l’on suit at- « tentivement la marche de la maladie, on parvient tou- <i jours à rencontrer des phénomènes caractéristiques à « un moment de son évolution. Si elle survient chez des <r femmes qui ne présentent aucune complication puer- <r pérale, elle est assez facile à reconnaître et il suffit <i d’un examen minutieux pour éloigner les causes d’er- « reur. AjouLons que, si même les suites de couches pré- « sentent des complications, les symptômes de la scar- « latine restent distincts de ceux de l’infection puerpéi raie, et bien que tronquée, mutilée, comme dit Legendre, « la maladie est une et identique à elle-même.
« Si beaucoup d'auteurs ont méconnu la scarlatine vraie, <r c'est parce qu'ils ont oublié les formes fmstes qu’elle « revêt si souvent dans les conditions ordinaires. N’est-il « pas fréquent, en effet, de voir chez les enfants la scar- <i latine se résumer à une simple angine érylhémateuse « ou à une éruption extrêmement fugace, qui passe sou- <r vent inaperçue, et que l’on distingue rétrospectivement « ou moment de la desquamation. Dans d’autres cas l’an- <r gine est moins accentuée; elle fait à peu près défaut et <i l’on n’a de la maladie que les manifestations cutanées « et les phénomènes fébriles. Une des observations que « nous avons communiquées à Legendre est particulière- « ment concluante... Or, nous avons rencontré à plusieurs
a reprises des faits analogues. Maintes fois des accouchées <r ayant présenté des éruptions scarlatiniformes vagues, a quittaient le service guéries sans qu’il eût été possible « d’établir nettement le diagnostic, et on voyait subitea ment se développer dans le voisinage de leur lit de a petites épidémies de scarlatine.
a Mais si nous croyons à la fréquence de la scarlatine a chez les femmes en couche, nous ne considérons nullea ment cette maladie comme une manifestation du poison a puerpéral, quelqu’idée qu’on veuille s’en faire. 11 semble a que l’état puerpéral mette les femmes dans des condia tions particulières de réceptivité. Les nombreuses épi a démies de scarlatine qui ont sévi sur les femmes noua vellement accouchées mettent ce point hors de doute, « car l’influence épidémique n’est pas à beaucoup près a aussi efficace sur les personnes tout à fait saines, ou a atteintes d’autres maladies. Il s’agit donc simplement a d’une prédisposition, mais la maladie a toujours une a origine extérieure : elle n’est jamais le fait des coma plications puerpérales. Très souvent d’ailleurs nous a l’avons observée chez les femmes qui n’ont présenté a aucune autre complication des suites de couches.
a Rappelons à ce sujet que James Paget a également a signalé la fréquence relative de la scarlatine chez les a blessés en dehors de la septicémie, et qu’il attribue son a apparition au traumatisme dont l’influence activerait a l’absorption des germes conLagieux. Ces observations a nous semblent présenter certains rapports avec ce qui a se passe pour les femmes en couches. Que faut-il pena ser maintenant de l’opinion opposée qui a été émise en
<r Angleterre ? Certains auteurs, Barker et Braxton Ilicks « en particulier, ont été jusqu'à considérer les accidents <r de septicémie puerpérale comme pouvant être Fex- « pression de maladies générales infectieuses, telles que « la scarlatine, la diphtérie, la fièvre typhoïde survenues « chez les femmes en couches. Cette opinion ne nous <t parait pas acceptable, et dans les faits que nous avons <r pu observer, la scarlatine ne nous a pas semblé avoir i des rapports intimes avec l’infection puerpérale. Indé- « pendante de la septicémie dans son origine, elle n’exerce <r sur sa production aucune influence directe.
<r Nous ne saurions méconnaître que la scarlatine qui î survient chez les femmes en couches est grave, mais « nous croyons que sa gravité est souvent exagérée. Il faut <r évidemment tenir compte de l’affaiblissement dans lequel « se trouvent les malades, du peu de résistance qu’elles « offrent à l’influence morbide, de l'impulsion qu’imprime ff à toute maladie de cette période, l’activité plus grande « des actes physiologiques chez les femmes accouchées, « et enfin de la prédisposition incontestable que la gros- <r sesse a créée du côté des complications rénales. Mal- « gré toutes ces circonstances défavorables, la scarlatine « des femmes en couches se termine souvent par la gué- « rison, et si elle donne lieu à des accidents graves, Œ nous attribuons plus volontiers ces accidents à la scar- <r latine elle-même qu’à des manifestations puerpérales « provoquées par elle ».
Enfin voici les passages des deux articles de dictionnaire dont nous avons parlé plus haut.
Article de Picot ( Dictionnaire Jaccoud) (1).
Après avoir mentionné la prédisposition spéciale que l’état puerpéral paraît créer pour la scarlatine, M. Ch. Picot nous donne dans le Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques une description détaillée de cette affection :
« Celte scarlatine, dit-il, qui se montre le plus souvent « dans la première semaine qui suit l’accouchement, a évolue quelquefois comme la scarlatine normale, mais « souvent aussi elle est anormale.
<r Quelquefois c’est une scarlatine fruste qui ne se raa- « nifeste que par une angine, mais est suivie de des- « quamation et d’albuminurie; d’autres fois, les anomalies <r quelle présente se rapprochent de celles qu’on observe <s dans la scarlatine maligne. L’éruption sort mal; elle est « formée de petites taches rouges, morbilliformes, qui ne « se rejoignent qu’au bout d’un certain temps pour for- « mer les plaques caractéristiques de la scarlatine ; l’exan- <r thème prend une teinte foncée qui devient violacée dans « les cas les plus graves, le pointillé est parfois ecchy- « motique, la miliaire est très confluente, l’angine est « souvent peu marquée. Les symptômes généraux sont <t très intenses; la fièvre est vive dès le début, elle s’ac- <t compagne souvent de troubles nerveux graves : délire,
« convulsions, contractures ; on observe fréquemment
1. Article Scarlatine de C. Picot dans le Nouveau Dict. de Mèd. et de Chir. pratiques.
« aussi des troubles gastro-intestinaux, des vomisse- < ments et surtout de la diarrhée, qui est un des symp- <■ lômes le plus souvent signalés dans la scarlatine des « femmes en couches. Cette diarrhée est parfois si abon- « dante que dans quelques cas elle a entraîné la more. « Lorsque la maladie se termine favorablement, elle est a suivie de desquamation, et on peut observer la néphrite « et l’anasarque scarlatineuses.
a A côté de cette forme généralement grave, et sur le a diagnostic de laquelle il ne peut y avoir de doute, il en « est une autre beaucoup plus bénigne et dont la nalure <r est encore discutée; nous voulons parler de l’éruption « décrite par Guéniot sous le nom de scarlatinoïde puer- « pérale. Cet auteur considère cette éruption comme disa lincte de la scarlatine, mais comme vient de l’établir a H. Legendre dans un travail récent, les caractères qui a distinguent la scarlatinoïde de Guéniot de la scarlatine a qu’il a observée chez les femmes en couches sont si a faibles, que sans nier l'existence des éruptions scarlatia niformes à la suite de l'accouchement , il est probable a qu'un grand nombre de ces prétendues scarlatinoïdes a sont des scarlatines vraies à symptômes très atténués. « En effet, dans les cas observés par Legendre chez les a femmes en couches, cas dans lesquels la nature scar- « latineusexle l’affection ne laissait pas de douLe, on trou- <r vait une angine généralement légère ou même quel- « quefois pas d’angine, rarement de l’engorgement gan- « glionnaire, une éruption, tantôt généralisée à tout le « corps, tantôt épargnant le visage, un enduit blanchâtre « et une rougeur de la langue, qui desquamait dans la
« moitié des cas. Le pronostic était bénin, la guérison « constante, l’albuminurie ne survenait que dans la moi- « tié des cas. Ces caractères sont presque identiques à « ceux attribués par Guéniot à la scarlatinoïde ; aussi 4 sans vouloir considérer le débat comme terminé, nous 4 estimons qu’on ne doit admettre que très exceplionnel- « lemenl l'existence des fausses scarlatines chez les femmes « en couches el traiter toutes celles qui présentent une 4 éruption scarlatiniforme, qui n’est pas manifestement 4 liée à la septicémie puerpérale comme atteintes de scar- 4 latine vraie, car on les a souvent vues transmettre par 4 contagion cette maladie à leur entourage. »
Article de Sanné (dictionnaire Dechambre) (1).
« Cette théorie (2) s’étaye sur quelques cas qui ont « présenté des lésions de l’appareil génital. Mais la fré- <r quence et l’importance de ces phénomènes ont été sin- « gulièrement exagérées. On peut établir, en effet, que dans 4 l'immense majorité des cas les organes de la parturi- 4 tion restent intacts, ainsi que le prouvent les autop- 4 sies et qu’on observe pendant la vie que les phéno- 4 mènes physiologiques de l’état puerpéral, phénomènes 4 qui peuvent être exaltés par l’invasion de la scarla- 4 tine, comme par celle de toute autre maladie grave.
4 Dans d’autres cas on constate pendant la vie des 4 symptômes de péritonite, qui ont presque toujours une 4 terminaison funeste, mais en examinant de près les 4 circonstances dans lesquelles elles se sont produites, on