‹ La rougeole et la scarlatine dans la grossesse et les suites de couchesChapitre 39 sur 42 · Thèse de M. Durand · texte numérisé non relu

Thèse de M. Durand

fonde. Rien au cœur, mais on trouve dans l’urine des flo ts d’albumine (soit par la chaleur, soit par l’acide nitrique, soit par les deux moyens combinés).

L’affection remonte à un an, et date, d’après les affirmations de la malade et de son entourage (nous avons particulièrement interrogé sa mère à ce sujet), de ses suites de couches. Le troisième jour qui suivit son accouchement, elle eut du malaise, un peu de fièvre, et une angine violente qui l’empêchait, dit-elle, d’avaler et la faisait beaucoup souffrir. Le surlendemain, rougeur répandue sur tout le corps, et le médecin appelé fit le diagnostic de scarlatine. La maladie évolua vers la guérison. Le mal de gorge était accompagné, paraît-il, de tuméfaction ganglionnaire au cou. La desquamation fut très marquée et se fit aux doigts par grands lambeaux.

La malade ne recouvrit pas ses forces. La convalescence fut pénible et traîna en longueur. Ayant remarqué qu'elle enflait, on fit l’analyse de ses urines et on constata la présence d’albumine dans l’urine. Depuis, l’affection rénale n’a fait que s’aggraver, malgré le régime suivi.

Celte malade succomba 15 jours après son arrivée, malgré les diurétiques, et l’administration d’eau-de-vie allemande. A son autopsie on trouva les lésions caractéristiques du gros rein blanc, c’est-à-dire de la néphrite parenchymateuse.

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est qu’au moment de ses couches une petite épidémie de scarlatine régnait dans la maison où habitait cette malade. La maladie frappa notamment l’enfant d’une voisine qui habitait sur le même pallier et venait souvent voir notre patiente.

Observation I (de Senn).

Thèse de Paris, 1825.

L... D..., journalière, âgée de 22ans, d’une forte constitution,

et d’un tempérament sanguin, réglée depuis lage de 17 ans, 10 à lb jours par mois, habituellement bien portante, entre à la maison d’accouchements le 1er mars 182b et y accoucha peu après son entrée d’un enfant mâle, né viable et à terme. La délivrance n’offrit rien de particulier, et pendant la nuit suivante celte femme reposa bien et n’accusa aucune douleur. Les lochies s’établirent et tout faisait présumer des couches heureuses, lorsque le deuxième jour, une fièvre intense se manifesta ; il s’y joignit de la céphalalgie, des nausées, des vomissements bilieux et une diarrhée abondante. Peu après la peau présenta des plaques rouges, confluentes, d’une couleur framboisée. La nuit il y eut du délire et de l’agitation. Le troisième jour, transportée à l’infirmerie, voici les symptômes qu’elle nous offrit :face gonflée, vultueuse, conjonctives injectées, peau brûlante, tuméfiée, d’un rouge foncé dans toute son étendue. Cette rougeur disparaît par une pression prolongée pour reparaître dès qu’on la cesse. Pouls 138, 140, développé. Respiration fréquente paraissant un peu gênée. Lèvres et gencives d’un rouge assez vif, langue gonflée, recouverte d’un enduit blanchâtre vers son centre, d’un rouge foncé à ses bords, saveur amère, soif des plus vives, abdomen simple et non douloureux, pesanteur épigastrique. Exacerbation le soir, la nuit agitation, diarrhée abondante, jaunâtre, liquide. Le 4, mêmes symptômes, la sensibilité épigastrique, le sentiment de pesanteur et de resserrement dans la région médiastine, ont augmenté, ainsi que la céphalalgie. Les lochies coulent encore, mais rien n’indique que la sécrétion laiteuse se fasse, diète absolue, quarante sangsues à l’épigastre. Les morsures des'sangsues fournirent une assez bonne quantité de sang sans amener cependant un amendement bien marqué. Le soir, je la trouvai avec une soif inextinguible, peau brûlante, d’un rouge foncé, langue sèche, comme rôtie. Dans la nuit, ces symptômes augmentèrent, la respiration s’embarrassa et la malade

succomba à S heures du matin le cinquième jour de ses couches et le quatrième jour de la maladie, sans que l’éruption eût le moins du monde pâli.

A l’autopsie, corps vigoureux, musculature développée, forte injection de veines encéphaliques, séreuses humides et transparentes, léger œdème cérébral, plèvres et poumons parfaitement sains, muqueuse des voies aériennes fortement injecLée d’un rouge foncé, cœur un peu volumineux ; cavités droites distendues par des caillots fibrineux se prolongeant jusqu’aux sousclavières, péritoine parfaitement sain, humide, nullement injecté; pharynx et œsophage sains, estomaepeu développé, muqueuse d'un gris brunâtre, avec pointillés d’un rouge vif, cependant la muqueuse n’est pas ramollie. Intestins grêles contenant des matières bilieuses; appareil urinaire et génital dans l’état normal.

Observation II (de Senn).

G. I..., 30 ans, forte et bien constituée, d’un tempérament sanguin, habituellement bien portante, entre à la maison d’accouchements le 16 février 1825 et y accouche naturellement le 2 mars.

Les deux premiers jours, les lochies s’établirent, la malade ne souffrit point, mais dans la nuit du deuxième au troisième, une fièvre intense se déclara et une éruption scarlatineuse d’un rouge intense se manifesta sur presque toute la surface du corps. Dès cc moment les lochies se supprimèrent.

Le 4 mars, troisième jour des couches, elle fut transportée à l’infirmerie, où je la vis pour la première fois. L’éruption était très intense et générale, la peau brûlante, le pouls fréquent et développé, la face tuméfiée et très rouge, les conjonctives injectées, la langue gonflée, recouverte d’un enduit blanchâtre à son centre et très rouge sur ses bords ; soif très vive, pas de douleur,

mais la malade est très effrayée d’avoir la scarlatine. La nuit, agitation diarrhée. Le 5, augmentation des symptômes, bouffissure de la face, injection vive des conjonctives, peau brûlante. P. 140; douleur abdominale à la pression : à l’auscultation la respiration s’entend bien des deux côtés, 50 sangsues sur l’abdomen, cataplasmes émollients ; cette saignée locale ne procure pas de soulagements sensibles: la diarrhée continue. Dans la nuit, insomnie, agitation, nausées, vomissements bilieux.

Le 6, quatrième jour, l’éruption est toujours générale et intense, la face a une teinte jaunâtre toute particulière ; la langue nettoyée vers son centre, est rouge dans toute son étendue et fort sèche, ainsi que les lèvres. Les gencives sont recouvertes d’une pellicule blanchâtre ; céphalalgie, angine, oppression ; elle avale difficilement et l’abdomen est sensible à la pression. Dans l’après-midi, anxiété très grande; délire triste. La malade s’imagine devoir être conduite à l’échafaud. On ne peut écarter ces idées sombres ; elles reviennent sans cesse. Elle se plaint de douleurs générales, et ne peut étancher sa soif. La langue est toujours rouge et fort sèche. Le soir, on applique 40 sangsues derrière les apophyses morbides. Le 7, huitième jour, extrémités froides, altération des traits, cornées, troubles, nausées, vomissements, hoquets, éruption persiste sur le tronc, pouls presqu’insensible, précipité. Mort à 8 heures du soir, le cinquième jour des couches, le quatrième de la maladie, œdème cérébral léger ; de la sérosité limpide existe dans chaque venti'icule. Muqueuse pulmonaire fortement injectée dans toute son étendue; plèvres et poumons sains : péricarde sain, caillots sanguins dans' le cœur remontant jusqu’aux veines sous-clavières, péritoine parfaitement sain, muqueuse pharyngée congestionnée. Estomac et intestins normaux, foie gorgé de sang, rate de volume ordinaire, appareil urinaire et génital dans l’état normal.

Observation III (de Senn).

Cl)..., âgée de 25 ans, journalière, robuste, d'un tempérament sanguin, réglée depuis l’âge de 17 ans, entre à la maison d’accouchement le 7 mars 1825, parfaitement bien portante jusqu’au 18 où elle accouche à terme d’un enfant viable.

Le 20 mars, c’est-à-dire le surlendemain, l’état général, bon jusqu’ici, se gâte : dysphagie, soif vive, oppression. Le troisième jour sécrétion lactée, s’établit normalement. Le 22, quatrième jour, l’éruption scarlatineuse se manifesta sur le corps, la peau devint brûlante et d’un rouge frambroisé, sur lequel on sent des petites élevures : elle entre à l’infirmerie : la nuit, agitation, délire, diarrhée bilieuse. Le 23, cinquièmejour, mêmes symptômes, la langue se nettoie et se sèche; l’agitation et le délire augmentent (25 sangsues à l’épigastre, tisane de mauve, diète absolue). Le soir, l’agitation ayant encore augmenté, sangsues derrière les apophyses mastoïdes, la nuit on est obligé d’avoir recours à la camisole ; diarrhée continue.

Le 24. — Même état ; la malade cherche toujours à se lever, disant qu’elle n’a rien ; d’ailleurs même état.

Le 25, septième jour, les lèvres, les dents, la langue sont recouvertes de croûtes noirâtres; l’éruption est toujours très marquée : peau sèche et brûlante, soif ardente, quelques nausées, diarrhée persiste. Le 26, respiration s’embarrasse, cornées ternes, éruption persiste toujours, le soir prostration de plus en plus marquée. Mort à 11 heures le cinquième jour de la maladie.

A l’autopsie. — Vaisseaux de l’encéphale gorgés de sang, œdème sous-arachnoïdien, cerveau injecté, quelques gouttes de sérosité dans les ventricules, plèvres saines, muqueuse respiratoire fortement injectée, rougeur très vive sur le larynx, poumons crépitants partout, cœur normal, péritoine humide, parfaitement sain, cæcum Lrès injecté, annexes saines ainsi que les autres viscères abdominaux.

Observation IV (de Senn).

Chat..., j ournalière, 26 ans, forte constitution, tempérament sanguin, primipare, fut reçue à la Maternité le 10 janvier 1825: accouchement à terme le 23 mars, travail facile: enfant viable. Dès le premier jour la fièvre se manifesta, et elle eut plusieurs selles en diarrhée.

Le 24, deuxième jour. — Eruption générale de scarlatine, peau brûlante, rougeur violacée des téguments de la face et des avantbras, injection des conjonctives, langue fort rouge, hébêtement, réponses lentes; on transporte la malade à l’infirmerie. Dans la nuit, agitation, délire, la malade veut se lever, courir dans la salle, vomissements bilieux abondants, diarrhée de même nature, presque continuelle.

Le 23, troisième jour. — Même état, la malade ne reconnaît pas les personnes qui l’entourent.

Le 26. — Les vomissements bilieux et la diarrhée persistent ; l’éruption commence à pâlir, pouls petit, fréquent, concentré, l'abdomen ne paraît pas douloureux, ou du moins la malade ne se plaint pas quand on presse dessus. Le soir, l’éruption est presque totalement disparue, respiration s’embarasse, mort à 10 heures du soir le quatrième jour des couches et le cinquième de la maladie.

A l’autopsie, vaisseaux encéphaliques, très engorgés, œdème sous-arachnoïdien très marqué, cerveau injecté mais sain, plèvres parfaitement saines, muqueuse aérienne injectée, cœur normal, péritoine parfaitement sain, pharynx et œsophage sains, autres viscères parfaitement sains.

Observation V (de Senn).

M... I..., âgée de 19 ans, ouvrière, d’une bonne constitution. Tempérament sanguin, reçue à la maison d'accouchements le

15 février 1825, primipare habituellement bien portante ; accouche normalement et à terme le 31 mars, après un travail de 4 heures la délivrance fut naturelle, et ne présenta rien de particulier.

lor avril, deuxième jour des couches. — Malaise, puis éruption scarlatineuse généralisée se manifeste, peau déjà brûlante et sèche, pouls fréquent et développé, langue gonflée et humide ; abdomen insensible à la pression, selles diarrhéiques : le soir exacerbation, céphalalgie, soif ardente, diarrhée bilieuse abondante. La nuit, insomnie.

Le 2, troisième jour. — Mêmes symptômes : les téguments, d’un rouge frambroisé, présentent çà et là des sudamina, la nuit insomnie et agitation. Le 3, même état, propension au sommeil, accablement, boissons émollientes.

Le 3. — Exacerbation, épistaxis abondante, qui soulage.

Le 4. — La malade se plaint de la tête et de la gorge, éruption toujours intense, sudamina plus nombreux, lochies très peu abondantes.

A 3 heures, amélioration sous l’influence des sangsues aux apophyses mastoïdes, l’épistaxis est renouvelée, peau toujours brûlante, langue sèche, blanchie au centre, rouge sur les bords, soif ardente, douleurs dans la gorge, le soir crachements de sang, qui obligent de recourir à la saignée, on retire quatre palettes de sang riche, ce qui soulage beaucoup les malades. La nuit agitation, la diarhée persiste. Le 5, sixième jour des couches, le crachement de sang se renouvelle ; peau toujours brûlante, pouls 130, saignéeau bras de 250 grammes, qui soulage beaucoup. — Le faciès s’améliore, peau moins chaude, la diarrhée n’a pas reparu.

Le soir, exacerbation vers la région lombo-sacrée, qu’on panse au cérat.

Le 7. — La desquamation s’effectue, mais les membres sont

encore gonflés et douloureux, les fomentations soulagent beaucoup la malade.

Le 8 et 9. — L’épiderme se détache par larges lambeaux : fréquence du pouls et chaleur beaucoup moindres, les jours suivants, la desquamation s’effectue sans aucun accident, le gonflement des mains, des avant-bras, disparaît.

Le 22 avril, vingt-troisième jour des couches, M... quitte l’hôpital dans un état très satisfaisant.

Observation VI (de Senn).

Bn..., âgée de 24 ans, découpeuse, d’une excellente constitution, est reçue à la maison d’accouchement, le 27 avril 1825. Réglée depuis l’âge de 17 ans, avec périodicité de 3 à 4 jours chaque mois, celte femme n’avait point souffert jusqu’alors, et ne s’était pas même fait soigner, lorsqu’elle accoucha naturellement d’un enfant bien portant et à terme. Le 29, deux jours après son entrée, la délivrance fut naturelle, et aucun accident ne se manifesta les premiers jours. Le troisième, la sécrétion laiteuse se fit, mais pendant la nuit, la fièvre augmenta beaucoup, la malade fut très agitée, eut même du délire et plusieurs selles bilieuses. On reconnut le malin uneéruption scarlatineuse, générale et intense-

Le 2 mai, quatrième jour des couches, transportée à l’infirmerie, elle nous offrit les symptômes suivants, face très colorée, gonflée, peau brûlante; éruption d’un rouge intense sur presque toute la surface du corps, avec élevure sensible à l’œil, et mieux encore à la main, vers la parlie supérieure et interne des cuisses, on observe des piquetures d’un rouge vif, qui paraissent être le résultat de petites infiltrations sanguines dans le corps réticulaire, pouls 130 à 135, régulier et développé, respiration un peu gênée, langue gonflée, blanche à son centre, rouge et humide à ses bords: bouche pâteuse, saveur amère, soif intense, nulle douleur abdominale, diarrhée bilieuse abondante, peu de lochies ! Sai-

gnée qui diminue la chaleur, mais nullement l’éruption : sang riche et couenneux. Le soir, exacerbation. La nuit, insomnie, agitation, délire, ladiarrhée persiste.

Le 3, cinquième jour, l’éruption a encore augmenté, le pouls de 120 à 130 est vibrant, la langue s’est nettoyée etest devenued’un rouge de sang; la soif est tellement vive, que la malade voudrait boire sans cesse, l’agitation persiste pendant la journée, le soir elle augmente. Dans la nuit le délire survient ; on est obligé de la retenir dans son lit ; à plusieurs reprises elle cherche à se lever et à courir dans la salle.

Le 4, les symptômes ne diminuent point, la langue étant de plus en plus rouge et fort sèche, et le pouls conservant de la fréquence et de la force, on pratique une seconde soignée, et peu après on place la malade dans un bain émollient. Elle y demeure une demi-heure et s’y trouve bien. Amendement, agitation moindre, délire diminué, cette amélioration persiste jusqu’au soir, où il survient une exacerbation notable : T. 40°. Boissons émollientes, agitation, délire moindre que la veille.

Le S, septième jour, lèvres sèches, desquamation commençante sur la face conjonctive, palpébrales sèches, peau toujours brûlante, un peu de trouble dans les idées, soif inextinguible, langue sèche, comme rôtie. Le soir, délire, agitation, lotions fraîches sur la face.

Le 6. — La desquamation s’étend sur le tronc et les membres, sécheresse extrême des muqueuses nasales, palpébrales et labiales, conjonctives injectées, trouble dans les idées, de temps en temps nausées : diarrhée reparaît ; pouls toujours fréquent, peu développé, respiration parfaitement libre. Eschare sacrée.

Le 7. — Neuvième jour, abattement: la malade répond difficilement, desquamation générale, peau sèche. Pouls 90, presque naturel, langue sèche.

Le 8. — Soif diminue, amélioration des symptômes.

Le 9. — L’eschare se détache, on pense la plaie au cérat. Dès ce moment, guérison. Elle sort le 12 dans un état général satisfaisant.

Observation VII (de Senn).

Félicité L..., âgée de 16 ans, ouvrière en drap, d’un tempérament éminemment sanguin et d’une forte constitution, fut reçue à la maison d’accouchements vers la fin de décembre 1824. Elle était enceinte pour la première fois, et au terme de cinq mois environ. Réglée dès l’âge de neuf ans, cette jeune fille, à son entrée dans la maison avait toute l’apparence vigoureuse d’une femme de 20 à 22 ans ; elle nous dit n’avoir jamais été malade ; elle n’a été que légèrement indisposée pendant les derniers jours de sa grossesse. Cependant on fut obligé de la saigner cinq fois d'une façon copieuse pour faire cesser quelques incommodités, suites de son état pléthorique.

Cependant elle se plaignit vivement de sa gorge les huit jours qui précédèrent son accouchement, ce qui me fit craindre une scarlatine, mais aucune éruption ne parut. Accouchement le 11 mai 1825 d’un enfant fort et bien portant. Les deux jours suivants elle ne se plaignait de rien, le troisième la sécrétion lactée se fit, mais fièvre, céphalalgie, soif ardente, évacuations alvines, le lendemain face très colorée, peau brûlante, gonflée, offrant une teinte uniforme d’un rouge foncéévidemment scarlatineuse, pouls plein, développé. Lèvres et gencives fort rouges, langue gonflée, blanchâtre à son centre, mais rouge sur les bords, saveur amère, soif vive, abdomen non douloureux, simple. La diarrhée paraît, les lochies von-l bien ; la malade se plaint surtout de la douleur de tête, de l’extrême chaleur, et d’un peu de gêne de la respiration. Saignée de 300 grammes qui soulage quelques instants, sang riche et sans couenne. Le soir, seconde saignée. Celle-ci soulage beaucoup. La malade peut reposer ; lu diarrhée cesse. Le

15, la peau est toujours d’un rouge intense, la langue se nettoie et paraît d’un rouge vif ; nulle douleur, pas de diarrhée. Le 16, sixième jour il se manifeste un peu de douleur vers le pharynx, gonflement et rougeur des piliers du voile du palais ; déglutition pénible; d’ailleurs mômes symptômes, trente sangsues au cou, boissons émollientes, diète absolue, après l’écoulement de sang la douleur cesse. Le 17 et le 18, l'éruption marche bien, aucun accident ne se manifeste, la soif diminue, et ce dernier jour on permet quelques pruneaux et deux cuillerées de fécule.

Le 19 l’amélioration continuant, on accorde une soupe maigre aux herbes ; mais en ayant pris une trop grandequantité épaisse et mal cuite, vomissements abondants, céphalalgie et beaucoup d’agitation.

Le 20, dixième jour, à la visite face colorée, peau très chaude, pouls 130, régulier, vif. Respiration accélérée, toux sans expectoration, téguments gonflés, membres difficiles à mouvoir, céphalalgie persiste, mais les vomissements paraissent calmés.

20 sangsues aux apophyses mastoïdes, boissons émollientes, diète absolue, fomentations émollientes sur les avant-bras. Mais les morsures de sangsues fournirent peu de sang. A 6 heures, la malade se plaignait beaucoup de la tête, pupilles très contractées, peau brûlante et sèche, soif vive, lotions fraîches sur la face et le cou.

L’éruption persiste sur toute la surface du corps, le soir la céphalalgie ayant reparu, 30 sangsues derrière l’oreille, dans la nuit vomissements bilieux, diarrhée abondante; lochies se suppriment.

Le 21, onzième jour, à la visite, ces accidents ont cessé, la peau est moins brûlante, le pouls toujours fréquent, les mains plus libres, la pression cause peu de douleurs.

Le soir, céphalalgie vive, agitation, oppression, peau brûlante, pouls 130, assez développé. Large saignée de 300 grammes, qui

soulage de suite, quelques lotions fraîches sur la face ; bonne nuit.

Les jours suivants, la desquamation a commencé; elle a été générale et complète : les bains savonneux l’ont facilitée et elle quitte la maison bien portante le 13 juin.

Observation I de Guéniot (thèse de Paris 1862).

« Scarlatinoïde puerpérale (fièvre miliaire). Début le troisième jour après l'accouchement ; éruption dite scarlatiniforme le quatrième. Angine légère le sixième; délire le septième; éruption miliaire le huitième; état demi-comateux le dixième ; éruption de petites bulles transparentes et aplaties (hydroa) le onzième jour ; mort le treizième jour de couches, le dixième de la maladie. Autopsie. Lymphangite utérine, ostéophytes crâniens, etc. »

Le 23 mars 1861, Amélie B..., 22 ans, institutrice, est entrée à la Maternité au terme de sa première grossesse. Cette jeune fille d’un tempérament nerveux et d’une complexion délicate, a toujours vécu dans des conditions hygiéniques satisfaisantes. Réglée pour la première fois à 17 ans avec grande difficulté, la’menstruation est ensuite devenue régulière, avançant de quelques jours à chaque époque, dont la durée habituelle est de 4 jours ; l’écoulement sanguin est pâle et peu abondant. Bonne santé habituelle ; cicatrices vaccinales au bras : rougeole à 11 ans et varicelle à 13 ans ; jamais d’atteinte de scarlatine. Ni de maladies nerveuses ; pas de maladie de famille ; mère atteinte d’une affection chronique du foie.

La grossesse fut bien supportée sans autre accident que des lassitudes pendant les six dernières semaines. L’accouchement eut lieu après 8 heures de travail le 23 mai ; il fut naturel et exempt de toute complication. L’enfant naquit en bon état et pesait 3 kilogr. Les deux jours qui suivirent se passèrent sans accident.

Mais le 2Gmai, à deux heures du malin (65 heures après l’accouchement) Amélie B... fut prise d’un frisson intense avec claquement de dents, frisson qui débuta par les pieds, puis se généralisa, et fut suivi après une durée de 5 minutes, d’une chaleur douce non accompagnée de sueurs. Ce même jour, pouls à 120°, céphalalgie frontale, épistaxis légère à deux reprises différentes ; les seins sont tuméfiés et la sécrétion laiteuse établie ; le ventre est complètement indolore. La malade est transportée dans le service de M. Delpech.

Le 27. — Fièvre moins vive, et apparition sur la face externe et postérieure des cuisses, ainsi qu’à la région dorsale du tronc, d’une rougeur légère, ponctuée, s’effaçant sous la pression du doigt, pour reparaître ensuite promptement. Il existe un peu de céphalalgie et un très léger embarras des voies digestives, mais on n’observe ni sueurs, ni mal de gorge, ni démangeaisons à la peau; l’écoulement des lochies se fait normalement. Tisane de gomme sucrée, deux pots; ipéca, 1 gr. 50 ; sulfate de quinine, 1 gr.

Le 28. — Le sulfate de quinine a déterminé des bourdonnements d’oreille, et le sommeil a été, comme d’habitude, peu continu ; la fièvre est modérée, le pouls sans tension ni ampleur, à 109 ; la malade se trouve mieux ; l’éruption de la veille est plus marquée, plus rouge, et conserve la même apparence de pointillé; elle s’est étendue à la face antérieure de la poitrine, aux aisselles, à la face antérieure des épaules et à toute la périphérie des cuisses ; autour des aréoles du mamelon elle est diffuse et uniforme, et à la base des mamelles elle présente un aspect veine, les membres supérieurs et les jambes offrent une teinte rosée très légère et uniforme, qui semble être aussi éruptive ; le visage, le cou, le ventre, les mains et les pieds conservent au contraire leur coloration normale; il n’existe d’ailleurs ni coryza, ni larmoiement, ni angine, ni ganglions engorgés; la respiration est normale, la langue un peu blanchâtre, la soif vive, le ventre légèrement dou-

loureux au niveau de la matrice, mais souple et non ballonné; il est survenu un peu de diarrhée; les lochies sont séro-sanguinolentes et coulent en quantité ordinaire ; deux eschares de plusieurs centimètres d’étendue intéressent la muqueuse vulvo-vaginale. Le lait étant peu abondant, l’enfant est confié à une nourrice de l’établissement. Même traitement, moins l’ipéca, plus injections avec décoction de quinquina (3 litres) et cataplasmes sur l’abdomen.

Le 29. — Un peu de surdité quinique, bon sommeil pendant la nuit, physionomie calme, bon état général, 100 pulsations, bruit de souffle carotidien très fort et intermittent, chaleur normale ou à peine exagérée de la peau, qui offre une douce moiteur ; l’éruption s’est encore accentuée davantage; principalement sur l’avant-bras gauche ; elle est d’un rouge tendre, partout ponctuée, excepté au pourtour des aréoles des mamelons. Elle est constituée par de petits points rouges très rapprochés les uns des autres, de manière à former une rougeur presque continue, excepté sur les limites de l’éruption, où le pointillé est très discret ; elle n’est accompagnée ni de tuméfaction, ni de vésicules ou pustules, ni de points saillants quelconques ; la gorge est un peu douloureuse, et la muqueuse offre une rougeur ponctuée légère, ainsi que celle de la luette et du voile du palais ; il n’existe pas d’engorgement ganglionnaire ; langue blanchâtre, recouverte d’un léger enduit; pas de pellicules blanches sur les gencives ; soif vive, anorexie, quelques gargouillements intestinaux, plus de diarrhée ; ventre toujours sensible au niveau de l’utérus qui est bien rétracté et à quatre travers de doigt au-dessous de l’ombilic; lochies normales, auxquelles les eschares vulyaires donnent un peu de fétidité; miction douloureuse, pas d’albumine dans l’urine. Même traitement.

Le 30. — Etat moins satisfaisant que la veille, sommeil nul pendant la nuit, visage un peu congestionné ; la malade est fati-

guée, el se plaint de ne pouvoir dormir sans être aussilôl réveillée par des rêves pénibles, dans lesquels elle voit des animaux et des ombres chinoises ; le pouls esté 104, la peau assez bonne, mais l’éruption plus prononcée encore et d’un rouge sombre. Cependant le ventre, quoique recouvert de cataplasmes depuis plusieurs jours, n’offre qu’une teinte rosée légère qui ne paraît pas être éruptive ; le mal de gorge a presque disparu, et la rougeur gutturale est moins prononcée ; la langue est recouverte d’un enduit plus épais, l’hypogaslre plus douloureux, et la diarrhée s’est manifestée de nouveau ; il existe un peu de toux, sans aucune lésion pulmonaire appréciable. — Riz, sirop de coing 2 pots; un quart de lavement avec amidon, el 10 gouttes de laudanum.

Visite du soir. Fièvre vive à 120 pulsations ; peau sèche et brûlante, visage congestionné, éruption de plus en plus vive, d’une rougeur intense, principalement sur les cuisses el sur les reins ; elle a envahi le cou el les pieds ; le visage et les mains sont seuls complètement épargnés. Partout où elle existe l’éruption conserve son aspect primitif do pointillé ; ce caractère est d’une netteté parfaite sur la poitrine et les parties latérales du tronc, aux hypocondres particulièrement. La gorge est un peu plus rouge que la veille ; les pupilles sont égales et légèrement dilatées, et l’esprit toujours troublé par des visions importunes d’animaux et d’objets bizarres. II existe aussi des bourdonnements d’oreille. Six garde-robes diarrhéiques. Julep musc. 0,25 el exlr. théb. 0,05 ; un quart de lavement bouillon.

Le 31. — La malade a été prise pendant la nuit d’un délire qui persiste encore ; elle éprouve dans les membres inférieurs des picotements douloureux, et se figure que quelque personne, cachée sous son lit, lui larde le corps de piqûres d’aiguille ; on la voit faire des bonds à chaque prétendue piqûre qu’elle reçoit ; elle cherche à quitter son lit et veut se réfugier dans celui d’une

malade voisine, pour éviter les attaques de cet ennemi qui lui vide le corps par en bas, lui soutirant par le rectum ses excréments et son urine. Elle a été aussi agitée pendant la nuit, s’est levée et souvent découverte.

Cependant elle reconnaît très bien les personnes du service et parle d’ailleurs raisonnablement. Son visage est pâle et inquiet, le pouls a 124; la peau d’une chaleur peu exagérée. La rougeur cutanée est moins vive, et de très petites pustules miliaires, discrètes, et renfermant un liquide blanc se sont manifestées sur la poitrine, en avant et en arrière; les pupilles égales sont très dilatées, bien que la malade ne fasse usage d’aucune préparation belladonée.

La sécrétion laiteuse est très peu abondante; les lochies sont purulentes et l’hypogastre toujours sensible à la pression. Riz. Sir. de coings. Julep musc 0,30. Sinapismes sur les jambes 2 bouillons. Camisole de force pour éviter que la malade ne se découvre.

A la visite du soir mieux général; 108 pulsations; peau bonne ; haleine exhalant une odeur de musc prononcée. L’éruption scarlatiniforme est maintenant moins intense et représentée par de petites taches rouges, sur lesquelles reposent les pusluletles miliaires ; ces dernières quoique encore discrètes, ainsi que la rougeur de leur base, se sont toutefois développées en très grand nombre, et renferment un pus blanc ou blanc jaunâtre. Le visage n’est plus congestionné, les pupilles sont normales, et l’esprit est presque délivré des visions importunes : la langue est recouverte d’un enduit gris-blanchâtre, sans rougeur notable de la pointe ni des bords. La diarrhée s’est tarie.

1er juin. — Agitation de paroles incessantes pendant la nuit; la malade voit des animaux, des monstres, des enfants coupés en morceaux, etc. Le visage est un peu égaré, les pupilles très dilatées, le pouls à 110, la peau normale, la rougeur éruptive moins

vive encore qu’hier, les pustules miliaires comme la veille, la face, le ventre et les mains, complètement exempts d’éruption; la langue commence à se dessécher ; une ou deux garde-robes; ventre souple et à peine sensible. Musc, 0,30 centigrammes; sinapismes ; le reste ut supra. Le soir délire complet et agitation de la malade dans sa camisole ; pupilles très dilatées, visage couvert de sueurs, contracté, exprimant parfois la crainte ou la terreur ; peau chaude et en transpiration ; éruption comme le matin, 132 pulsations ; battements énergiques du cœur contre la paroi thoracique ; quelques vomissements déterminés par la potion musquée, pas de garde-robe. L’urine examinée chaque jour ne renferme pas d’albumine. Julep gomm. Extr. lliéb. 0,10; lavement purgatif. Sinapismes.

Le 2. — Rémission très prononcée, repos pendant la nuit ; plus de délire ; pupilles revenues à un diamètre de 2 demi-millimètres ; diamètre sensiblement normal, eu égard à la quantité de lumière (hier ce diamètre était de S à 6 millim. dans les mômes conditions). Visage un peu congestionné et couvert de sueurs, ainsi que toute la partie supérieure du corps, 1 20 pulsations.

La rougeur diffuse des seins a disparu, et partout à l’exception des jambes et des pieds où elle existe encore, très légère ; on ne remarque que la rougeur de plus en plus distincte et circonscrite, que forment les auréoles inflammatoires des pustules miliaires. Les dernières du volume d’une tête de fine épingle sont surtout abondantes et caractérisées d’une manière parfaite, sur la poitrine, les hypocondres et les flancs. Plus de douleur abdominale. Ventre un peu développé et à parois fermes, plus d’angine, légère pellicule blanche à la gencive droite, même julep. lheb. sinapismes sur les membres inférieurs.

Le soir la journée a été assez bonne, mais la malade est actuellement dans un état de somnolence, et ne répond plus aux questions qu’on lui adresse. La peau est moins humide que

le malin, le ventre plus souple, et la matrice plus explorable. Elle remonte à quatre travers de doigt au-dessus du pubis, visage naturel, les pupilles sont un peu plus dilatées, 116 pulsations. Urine d’aspect normal, sans albumine.

Le 3. — Etat semi-comateux persistant, respiration plus fréquente (38 respirations) sans lésion pulmonaire apparente, 116 pulsalions, peau chaude et en transpiration, éruption miliaire comme la veille, pas de dévoiement, pas d’albumine dans l’urine, cercle inflammatoire autour des eschares vulvaires. Musc 0,25, lavement purgatif, vésicatoire au mollet, sinapismes.

Le 4. — La malade a élé agitée la nuit, le malin mêmes symptômes, même étal demi comateux que la veille. Pustules miliaires : il s’est produit une nouvelle poussée de miliaire aux hypocondres et sur la poitrine. Le soir mutisme absolu, le visage congestionné exprime à certains moments de la douleur et offre quelques contractions musculaires spasmodiques : narines sèches et pulvérulentes ; respiration plus accélérée encore, sans toux et sans expectorations (98 par minute), pouls comme la veille ; éruption de miliaire semblable aux précédentes. Pas d’albumine dans l’urine.

Le même mutisme absolu que la veille, visage amaigri, yeux caves, pouls très fréquent (140), difficile à compter vu sa petitesse, sa dépressibililé et son caractère comme convulsif. R. 50 avec de gros râles muqueux à l’auscultation dans les deux poumons: pas de matité aux bases, ni de souffle bronchique. Même état des pustules miliaires, les grosses vésicules s’affaissent et tendent à disparaître. La muqueuse vulvaire présente la rougeur vive d’une inflammation érythémateuse.

Le soir, commencement de l’agonie, contraction spasmodique des muscles de la face; respiration précipitée, pustules miliaires dans le même état que les jours précédents, l’urine est pour la première fois légèrement albumineuse. Mort à 7 heures du soir.

Autopsie. — 1° A l’ouverture du cadavre on constate l’existence de fausses membranes, qui réunissent entre eux le bord inférieur du grand épiploon et les divers organes pelviens. C’est ainsi que les trompes et les ovaires sont adhérents aux organes voisins, et que l’utérus adhère lui-même, et surtout à la vessie, qui est refoulée en avant et aplatie derrière le pubis. Ces adhérences sont d’ailleurs assez faibles pour être facilement rompues, l’inflammation qui les a produites paraît être éteinte, car il n’existe ni liquide péritonéal ni rougeur marquée de la séreuse. Le reste du périLoine est sain. 2° La matrice, un peu plus volumineuse que le poing, offre des parois très molles et relativement très minces, surtout en arrière et à son fond où elles n’ont pas plus de 6 millimètres d’épaisseur. Tissu enflammé en ces derniers points. Il est humide, facile à déchirer, et d’une teinte rouge vineuse légère. Sinus oblitérés par des caillots sanguins. Toute la surface interne de l’utérus est recouverte d’une couche semi-liquide et sanguinolente, sans fétidité extraordinaire. Cavité du col remplie par un liquide filant, teinté de sang, albumineux ; 3° A la surface externe de la matrice et principalement à ses angles supérieurs, petites saillies molles, d’un blanc jaunâtre, qui à l’incision laissent échapper du pus, lymphangite utérine marquée. Les ailerons des trompes el des ovaires renferment également des lymphatiques remplis de pus, ganglions lombaires et canal thoracique normaux.

Les poumons offrent une congestion hypostatique, de moyenne intensité ; leur tissu est d'ailleurs sain, ainsi que les plèvres, muqueuse bronchique d’un rouge brun, très injectée. Cœur, péricarde et gros vaisseaux, sans lésions, couche osseuse de nouvelle formation sous la dure-mère.

Observation II (De Guéniot).

•Hortense L..., 30 ans, mariée, accouche à l’hôpital Saint-

Louis de son troisième enfant, le 5 juin 1871. Vigoureuse habituellement, bien portante, elle n’a éprouvé pendant sa grossesse aucun accident fâcheux.

Travail de 20 heures, qui se termine sans aucune intervention obstétricale, les cinq premiers jours se passent normalement, ja mère allaite son enfant. Mais le 11 juin, c’est-à-dire le sixième jour, frissons, élévation de la température, qui se change la nuit en un malaise fébrile, accompagné d’épistaxis, d’un peu de prurit et d’une légère hypéresthésie de quelques parties de la peau.

12 juin. — Le bras et l’avant-bras sont couverts d’une éruption de petites taches rouges, formant un pointillé qui rappelle celui de la scarlatine, très serré et réuni en une rougeur continue au niveau du coude. Le soir, sur cet exanthème, se voient une masse considérable de petites saillies, les unes vésiculeuses, les autres déjà pustuleuses, du volume d’une pointe à celui d’une tête de fine épingle. La même éruption, moins confluente toutefois, se remarque sur l’abdomen, la face interne et antérieure des cuisses, le pli du jarret. Quelques groupes de taches analogues, mais très discrètes, existent sur les seins et sur le cou, il y en a un également à la racine du nez, partout les vésicules ou pustules reposent sur un fond rouge, pointillé. La malade se plaint d’un très léger mal de gorge, qu’elle ne perçoit que pendant la déglutition, il existe dans la bouche une éruption de miliaire très confluenle, analogue à celle de la peau ; amÿgdales parfaitement saines, pouls plein, lent, 64 pulsations. Ventre souple, pas de nausées. Une diarrhée, légère qui existait depuis l’accouchement, s’est supprimée hier, pas de douleurs, pas de tuméfaction des ganglions dans les régions envahies par l’éruption. Le soir, l’état général est le même, l’éruption de l’avantbras gauche ne forme plus qu’une plaque rouge foncée, saillante, tuméfiée, rappelant l’érysipèle, et sur laquelle la totalité

des vésicules est passée à l’étal de petites pustules. P. 64. État général très bon, la poitrine auscultée avec soin ne fournit aucun signe pathologique. Le 13, même état général. P. 68, la diarrhée n’a pas reparu, nuit tranquille, pas de transpiration, l’avant-bras est toujours tuméfié et rouge foncé. Le 11, état général très bon. P. 60, éruption a pâli sur tous les points, sauf à l’avant-bras gauche, qui offre toujours de la tuméfaction, mais les vésico-pustules ont disparu. Le 15, l’amélioration continue, la desquamation se fait clans tous les points où l’éruption a commencé, les lochies ont reparu avec leur abondance normale. Le 16, même étal. La desquamation se généralise, pas d’albumine dans l’urine. Jusqu’à présent, il n’y a eu ni sudamina, ni sueurs notables. Le 17, la malade donne de nouveau le sein à son enfant, la convalescence se confirme, et le 21, la malade sort de l’hôpital sans que le plus léger accident soit venu jusqu’à ce moment compromettre la guérison. La desquamation s’était terminée d’une façon complète le 18.

Observation III (de Guéniot).

Le 20 octobre 1889, on transporta du service de M. Joyavay (hôpital de Lourcine) dans les salles de médecine une femme atteinte de plaques muqueuses vulvaires, qui était accouchée 7 jours auparavant, et de laquelle il s’était déclaré le quatrième jour, une miliaire extrêmement confluente. A son entrée dans le service de médecine, le ventre, les bras, la face interne et supérieure des cuisses étaient recouvertes de vésico-pustules miliaires, développées sur un fond érythémateux foncé. M. Lal lier, chef de service, déclara que c’était une miliaire et s’en tint à une expectation complète, la desquamation s'effectue par larges plaques épidermiques: elle était complètement achevée 10 jours après son entrée dans le service, où elle resta longtemps pour sa syphilis, sans qu’il lui survint aucun accident grave.

Observation IV (de Guéniot).

X. C..., 21 ans, primipare, ouvrière agricole, entre à la Maternité, le S décembre 1860, étant sur la fin de sa grossesse. D’une constitution forte et d’un tempérament sanguin, celte fille jouit habituellement d’une très bonne santé, cependant son visage fortement coloré, fait soupçonner une lésion valvulaire qui révèle en effet l’auscultation du cœur. Il existe un souffle rude au premier temps et à la pointe. Réglée régulièrement depuis l’âge de 17 ans. Travail normal. Elle accouche d’un enfant bien portant et à terme. Le lendemain, 31 décembre, état très satisfaisant, même situation jusqu’au 4. On remarque sur le tronc, et particulièrement sur la poitrine, une éruption légère constituée par une rougeur faible, diffuse, mêlée de quelques marbrures violacées. La pression du doigt efface momentanément cette rougeur, qui plus marquée le soir, est à peine constatable pendant la journée. Pas de changement dans la température elle pouls. G... ne se croit nullement malade. Soir, mêmes symptômes, même régime.

6. — II existe de la diarrhée, l’éruption qui semblait comme indécise, est maintenant très accusée ; elle existe sur la poitrine et sur le haut des cuisses, sous la forme d’un piquelé fin et rouge, d’un aspect scarlatineux ; sous le ventre elle présente au contraire une rougeur diffuse, uniforme et assez intense, comme on l’observe dans la scarlatine. Abscence complète d’angine et de fièvre, on la transporte à l’infirmerie.

Le 7 au matin quelques douleurs abdominales, le soir, P. 87.

Le 8. — P. 60, l’éruption a beaucoup pâli, quelques pustules d’une petitesse extrême, comme des grains de sable très fins sur le haut des jambes, diarrhée.

Le 9. — 72 pulsations, quelques pustules au genou, l’éruption est de moins en moins prononcée, diarrhée, le soir une

visite désagréable agite la malade, quelques pulsations, diarrhée augmentée, 8 garde-robes. Le 10, éruption éteinte. Le 11, diarrhée moindre. Les jours suivants jusqu’au 14 à un degré modéré (4 à 5 garde-robes par jour). Les pustules des membres inférieurs disparaissent. Le 16, sort de l’hôpital en très bon état, l’enfant fut allaité, partie par sa mère, partie au biberon.

Observation V (de Guéniot).

B..., primipare, âgée de 26 ans, domestique, entre à la Maternité le 30 avril 1861, et accouche le 3 mai à midi sans accidents, d’un enfant faible et à terme, le travail dure 14 heures, la délivrance fut naturelle. Celte fille d’un tempérament sanguin, d’une bonne santé habituelle, à menstruation régulière et peu abondante, fut prise le jour même de son accouchement à 7 heures du soir, d’un frisson, avec claquement de dents, qui dura 3 quarts d’heure et fut suivi de chaleur et de sueurs.

Depuis cet accident, la matrice était le siège d’une douleur continue, s’exaspérant à la pression, et n’étant pas par conséquent le fait de simples tranchées: on transporte la malade dans le service de M. Delpech, salle Sainte-Marthe, lit n° 6. Le lendemain, 3 mai, P. 140, de moyenne force, peau chaude, sans sécheresse, ventre développé et douloureux dans la région sousombilicale, particulièrement sur les côtés de l’utérus, dont le fond remontait jusqu’à l’ombilic. Langue saburrale, pas de diarrhée, le soir 103 pulsations, face un peu pâle, 28 respirations par minute, mêmes symptômes abdominaux, eschare sur les lèvres grande comme une pièce de 2 fr. ; 8 sangsues, pansement au quinquina.

Le 4 mai. — Bon sommeil pendant la nuit. 112 pulsations, ventre toujours développé. Le soir, douleur abdominale moindre, éruption d’herpès sur les lèvres.

Le 5. — Le ventre un peu ballonné, n’est plus douloureux que

dans la fosse iliaque droite, nouvelle éruption d’herpès sur la lèvre supérieure.

Le 6. — Frisson avec claquement de dents d’une demi-heure de durée.

Le 7. — Nouveau frisson, vomissements bilieux, ventre bal-> lonné, douloureux, mais modérément.

Le 8. — P. 108, quelques vomissements, ventre tendu, très

ballonné encore, légèrement douloureux à la pression; seins flétris, éruption de petites taches rouges sans relief assez rappro-

chées pour former une rougeur presque continue et ponctuée, qui est manifestée sur toute la surface antérieure de la poitrine et s’étend jusqu’à la ceinture, quelle ne dépasse pas inférieurement. II existe en même temps un mal de gorge, avec rougeur et légère tuméfaction de la muqueuse, axonge belladonnée sur l’abdomen, cataplasmes.

Le soir, P20 pulsations, malade calme, lesdouleurs abdominales ont presque complètement disparu : l’éruption est plus pâle’

plus discrète, toujours d’apparence ponctuée et s’accompagnant

de quelques vésicules miliaires très petites, lochies très fétides. J

Le 9. — La malade exhale une odeur spéciale, fadasse, très désagréable, comme chez les femmes atteintes de péritonite puerpérale, céphalalgie intense, angine et éruption comme la veille, plus de vomissement, julep, thébaïque, sulfate de quinine, 1 gr.

S0, gargarisme émollient.

Le 10. — 116 pulsations, retour des vomissements bilieux, abondants, abdomen peu douloureux, éruption ponctuée, rouge sur la face interne des cuisses; angine et éruption thoracique persistante.,

Le 11. — 92 pulsations, vomissements verts, abdomen moins développé, moins tendu , faciès hippocratique.

13. — Physionomie meilleure, plus calme, le ventre s’affaisse;

il existe encore quelques vomissements qui perdent leur caractère bilieux, eschares sacrées, lochies fétides.

Le 15. — La malade se plaint de nouveau de la gorge, dont la muqueuse des piliers du voile du palais et de la luette est d’un rouge vif, l’éruption cutanée s’éteint, plus de vomissements.

Le 16. — Gorge moins rouge, sans tuméfaction de la muqueuse.

Le 17 et le 18. — Rémission.

Le 19. — Frisson avec claquement de dents et sueur.

Le 21. — Faiblesse et amaigrissement progressif, ventre simple et revenu à des proportions normales.

Du 22 au 24. — Frissons, vomissements, diarrhée, épuisement de la malade.

Le 25. — 140 pulsations, 2 frissons.

Le 26. — Mort, l’enfant né faible, n’a pas voulu téter eL a succombé le lendemain de sa naissance.

L’autopsie n’a pas été faite.

Observation I (D’Hervieux).

Accouchement naturel et à terme. Invasion de la scarlatine le premier

jour de l’accouchement. Eruption le deuxième, ayant pour siège

principal le tronc de la muqueuse bucco-pharyngienne. Pas d’accidents graves. Desquamation furluracée le cinquième jour. Guérison.

Ménager, 28 ans, cuisinière, originaire du département de la Sarthe ; à Paris depuis deux ans. Accouchée pour la première fois, le 18 octobre 1859, d’une fille vivante, au terme de 7 mois et demi. Pas d’accidents consécutifs.

Redevenue enceinte le 4 mars 1861, époque de sa dernière menstruation, cette femme est atteinte, au troisième mois de sa grossesse, d’une mélrorrhagie qui dure quatre semaines. Plus tard, à la suite d’une grande frayeur, survient un ictère dont elle est malade pendant 3 semaines.

Entrée à la Maternité le 20 novembre 1861, avec un commencement de travail, elle accouche le môme jour à huit heures du soir d’un garçon vivant et à terme, du poids de 3.100 grammes. Délivrance naturelle.

Le soir, pouls à 96, puis pendant la nuit quelques douleurs abdominales, des sueurs, une soif vive, sans frissons ni sentiment de froid.

21 novembre. — On constate sur toute la surface du tronc, une rougeur vive, uniforme, frambroisée, qui offre son maximum d’intensité au ventre, aux aines et à la partie supérieure des cuisses. Il n’y a pas de douleur en avalant, et cependant, la gorge, l’isthme du gosier, le voile du palais, la langue et toute la muqueuse buccale, sont d’un rouge très prononcé. Chaleur vive à la peau. Pouls à 104. Ni toux, ni expecloralion.

22 novembre. — Peau brûlante, pouls à 112. Langue saburrale, rouge à la pointe et sur ses bords. Rougeur briquetée des régions palatine, gutturale et pharyngienne; soif vive, pas d’appétit ; ventre souple etindolent; lochies abondantes. L’éruption scarlatineuse s’est affirmée au tronc, en même temps qu’elle a envahi par le haut du cou, les creux axillaires et les membres supérieurs, par en bas, la totalité des cuisses. La malade ne se plaint pas du mal dégorgé. Aucune trace de congestion dans les organes respiratoires.

23 novembre. — La langue dépouillée de son enduit, est d’un rouge ardent ; ses papilles saillantes, comme hérissées ; sa surface sèche ; le reste de la muqueuse bucco-pharyngée toujours très rouge. La presque totalité des membres est envahie par l’éruption. La face, quoique congestionnée, n’a pas la teinte spéciale de la scarlatine. La rougeur du tronc reste très vive. Pas de douleurs abdominales, chaleur sèche à la peau, pouls à 108 ; sommeil assez calme ; ni agitation, ni délire.

24 novembre. — La rougeur de la peau, de la langue cl de la

muqueuse bucco-pharyngée s’est affaiblie; chaleur cutanée moins intense, pouls à 84. Pas d'albumine dans l’urine. Etat général satisfaisant.

26 novembre. — L’éruption scarlatineuse a complètement disparu. Commencement de la desquamation à la face antérieure de la poitrine.

Langue toujours rouge et dépouillée. Appétit.

28 novembre. — Langue moins rouge. Desquamation furfuracée sur le tronc, mais peu accusée.

Pas d’albumine dans l’urine. Va très bien.

4 décembre. — Sort en bon état, ne présentant plus de trace de scarlatine.

Observation II (d’Hervieux) .

19 ans. Primipare. Accouchement naturel et à terme. Invasion de la scarlatine le quatrième jour de couches. Eruption généralisée le cinquième. Symptômes graves. Forme typhoïde. Disparition de l’exanthème après trois jours de durée. Desquamation furluracée. Guérison.

Fille Evano, primipare, 19 ans, née à Lorient (Morbihan), couturière de son état. Venue à Paris en novembre 1860. Fièvre typhoïde à 14 ans, dont elle s’est promptement rétablie. Menstruée à 15 ans. Dernière époque menstruelle en août 1861. Pas d’accidents pendant la grossesse. Accouchée à la Maternité le 12 juin 1862, d’une fille vivante, à terme. Mouvement fébrile le 16 juin.

17 juin. — Pointillé rouge très abondant et très prononcée sur toute la surface du corps, et notamment à la partie antérieure de la poitrine et sur la face interne des cuisses. Prostration, stupeur, narines pulvérulentes, langue rouge et sèche; luette et voile du palais excessivement rouges ; muqueuse pharyngienne à l’état normal.

Ventre très sensible à la pression surtout dans la région hypogastrique, globe utérin volumineux et déjeté à droite. Ni diarrhée ni vomissements. Chaleur interne à la peau ; pouls fort et bondissant à 120.

Respiration accélérée, céphalalgie, sommeil assez bon ; pas d’albumine dans l’urine. La veille, ce liquide examiné par la chaleur, n’a donné qu’un léger précipité blanchâtre.

18 juin. — La rougeur scarlatineuse a diminué partout, mais la langue reste d’un rouge ardent, dépouillée de tout enduit. Môme rougeur de l’isthme du gosier. Pulvérulence des narines* Hébétude de la face. Aspect étonné, typhoïde; pouls à 128; moins de prostration que la veille.

19 juin. — L’exanthème n’existe plus que sur le ventre et la partie supérieure des cuisses ; chaleur modérée à la peau ; pouls à 108 ; langue très rouge, mais humide ; pas de rougeui anormale à la gorge ; il n’y a plus de pulvérulence des narines ; ventre indolent, selles normales. Sommeil bon, faciès meilleur, pas d’albumine dans l’urine.

20 juin. — Disparition complète de l’éruption; pas de chaleur à la peau; pouls à 102; expression faciale bonne, langue rouge, humide, sans enduit.

24 juin. — En passant le doigt sur les parties qui ont été le siège de l’éruption, on sent une rudesse, indice du commencement de la desquamation. Pas de fièvre. Etat général satisfaisant.

La desquamation se prononce davantage les jours suivants, surtout sur le tronc et les cuisses, mais reste furfuracée. Pas d’expoliation par lambeaux.

26 juin. — La malade sort en bon état.

Observation III (d’Hervieux).

26 ans, primipare. Accouchement à terme sans accident, symptômes d’invasion de la scarlatine le troisième jour de couches. Éruption généralisée le quatrième. Disparaît après cinq jours de durée. Apparition urticaire à cette époque. Desquamation. Guérison.

Fougaux, 21 ans et demi, primipare, née à Montharey (Jura), venue à Paris à 23 ans, où elle se lit domestique. Menstruée à 16 ans. Fluxion de poitrine à 17. Devient enceinte en septembre 1861. Nausées pendant les cinq premiers mois. Accouche à la Maternité ,1e 14 juin 1861 d’une fille vivante et à terme du poids de 3 kilog. Délivrance naturelle. Fièvre, courbature, malaise le 17 juin. Deux garde-robes liquides dans la journée.

Le 17 au soir, peau chaude, pouls à 120, langue blanche, face congestionnée, mal de gorge, douleur en avalant, rougeur palatine gutturale et pharyngée, céphalalgie, agitation, insomnie. Apparition à la partie antérieure de la poitrine et de l’abdomen de petites taches rosées, ponctuées, que la pression du doigt fait disparaître, mais qui se reproduisirent aussitôt.

18. — Chaleur vive à la peau, pouls à 112, rougeur intense du pharynx, de l’isthme du gosier et de la voûte palatine. Langue dépouillée de son enduit et comme hérissée de granulations papillaires, d'un rouge briqueté. L’éruption scarlatineuse, aujourd’hui bien accusée, règne sur toutes les parties du corps sans exception, mais offre un maximum d’intensité à la face, au cou, sur le ventre et les avant-bras. Diarrhée. Ventre tendu, mais indolore. Utérus volumineux un peu déjeté à gauche ; céphalalgie, sommeil bon.

•19. — pas de chaleur de la peau, pouls à 76, expression faciale bonne ; persistance de la rougeur, mais avec moins d’intensité, sur les points envahis par la scarlatine. Langue encore rouge, mais nettoyée; moins d’érythème à la gorge et au voile du palais. Appétit.

20. — Encore de la rougeur, surloul à la partie inférieure de l’abdomen. Ventre douloureux, utérus dur, encore très développé, déjeté à gauche; langue un peu paisseuse; appétit. Un peu de céphalalgie ; pouls à 96.

21. — Commencement de desquamation à la face interne des avant-bras. La rougeur scarlatineuse a disparu partout. Etal général très bon. Dans la soirée, la malade se plaint d’une démangeaison très vive dans tout le côté droit du corps, et à l’examen, on découvre sur la partie latérale droite du tronc, une éruption de plaques ortiées d’un blanc plus pâle que celui de la peau environnante.

L’épaule et le cou du même côté présentent cette même éruption.

22. — Nulle trace des éruptions scarlatineuses et ortiées ; langue un peu rouge, mais humide. Bon état du reste.

23. — La desquamation est générale. Elle a continué à se faire les jours suivants.

Le retour à la santé s’est bien maintenu et la malade a pu sortir complètement rétablie le 2 juillet 1862.

Observation IV (d’IIervieux).

20 ans, primipare. Accouchement naturel et à terme. Début de la maladie le premier jour de l’accouchement. Eruption de la scarlatine le troisième, apparaissant d’abord sur le tronc, puis sur les membres. Eruption miliaire très fine au ventre et à la partie supérieure des cuisses. Desquamation le septième jour de couches. Guérison complète le dixième.

Lacour, 20 ans, primipare, forte constitution, tempérament lymphalique. Fièvre cérébrale à l’âge de 10 ans; puis pleuropneumonie la même année. Accouche heureusement le 13 juin 1862. Délivrance naturelle. Trois jours après fièvre et douleurs abdominales.

16 juin. — Eruption scarlatineuse sur le tronc et les membres inférieurs, peu prononcée à la face, qui n’est que congestionnée.

Pouls à 128, pas de céphalalgie; pas d’angine. Anorexie. Langue blanche à la surface, rouge à la pointe et sur les bords.

17 juin. — Rougeur frambroisée et en larges plaques sur la face antérieure du tronc avec éruption miliaire sur le ventre et la partie supérieure des cuisses. Pointillé rouge sur le reste des membres inférieurs et les membres supérieurs. Langue très rouge avec enduit crémeux, d’un blanc très vif à la surface. Rougeur de la luette et des piliers du voile du palais. Chaleur à la peau, pouls à 110. Peu de douleurs abdominales, lochies à l’état normal.

19 juin. — La rougeur scarlatineuse s'est effacéesur la partie antérieure du tronc ; elle persisle sur le ventre, ainsi que l’éruption miliaire, qui occupe en même temps les fesses, la face externe et postérieure des cuisses. Cette même éruption miliaire s’observe au pli du cœur de chaque côté. Langue moins rouge, dépouillée de son enduit et plus humide. Bonne expression de la face. Pouls à 108.

20 juin. — En grande partie éteinte sur le tronc, la rougeur scarlatineuse subsiste encore aux cuisses, mais moins prononcée que la veille. En poussant le doigt sur les parties qui étaient le siège de l’éruption miliaire, on senL les aspérités auxquelles donne lieu le soulèvement épidermique. Langue rose et humide, chaleur modérée à la peau, appétit.

21 juin. — Pas de fièvre P. 76. L’éruption scarlatineuse a disparu; quant à l’éruption miliaire, on la retrouve encore à la région dorsale sous forme de ceinture do 3 à 4 travers de doigt de largeur.

22. — Desquamation manifeste sur le ventre, la partie supérieure des cuisses, le dos, le pli des coudes, et, en général, sur tous les points où a existé la miliaire.

Partout ailleurs on ne constate la desquamation qu’en raison delà rudesse particulière de la peau. Etat général excellent.

24. — La desquamation continue et est devenue très sensible sur toutes les parties du corps, mais elle est plutôt furfuracée que lamelleuse, tant les écailles sont petites.

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