‹ La rougeole et la scarlatine dans la grossesse et les suites de couchesChapitre 40 sur 42 · La malade sort en voie de guérison · texte numérisé non relu

La malade sort en voie de guérison

Observation V (d’IIervieux).

Scarlatine au sixième mois de la grossesse. Avortement le deuxième

jour de l’éruption. Généralisation de l’exanthème avec éruption

miliaire sur le ventre, les aines et la partie supérieure des cuisses.

Desquamation franche. Guérison complète le vingt-deuxième jour.

Xarvouelle, 19 ans, née à Aulun (Saône-et-Loire). A Paris depuis l’âge de 16 ans, domestique, maladive sans avoir jamais eu de maladie grave. Devient enceinte à la fin de novembre 1861. Nausées et vomissements pendant toute la durée delà grossesse. Fièvre pendant les trois ou quatre jours qui ont précédé la parturition. Entre à la Maternité le jour même où s’est montrée la scarlatine, le 22 juin 1862.

Aux parties qui étaient le siège de l’éruption miliaire, on sent les aspérités auxquelles donne lieu le soulèvement épidermique. Langue rose et humide, chaleur modérée à la peau, pouls à 94. Appétit.

21 juin. — Pas de fièvre, pouls à 76. L’éruption scarlatineuse a disparu. Quant à l’éruption miliaire, on la retrouve encore à la région dorsale sous forme de ceinture de trois à quatre travers de doigt de largeur.

22 juin. — Desquamation manifeste sur le ventre, les parties supérieures des cuisses, le dos, le pli des coudes, et en général, sur tous les points où a existé la miliaire. Partout ailleurs on ne constate la desquamation qu’au toucher en raison de la rudeur particulière de la peau. Etat général excellent.

24 juin. — La desquamation continue et est devenue très sensible sur toutes les parties du corps ; mais elle est plutôt furfuracée que lamelleuse.

Accouche naturellement le 23 d’un garçon vivant au terme de cinq mois et demi, pesant 750 grammes. Pas d’accidents, pas de complication hémorrhagique.

24 juin. — Un frisson suivi de fréquentes envies de vomir; prostration, narines pulvérulentes ; infection de la face et des conjonctives ; le cou, la poitrine, le ventre, le bassin et les cuisses sont le siège d’une rougeur uniforme et d’autant plus intense, qu’on la considère dans les parties les plus rapprochées de la tête ; aux jambes elle est à peine marquée; aux membres supérieurs elle existe très accusée, mais moins que sur la poitrine et l’abdomen. Respiration accélérée, langue blanche à la surface, rouge sur les bords; légère rougeur à l’isthme du gosier; ventre volumineux, mais indolore; soiifntense, constipation, céphalalgie, agitation, insomnie, pouls à 120.

Dans la soirée, la face se tuméfie et se congestionne, les yeux deviennent larmoyants, l’éruption se généralise et prend une teinte framboisée, en même temps que l’on constate plus distinctement le piqueté propre à la scarlaLine; abattement profond ; soif continuelle, ventre douloureux à la pression ; pouls à 128.

25 juin. — L’éruption persiste aussi intense et plus générale que la veille; langue d’un rouge vif sur les bords, limoneuse sur la ligne médiane ; rougeur scarlatineuse de la voûte palatine, de l’isthme au gosier de la paroi postérieure au pharynx. Pouls plein et fréquent à 128. Développement et météorisme du ventre; congestion de la face ; abattement, excavation des yeux, altération des traits ; respiration difficile, plaintive, répugnance de la malade à se mouvoir, et notamment à se mettre sur son séant ; soif ardente, anorexie; pas de garde-robes.

26 juin. — L’éruption occupe toute la surface du corps, mais

elle a son maximum d’inlensilé à la face antérieure de l’abdomen, aux plis inguinaux, aux fesses et à la partie supérieure des cuisses. Dans ces régions, une éruption miliaire, constituée par des myriades de petits vésicules contenant un liquide lactescent, s’est surajoutée à l’éruption scarlatineuse. Le pharynx, le voile du palais et la langue sont d’un rouge briquelé; les conjonctives, fortement injectées, sécrèlentun produitmuco-purulent.

Diarrhée. Peau brûlante ; pouls à 132 ; prostration excessive ; plaintes continuelles ; agitation ; sommeil troublé par des cauchemars ; respiration très gênée ; état général alarmant.

27 juin. — Même gravité de l’état général ; la rougeur scarlatineuse a pâli, surtout dans les parties supérieures ; mais l’éruption miliaire s’est généralisée ; elle existe partout où la peau présente une certaine finesse, à la partie antérieure du tronc, à la face interne des cuisses, au cou, à la face palmaire des membres supérieurs, etc. Même abattement ; état de souffance entretenu par la persistance des douleurs abdominales ; pas de vomissements ; diarrhée ; pouls large et ondulant à 1 20 ; une épistaxis pendant la nuit ; paupières toujours injectées.

29 juin. — Amélioration notable dans l’état général ; cessation des douleurs de ventre ; peau noire, chaude, pouls ralenti et moins fort à 104 ; langue d’un rouge moins vif ; meilleur aspect de l'isthme du gosier ; bonne expression faciale ; éruption pâlie partout ; commencement de desquamation à la face, au cou et sur la partie antérieure de la poitrine.

Les jours suivants, la desquamation continue et s’accuse principalement dans les points où la miliaire a commencé à paraître, c’est-à-dire au ventre et à la partie supérieure des cuisses. Dans ces régions, elle se fait par lamelles assez larges, tandis que sur les autres parties du corps elle est furfuracée. L’état général continue de s’améliorer ; le pouls descend peu à peu jusqu’à son niveau normal ; la peau reprend sa température habituelle ; les

traits recouvrent leur expression ; la langue et le pharynx perdent leur rougeur morbide ; la soif et la diarrhéedisparaissent; les douleurs abdominales ont cessé. Les forces et l’appétit renaissent et le 15 juillet la malade sort parfaitement guérie.

Observation VI (d’Hervieux).

Accouchement à terme. Début de la scarlatine le deuxième jour des couches. Eruption siégeant principalement à la face et au tronc. Phénomènes généraux graves: agitation, délire, eschares gangréneuses à la vulve. Extension de la scarlatine aux membres inférieursle troisième jour. Disparition de l’exanthème le cinquième. Guérison complète le huitième.

Boissard, 27 ans, primipare, passementière, née à Paris et Payant toujours habité. Pas de maladies antérieures graves.

Bonneconstitulion. Entre à la Maternité le 14 septembre 1862, et accouche le 15 d’un garçon vivant, à terme, et pesant 3450 grammes. Délivrance naturelle.

Transportée à l’infirmerie le 17, nous la trouvons dans l’état suivant : chaleur intense à la peau, pouls à 144, langue blanche, bouche amère, rougeur d’apparence scarlatineuse à la face, au cou et sur le tronc, mais plus intense sur la paroi antérieure de l’abdomen qu’à la poitrine et sur les autres régions envahies ; rien encore sur les membres, soit inférieurs, soit supérieurs ; rougeur peu intense du pharynx et de l’isthme du gosier ; ventre douloureux à la pression ; utérus volumineux rejeté à droite, défonçant en haut le niveau de l’ombilic, et très sensible au moindre attouchement. Prostration, pas de réponse aux questions, agitation et délire toute la nuit; cette femme prétendait avoir entendu des cris, avoir vu ses parents malades, larges eschares à l’angle inférieur de la vulve qui est recouvert de détritus noirâtres.

18 septembre. — Chaleur à la peau, pouls à 116, soif intense,

langue d’un rouge vif sur les bords. Même rougeur au voile du palais, de l’isthme du gosier et du pharynx ; sensation illusoire d’appétit. L’éruption constatée la veille, s’accuse davantage, et prend de plus en plus le caractère scarlatineux. La rougeur est pointillée sur la parlie antérieure de la poitrine et du cou, uniforme sur l'abdomen. Utérus toujours très volumineux et très sensible à la pression. Sommeil bon. Etat général meilleur.

19 septembre. — L’exanthème s’est étendu aux cuisses ; il règne encore sur les parties envahies du vulve. Chaleur à la peau ; pouls à 96, soif intense ; langue rouge à la pointe et sur les bords, saburrale à la surface, ventre indo.ent pas de sensibilité dans la région utérine.

20 septembre. — L’éruption a en parlie disparu ; elle n’existe que sur la paroi antérieure de l’abdomen. Elle est presque entièrement éteinte sur la face, le cou, la poitrine et les urines, moins de rougeur à la gorge ; encore de la rougeur sur les bords de la langue ; soif moins vive ; peau chaude, pouls à 96. Les eschares vulvaires sont tombées; les plaies sous-jacentes détergées.

Observation VII

Accouchement naturel au terme de huit mois et demi. Invasion de la scarlatine le premier jour des couches. Eruption le deuxième. Durée de l’éruption : huit jours. Desquamation. Guérison complète le quatorzième jour.

Loirelet, 19 ans, primipare, originaire de Bazoche-Gonet (Eure-et-Loire), habite Paris depuis l’àge de 2 ans, femme de chambre depuis lago de 15 ans. Pas de maladies graves antérieures. Accouchée le 4 août 1863 d’un garçon du terme de huit mois et demi et pesant 2.400 grammes.

Fièvre et malaise le soir môme de l’accouchement.

Le lendemain, S août, éruption scarlatineuse sur toute la surface cutanée. Cette rougeur uniforme et en plaques sur le tronc, le cou et la face, est pointillée sur les membres. Langue recouverte d'un enduit blanchâtre, rouge à sa pointe et sur scs bords. Rougeur très intense du voile du palais et de l’isthme du gosier. Chaleur brûlante à la peau, pouls développé, bondissant, à 124. Ventre souple et indolent, utérus rénitent, encore volumineux, occupant la ligne médiane delà région hypogastrique ; pas d’appétit ; soif ardente, ni nausées, ni vomissements ; céphalalgie ; expression faciale bonne ; vivacité du regard; sommeil bon.

6 août. — L’éruption, très vive sur le tronc, s’est accusée davantage sur les membres; face rouge et congestionnée; langue saburrale, rouge sur les bords et à la pointe; luette et piliers du voile du palais gonflés, d'un rouge vif, et recouverts d’un enduit pultacé blanc comme celui de la langue, déglutition difficile; pouls développé et tendu à 120; ventre souple et indolent. Quelques nausées, céphalalgie; sentiment de lassitude et d’abattement, douleur à la pression des globes oculaires ; soif très vive, sensation illusoire d’appétit ; nulle altération des traits.

7 août. — L’éruption scarlalinuse présente une égale intensité sur toutes les parties du corps sans exception ; la langue, la luette et les piliers sont toujours recouverts d’un enduit pultacé blanc et fibrineux ; la paroi postérieure du pharynx est d’un rouge ardent; peau chaude ; pouls à 1 16 , soif continuelle ; ventre souple et indolent ; ni diarrhée ni vomissements.

8 août. — Une défaillance ce matin avant la visite : chaleur vive à la peau; pouls à 112; face congestionnée, la rougeur scarlatineuse paraît plus intense sur les membres que sur le tronc; l’enduit pultacé qui recouvrait la langue, la luette, les

piliers et les deux amygdales a presque complètement disparu et laisse à découvert la muqueuse bucco-pharyngienne d’un rouge ardent. Rien du côté du ventre et des organes génitaux ; sentiment de souffrance dans tous les membres; peu de sommeil parole nerveuse et tremblotante, céphalalgie.

9 août. — Persistance de la rougeur sur le tronc et aux extrémités ; peau très chaude et très sèche ; pouls à 116 ; langue d’un rouge briquelé, sans enduit, amygdales rouges et gontlées, même soif; pas d’appétit.

11 août. — La rougeur de la face et du tronc a pâli ; elle reste très intense sur les membres. Chaleur plus modérée de la peau; pouls à 104; moins de rougeur à la langue et de tuméfaction au pharynx. Pas de soif; sentiment de mieux.

13 août. — La desquamation a commencé sur la face et le tronc, à peine sensible sur les membres; pouls à 84 ; moins de rougeur de la langue et de la muqueuse pharyngienne ; appétit ; sommeil bon, meilleure expression faciale.

Les jours suivants, la desquamation continue de se généraliser; les forces et l’appétit reviennent. Lemieux se prononce de plus en plus et la malade sort parfaitement guérie le 18 août

Observation (de Hardy).

(. Dublin médical journal, 1858).

Mmn B... vient à Dublin pour faire ses couches, l’accouchement a lieu le 19 octobre 1867. Cette femme a toujours été délicate, et^ses forces ont été en grande partie épuisées par les soins qu’elle a donnés à sa mère paralysée. Quelques jours auparavant son accouchement elle fut atteinte d’une influenza qui l’affaiblit beaucoup, de telle sorte que j'avais des craintes sérieuses quant à la terminaison de l’accouchement. Tout marcha bien cependant jusqu’au quatrième jour de ses couches, où son pouls

s’accéléra et où se déclara une violente fièvre; peu après apparut sur tout le corps et sur les extrémités un érythème scarlatineux. Pendant les premiers jours de la maladie état général grave, avec délire, mais peu à peu les symptômes fébriles disparurent et la malade entra en convalescence. Les lochies pendant ce temps continuèrent à couler, mais elles prirent une odeur si désagréable que la nourrice de l’enfant avait toutes les peines du monde à les désinfecter.

Il régnait en ce moment une violente épidémie de scarlatine à Dublin. Hardy fait remarquer que la scarlatine puerpérale n’éclata que le quatrième jour des suites découches. Quand cette affection éclate les deux premiers jours son expérience personnelle lui permet d’affirmer comme Ilalahan que la maladie est presque toujours mortelle.

Observation I

Du Dr Robertson, accoucheur en chef de la Maternité de Glascow.

British médical journal, 1875, p. 640.

F. M..., âgée de 26 ans, forte campagnarde, est admise à la Maternité le 13 mars; elle occupe le lit voisin de celui de la femme qui succomba à une attaque de fièvre puerpérale intense. Après 18 heures d’un travail assez pénible, elle met au monde un enfant mort né, mais vigoureux, et qui devait avoir succombé depuis peu d’heures seulement. Bonne santé jusqu au 13 mars, où elle ressent un violent frisson, suivi de nausées, de malaise général et de douleurs abdominales : T. = dans l’aisselle 102 Farenheit, pouls 100. Le 16 mars matin, face d’un rouge éclatant, ainsi que le cou , le tronc et une partie des extrémités, langue framboisée, gorge rouge et légèrement douloureuse, fi . zz 103 barenheit. P. zz 120, douleurs abdominales, lochies peu abondantes, mais normales. Le 17 mars, T. zz 104 Farenheit, pouls 130, le soir, petit, douleurs abdominales marquées, mais qui diminuent

un peu, grâce au casloreum. Le 18 mars, T. = 104, P. = 120 ; les douleurs abdominales sont beaucoup plus faibles, peau moite, langue et pharynx très rouges. 19 mars, l’état général est moins satisfaisant. T. = 104, pouls 124, petit et faible, langue sèche ; quelques pétéchies sur les membres inférieurs, on abandonne la diète lactée pour une nourriture plus fortifiante, avec thé de bœuf, etc. 20 mars, état général plus satisfaisant, elle se plaint vivement de sa gorge. 21, l’érythème s’éteint, badigeonnages pharyngés avec l’acide phénique, peu d’urine, mais celle-ci n’est nullement albumineuse. La malade est en pleine desquamation, urines légèrement albumineuses. A partir de ce moment guérison graduelle, l’albuminurie cède à l’usage de l’acide gallique. Elle quitte l’hôpital le 23 avril.

Observation II (de Robertson).

Cette observation est due à l’obligeance de M. Barlow mais j’ai vu la malade et confirmé le diagnostic.

M..., 19 ans, robuste et bien portante, accouche le 21 mars d’un enfant bien portant après un travail normal et facile. Elle va bien jusqu’au 23, où elle est prise d’un mal de gorge assez violent, avec frissons et élévation de la température et malaise général. 24 mars, le mal de gorge continue. T. 103 25 mars, éruption scarlatineuse typique et intense sur le cou, la poitrine et les extrémités supérieures, langue framboisée ; l’angine est moins intense. 26 mars, l’éruption s’est généralisée à tout le corps. 29 mars, les lochies sont moins abondantes. Douleurs dans la région de l’hypogastre, applications thérébentines sur le ventre. On ordonne en outre, une once de casloreum et 20 minimes de teintures d’opium. 30 mars, amélioration dans la santé générale, lochies moins abondantes, l’érythème scarlatineux est en train de s’éteindre. 6 avril, desquamation évolue favorable-

ment. 8 avril, urines légèrement albumineuses. 26 avril, plus d’albuminurie. Elle quitte l’hôpital guérie.

Observation 1 (de Martin).

(3. fur geburtshulfe und gynœcologie, 1 vol., p. 384).

Fr. Horms, 22 ans, primipare, n’a jamais été malade dans son enfance, mcnslruée depuis l’âge de 13 ans ; entrée à la Maternité 3 semaines avant son accouchement. Accouchement naturel d’une durée de 22 heures, enfant du sexe féminin pesant 9070 grammes, très vigoureux, qui s’est présentée en OIG A : Bien portante jusqu’au soir du deuxième jour, où elle ressent un violent frisson suivi d’une sensation de constriclion au niveau de la poitrine. La température monte rapidement à 40°, puis tombe à 39, après une transpiration abondante. Pouls 84 le malin, 122 le soir. Rien d’anormal du côté des organes génitaux, on touche cependant par mesure prophylactique une déchirure du périnée au nitrate d’argent.

Troisièmejour.T. 38°, 4 ma in, 38°, 6 soir Pouls. 136 malin, 148 le soir, selle abondante après une purgation à l’huile de ricin, grand abattement. Pharynx rouge, très tuméfié, seins douloureux et rempli de lait, rien du côté de la déchirure périnéale, lochies abondantes.

Quatrième jour. T. matin 39°. Pouls 140; malgré un bon sommeil la malade se plaint d’un violent mal de tête sur toul le corps, mais principalement sur la moitié supérieure, érythème scarlatineux intense, face rosée, mais lèvres et nez d’un rouge bleuâtre frappant, gosier très rouge, gonflé, recouvert d’un enduit pultacé; langue framboisée, le ventre n’est pas sensible à la pression.

Cinquième jour, on transporte la malade à la Charité, où elle succombe le matin du sixième jour, température très élevée au moment de la mort.

A l’autopsie, desquamation abondante sur tout le corps. Endométrite, périmélrite, lymphangite interne, gonflement de la substance des seins, angine ulcéreuse.

Observation II (de Martin).

A. Liesegang, 30 ans, primipare (registre de la policlinique, 1868-1869), accouche au bout de 9 heures d’uu travail facile d’un enfant, présentalion O. I. G. A. 37 heures après l'accouchement, frissons, T. 40o,2. P. 128, sans cause appréciable du côté des organes.

Troisième jour. T. 38°, 2 et 38°, 9. P. 135, prostration, céphalalgie, nausées, dysphagie, déchirure vaginale assez étendue, mais rien du côté de l’utérus.

Quatrième jour. T. 40°, 4, érythème scarlatineux intense sur tout le corps, gosier rouge, gonflé, amygdales grosses un peu exulcérées, l’ulcération intestinale semble augmenter de volume et recouverte en partie par un exsudât blanchâtre.

On transporte la malade à la Charité où elle succombe le septième jour.

A l’autopsie, desquamation abondante sur le corps, endométrite, foyer de paramétrite à droite, pleurésie endocardique, tuméfaction et congestion des principaux viscères de l’abdomen, épiglottite et pharyngite.

Observation III (de Martin).

Nassau (registre de la Maternité, 1868), s’est toujours bien portée. Elle accouche après 19 heures d’un travail naturel, d’un enfant vivant pesant 2990 grammes. Bon état général pendant les trois premiers jours ; le soir du quatrième jour, frissons, T. 40. P. 124. R. 40, seins gros tendus, douloureux à la pression, lavages vaginaux créosolés : les frissons recommencent le

huitième et le neuvième jour, vulve et vagin tuméfiés, déchirures vagino-valvulaires nombreuses et suppurantes. Dysphagie intense, pharynx très gonflé.

Le septième jour (quatrième jour delà maladie), érythème scarlatineux, avec miliaire surtout sur les avant-bras, diarrhée, l’érythème n’envahit pas le ventre, bien que la ligne de démarcation ne soit pas bien marquée. T. 41. P. 140. R. 48-50.

Le huitième jour, T. 40°8, P. 140, R. 48-50, la malade n’a plus sa connaissance, rate tuméfiée, l’éruption de miliaire est très étendue.

Le neuvième jour, T. 41, P. 140, R. 56-60, la malade s’éteint après une nuit agitée le dixième jour.

Autopsie. — Desquamation sur le corps, œdème pulmonaire, hypermégalie splénique, péritonite, néphrite parenchymateuse, endométrite, angine pultacée ulcéreuse, laryngite ulcéreuse.

Sur 16.000 accouchements qui ont eu lieu dans cette clinique et à la policlinique, on ne trouve que trois cas de scarlatine dans les suites de couche.

L’auteur rejette la division de Winlcel en scarlatine primitive et en scarlatine secondaire, il croit que celle-ci devrait bien plutôt rentrer dans l’érysipèle puerpéral.

Observation I (de Olshausen).

Archives allemandes de gynécologie, 1876.

Le 3 janvier. — Une tripare, qui se IrouvaiL depuis quatre semaines à la Maternité, est prise de malaise qui dure deux jours; le deuxième jour soir, utérus sensible. T. 38°, 5. 12 heures plus tard, c’est-à-dire le troisième jour, frisson violent et T. 41°, le lendemain érythème scarlatineux étendu sur tout le corps, pharynx un peu rougeâtre mais pas de dysphagie ; pendant quelque temps l’utérus est aussi sensible, mais il n’y eut ni écoulement suspect, ni péri, ni parométrite. Desquamation le septième jour;

on déconstipe la malade avec 8 grammes d’huile de ricin. Huit jours après le début de la maladie, état parfaitement normal, jamais il n’y eut d’accidents nerveux. Au moment de son renvoi, vingt-cinq jours après le début de la maladie, la desquamation était encore visible.

Il n’existait pas de fièvre puerpérale à la Maternité; on ne peut pas remonter à l’origine de l’épidémie.

Observation II (de Olshausen) (id.).

Une primipare, accouchée le 17 janvier, que faute de place on avait dû laisser près de la malade précédente, tomba malade quatre jours après ses couches. Le cinquième jour après son accouchement. T. 40°, 4. Pouls 136, le lendemain exanthème scarlatineux très étendu et violent mal dégorgé, mais la marche de la fièvre fut très favorable, neuf jours après son accouchement l’exanthème avait complètement disparu ; le lendemain du neuvième jour, c’est-à-dire le dixième, desquamation, qui s’accomplit au milieu de l’apyrexie la plus complète. Aucune complication du côté des organes génitaux et du bas-ventre.

Observation III (de Olshausen) (id.).

Femme C..., bien portante, n’a jamais eu la scarlatine, accouche le 27 janvier à 8 heures du matin d’un enfant qui est son troisième; travail si facile et si rapide que la sage-femme ne put arriver qu’une demi-heure après l’arrivée de l’enfant ; elle relire le placenta, on n’appelle aucun médecin auprès de la nouvelle accouchée. Le 28, frisson. T. 39°, 9. Le 29, figure congestionnée, rouge. P. 140. T. 40° peau humide. Utérus un peu sensible à la pression au début, puis insensible comme à l’état normal, la poitrine et le dos étaient atteints d’un érythème scarlatineux très net, moins marqué au niveau du cou, pas de

dysphagie, quoique le gosier soit légèrement rougeâtre, mais le lendemain le mal de gorge apparaissait. Nausées, vomissements, diarrhée, épistaxis. Le 31, T. 40°, 9 le matin et 41° le soir. P. très fréquent 140, langue framboisée. Insomnie, léger délire. Le 31, apparaît un ictère léger, pas d’albuminurie. L’exanthème persista jusqu’à la mort, il avait une apparence blafarde, un peu atténuée par l’ictère. Le septième jour de la maladie, délire plus violent, carphologie, et la mort survient malgré un traitement énergique, consistant en bains froids, sulfate de quinine, vers le huitième jour de la maladie.

Autopsie. -- Rien aux organes génitaux, les lymphatiques, qui partent de l’utérus, sont parfaitement normaux, reins malades, très congestionnés. Rate un peu tuméfiée. Rien de manifeste au foie.

R. — Pas d’épidémie à Halle en ce moment de l’année, l’origine do l’affection resta inconnue.

Observation IV (de Olshausen).

Femme C..., primipare de 25 ans, accouchée au forceps, grosse déchirure au périnée lors de la sortie de l’enfant, qui passe inaperçue, l’après-midi violent malaise, insomnie; le deuxièmejour après ses couches insomnie, fièvre le troisième jour. T. = 39°, pouls 120. Le soir, en voyant la malade, je remarque que son teint est rouge. T. 40°, 3, pouls 150, langue framboisée, gosier très rouge, légèrement gonflé ; la malade se plaint d’elle-même à moi de ressentir un violent mal de gorge, tout le corps est couvert d’un exanthème scarlatineux très net, très intense, sur la poitrine et sur le ventre. Intelligence libre, périnée complètement déchiré, avec rupture partielle de la cloison recto-vaginale, les bords de la déchirure sont couverts de matières gluantes, mais ils ne sont pas gonflés, ils ne tardent

pas du reste à se délerger eL à présenter un bon aspect. L’exanthème pâlit peu à peu, mais lentement. La température oscillait à partir du premier jour entre 38°, S et 3VJ°, t , le septième jour cependant la température s’éleva le soir à 39°, 3 et à ce même moment se déclara une parotidite double, qui abcéda.

Guérison lente. 11 n’y eut pas d’albuminurie ni endométrite ni périmétrite.

R. — Ici encore l’énigme de la scarlatine resla incertaine, car il n’y avait dans la localité où habitait la femme ni scarlatine ni fièvre puerpérale.

Observation (de Lucas-Championnière).

(Journal du médecin praticien, 1879)

La nommée C..., 22 ans, papelière, entre le 18 janvier 1879 dans le service du Dr Lucas-Championnière. Elle accouche à 10 heures du soir, d’un garçon pesant 3,100 grammes en OIGA; les suites de couches sont normales jusqu’au 24, jour où elle est prise d’un violent frisson avec douleur abdominale, qui fait placer immédiatement un vésicatoire volant sur l’abdomen. La température monte à 39, la fièvre est intense, hors de proportion, avec des phénomènes abdominaux, le 26, 40°, 2, le 27, 40°, le 28 la fièvre diminua 38°, 2 et le 29 on note une éruption sur la poitrine. Vue le 30 au matin la femme a 39. Sur toute la face antérieure du tronc une rougeur diffuse, les seins sont d’un rouge écarlate. Aux points rouges dans les jours suivant, se développent des vésicules miliaires. Le 1er, le 2 février, 40°, le 1er février.il y eut un violent frisson accompagné de sueurs profuses. A partir du 4 février il se fait une desquamation par plaques, d’abord petites puis larges. Depuis le 4 février la température baisse de 38° elle descend à 37°,81e9, le 15 février violent frisson : T= 39°, 5, sensibililé du ventre, sueurs abondantes.

La lièvre persiste ainsi jusqu’au 20, où la température atteint 48 dans ce jour frissons, face rouge, langue saburrale.

Nouvelle éruption qui se généralise d’emblée. Dès le lendemain 21, la température est tombée à 37°, 4 pour ne remonter qu’à 38°, 2, diarrhée, sueurs. Dans les jours suivants la desquamation se fait presqu’aux mêmes points où elle s’était déjà produite.

A partir de ce jour éruptions successives se produisant avec un état de malaise notable, mais sans élévation considérable de la température, troisième éruption le 28 février, à la poitrine, à la face, aux cuisses.

Quatrième poussée le 8 mars aux coudes seulement et un peu à la face.

Cinquième éruption le 20 mars, presque généralisée, avec un peu de tuméfaction de la face et sans fièvre.

Sixième éruption le 28 mars encore généralisée, persistant fort peu.

Septième éruption le 4 avril. Cette fois l’éruption ne se montre que partiellement ; à la face, au cou, aux cuisses.

Les dernières poussées éruptives s’accompagnaient de malaise, la malade perdait l’appétit, se plaignait de sensation de chaleur et de sécheresse de la peau, la desquamation se faisait beaucoup plus rapidement que pour les premières éruptions et par écailles. Elle sortait bien guérie le 19 avril. Malgré les éruptions si fréquentes et si étendues, cette femme n’a jamais eu les caractères de dépression profonde, qu’on observe généralement.

Observation I (de Liebmann).

Archives fur gynécologie, 1879.

K. B..., couturière, célibataire, 34 ans, ordinairement bien portante (on ne sait pas si elle avait eu la scarlatine pendant sa

jeunesse) a peu de jours avant son deuxièmeaccouchement soigné son enfant âgé de 2 ans, qui avait eu la scarlatine. Reçue en travail à la Maternité de Trieste, elle accouche facilement le 21 septembre 1874 d’un enfant à terme en position du sommet. Les premiers jours des couches se passèrent sans trouble.

Le 25 septembre. — Quatrième jour des couches, frissons, fièvre ; le 26, angine, fièvre ; le 27 fièvre intense. T. 41 . Éruption sur tout le corps.

Le 28 septembre. — Elle fut transférée dans mon service.

État actuel. — Pas de troubles intellectuels, langue framboisée, passablement sèche, ulcérée sur les bords. Toute la cavité buccale esL d’un rouge intense, on voit sur les amygdales plusieurs ulcérations grises, face rouge. Sur tout le tronc, particulièrement sur la poitrine et sur le ventre, exanthème scarlatineux caractéristique. Engorgements des seins, ventre mou, pas de météorisme, utérus dur, mobile, peu sensible, dépasse de deux travers de doigts les bords supérieurs du pubis, pas de périmétrite. A l’entrée du vagin on remarque une ulcération grise très superficielle, flux-lochial modérément copieux et sans odeur. Sécrétion urinaire normale, pas d’albuminurie.

28 septembre, matin. — T. = 40°, 3, pouls 116, gargarisée au chloral de K, limonade acide pour tisanes. Injections vaginales phéniquées. Soir. — T. — 40°, 3. P. 118, 3 enveloppements froids de dix minutes en dix minutes, après quoi T. — tombe à 39°, 4.

29 septembre, matin. — T. =z 41°. Pouls 112. Exanthème beaucoup plus pâle ; patiente très agitée, quinine, 1 gr. 50. Le soirtemp. 41°, 2, pouls 120 : patiente moitié endormie, moitié délirante. On ordonna des enveloppements froids, mais deux seulement furent exécutés, car ils ne furent pas supportés et provoquèrent une sensation de malaise, du froid, du claquement de dents.

30 septembre, malin. — T. 40°, pouls 112, violente diarrhée, écoulement d’urine involontaire, grande agitation, comme traitement, affusions froides toutes les deux heures, vin et éther le soir. T. =: 40° 8, pouls 118, opium.

1er octobre, malin. — T. = 39°, 1. pouls 118, l’exanthème est presque complètement disparu, toujours de la diarrhée, l’évacuation des gardes-rohes et de l’urine se fait involontairement. Le soir, T. = 39°, 4, pouls 104.

2 octobre, malin. — T. — 38°, 3, pouls 96. Le soir, T. 38°, 1. Pouls 112, pas de diarrhée. État général un peu meilleur.

3 octobre, malin. — T. = 38°, 3. Pouls, 88. Soir, T. — 37°, 9, pouls 92, l’évacuation de l’urine se fait volontairement. Pas d’albumine dans l’urine. Utérus bien contracté, état général très amélioré.

4 octobre, matin. — T. = 38°, 1. Pouls 112. Soir, T. zr 38°, 6. Pouls 104.

5 octobre, matin. — T. = 39. Pouls 104. — Soir. T. = 39°, 3, pouls 108.

6 octobre. — Violente céphalalgie, avec convulsions éclamptiques, saignée d'environ 200 grammes, perte de connaissance. Dans la vessie faible quantité d’urine albumineuse. Éther le soir, pouls très fréquent, impossible à compter.

7 octobre. — Pendant une absence de 24 heures, on oublie de prendre la température de la malade, strabisme, apathie, vin, musc, etc.

8 octobre. — T. — 39°, 9, pouls 166, même état, grand météorisme ; grimaces de douleur au moindre attouchement du ventre. Soir, T. =40°, 2, pouls 120. Vessie contient quelques grammes d’une urine albumineuse.

9 octobre matin. — T. = 38°, 7, pouls 120. Le soir T. = 39°, pouls impossible à compter, ventre resté extraordinairement sensible. Vomissements abondants d’un liquide bilieux. Stra-

bistne persistant. Spasme clinique des extrémités supérieures. Eschare considérable au sacrum.

10 octobre malin. — T. n: 40°, 4. Pouls impossible à compter la patiente, qui depuis plusieurs jours n’avait pas parlé, marmotte de temps à autres quelques paroles incompréhensibles. Collapsus mort à midi.

Autopsie. — 10 heures après la mort. Desquamation de la peau, anémie, œdème du cerveau, œdème des poumons, dans les hanches beaucoup de sérosité spumeuse, adroite exsudai pleurétique séro-fibrineux en grande quantité. Epanchement sérieux, abondant dans le ventre. Tout le péritoine viscéral, notamment sur la rate, le foie, les intestins, sont recouvertes d’une épaisse couche de membranes fibrineuses, molles; foie mou, turgescent; rate triplée de volume, aplatie, reins congestionnés, les capsules s’enlèvent facilement, substance corticale manifestement gonflée rien à l’utérus, petite déchirure à la fourchette avec dépôt pultacé de mucosité blanchâtre dans les trompes; quelques grammes d’urine trouble dans la vessie.

Observation II (de Liebmann) (id).

F. T..., 22 ans, célibataire, domestique, accouche facilement la première fois le 3 janvier 187b d’un enfant à terme vivant après avoir passé le dernier mois de sa grossesse à la Maternité où à ma connaissance il n’était survenu aucun cas de scarlatine. Le 4 survint de la fièvre ; le 7 se manifestèrent les symptômes de scarlatine d’une façon évidente, et on la transporte dans mon service.

7 janvier matin. T. 39, 6, p. 128; pas de troubles à la sensibilité, langue rouge et sèche ; papilles très gonflées, face rouge, exanthème scarlatineux bien marqué sur le tronc, angine manifeste. Utérus sensible à la pression, bien contracté, flux lochial

modéré, violenle diarrhée, les selles se font souvent d’une façon involontaire. Sécrétion de l’urine peu abondante, urine sans albumine, déchirure peu importante au périnée. Traitement, quinine, lotions froides, vin, injections vaginales phéniquées.

Soir, T. 41. P. 136.

8 janvier. — T. 40, 4. P. 116; soir T. 41, 6. P. 128.

9 janvier matin. — T. rz 39°, 9. Pouls 112, nuit 1res agitée, violent délire, fa,ble diarrhée, exanthème encore très manifeste, utérus un peu gros et mou, toujours sensible à la pression.

Soir. — T. — 40°, 4. Pouls 120.

10 janvier, matin. — T. — 39°, 2. Pouls 104.

Soir. — T. = 39°. Pouls 111 ; l’utérus a un peu diminuéeet est moins sensible, diarrhée a cessé. Exanthème beaucoup plus • pâli.

11 janvier, matin. — T. zz: 38°, 8. Pouls 100.

Soir. — T. — 39°, 4. Pouls 116, fréquents accès de délire, nuits sans sommeil.

12 janvier matin. — T. zz: 39°, 2. Pouls 96.

Soir. — T. = 38°, 6. Pouls 116.

13 janvier, malin. — T. = 38°, 4. Pouls 102. Amélioration ; la malade tousse beaucoup. Respiration vésiculaire, rude dans toute la poitrine, la desquamation commence.

Soir. — T. zr 39°. Pouls 124.

14 janvier matin. — T. = 39°, 2. Pouls 124.

Soir. — T. = 40°, 3. Pouls 128, desquamation régulière. Les symptômes ne montrent aucun changement qui puisse expliquer l’élévation de la fièvre. Ulcérations vaginales rouges et bien couvertes de granulations.

16 janvier, malin. — T. zz:40 ; pouls 140 ; nuit sans sommeil; la patiente se plaint de très violentes douleurs dans le ventre. Météorisme, tout le ventre est sensible à la pression.

Soir T. = 40°, 6 ; Pouls 132.

17 janvier. — T. =■ 40°, 2, pouls impossible à compter. Collapsus ; grand météorisme, violente dyspnée, agonie, mort à 11 heures.

Autopsie. — 21 heures après la mort, desquamation épidermique, œdème cérébral, avec hyperhémie, œdème des poumons, principalement aux lobes inférieurs; dans la cavité péritonéale grande quantité d’un liquide trouble mélangé de flocons fibrineux,péritoine viscéral notamment sur les intestins et le foie couvert de pseudo-membranes fibrineuses, foie légèrement augmenté de volume, de consistance normale. Rate augmentée de volume, passablement nulle, d’un brun rouge sale. Reins un peu gonflés, couche corticale, rouge pâle, pyramides profondément injectées. Dans le petit bassin grande quantité de pseudo-membranes. Utérus de la grosseur du poing, renferme uncoagulum sangiun, brun, visqueux. Muqueuse gris foncé, rate molle, déchirée, muqueuse vaginale, pâle, normale. Tissu sous-séreux des ligaments larges infiltré de pus. Vaisseaux de ce ligament remplis de pus, paramétrile purulente. Ovaire droit, petit, dur, ovaire gauche très augmenté, infiltré de sérosités et de pus, la vessie renferme une petite quantité d’une urine trouble, au crâne, peau, larynx, traces d’une syphilis antérieure.

Observation III (de Liebmann) (ici.).

F... O..., célibataire, domestique, a eu enfant la rougeole, mais jamais la scarlatine. A séjourné pendant les derniers temps de sa grossesse (c’est la première) 43 jours à la Maternité où il n’y avait aucun cas de scarlatine. Avant son entrée à la Maternité elle c’avait été en contact avec aucun scarlatineux. Elle accouche le 14 mars 1876 d’un enfant à terme vivant en position du sommet. Accouchement normal ; elle n’allaite pas à cause de la faiblesse de ses mamelons ; 16, violente fièvre qui persiste le 17, à la fièvre s’ajoutèrent des douleurs de reins,

de la sensibilité du ventre, on la transfère dans mon service.

Soir, T. — 40°3, P. rz 116 ; pas de trouble de la sensibilité. Expression du visage tranquille, la malade n’accuse aucune souffrance. Visage légèrement rouge, langue grisâtre, rouge sur les bords, elle est humide et lisse. L’exanthème scarlatineux très rouge, est composé d’une grande quantité de petits points rouges, il couvre tout le front, mais respecte les extrémités. Sur le ventre la peau a un aspect particulier, couverte, qu’elle est de nombreuses rides, à pigmentation très accentuée. Ventre mou. Utérus remonte jusqu’à l’ombilic, un peu sensible, mais se laisse palper. Plusieurs ulcérations grises sur le vagin. Lochies bien rouges, un peu fétides, traitement, quinine, injections vaginales.

18 mars. — Malin, T. “ 39°, P. — 112.

19 mars. — T. 39°, 2. Pouls 116; la malade a eu quelques garde-robes liquides. Sécrétion urinaire normale, pas d’albuminurie. L’exanthème a pris une teinte sombre, mamelles turgescentes, engorgées de lait. Le soir, T. 40°, 2. Pouls 116.

20 mars, malin. — T. 39°, 1. P. 108. Diarrhée, utérus un peu sensible. Ulcérations vaginales se nettoient. Exanthème pas changé; pas d’angine.

Soir. T. 39°,9, pouls 1 04. Lotions froides sur le ventre, quinine.

21 mars, matin. — T. 38°, b, pouls 96, douleurs violentes dans le ventre et dans les reins. Exanthème moins rouge, éruption miliaire abondante.

Soir. T. 39°, pouls 112.

22 mars, matin. — 38°, 3, pouls 84. Exanthème pâli, miliaire, tourne en partie à la desquamation, ventre moins douloureux.

Soir. T. 40°, pouls 84.

23 mars, malin. — T. 38°, 1, pouls 80.

Soir. T. 38°, 3 ; pouls 96. Utérus diminué, légère diarrhée (3 ou 4 selles en 24 heures).

24 mars. — T. 37°, 2, pouls 118, abondante desquamation furf u racée.

Du 26 au 1er avril. — Température à peu près normale, sécrétion Iochiale disparue ; utérus disparu derrière symphyse. Mais le 21 avril. T. 38°, 5, enveloppements froids, quinine.

2 avril. — T. 38°, 2. Soir 39°.

3 avril. — T. 37°. Soir 39°, amélioration.

4 avril. — Érythème scarlatineux sur les seins et la face interne des bras, avec élancements douloureux en ces endroits.

5 avril. — id. Vagin net, lochies blanches abondantes sensibilité à la pression de l’utérus et des flancs. A partir du 6, convalescence.

Observation (de Legendre).

(Recueillie parM. Comby, interne, et M. Quantin, externe du service).

Scarlatine consécutive à l’accouchement. — Au début la légèreté

des accidents fait penser à une scarlatinoïde. — Deuxième éruption, desquamation caractéristique. — Albuminurie, anasarque,

éclampsie. — Guérison.

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