‹ La rougeole et la scarlatine dans la grossesse et les suites de couchesChapitre 7 sur 42 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I (do Gautier, de Genève).

Ar males de gynécologie, vol. XI°, année 1879, p.5, § 22.

Mademoiselle X..., 25 ans, avait visité dans le courant delà première semaine de mars des enfants malades de la rougeole ; Après quelques jours de fièvre avec toux intense, larmoiement et coryza, l’éruption apparaît le 15 mars ; la maladie suit son cours normal sans complications.

Le frère de cette malade, M. X..., 29 ans, demeure à une dizaine de minutes de distance de l’habitation de sa sœur, il est allé la voir pour la dernière fois le 13 mars deux jours avant l’apparition de l’exanthème chez M'le X...

Les premiers symptômes surviennent le 26 mars, et le 30 je constate l’existence des taches rubéoliques au palais, au voile du palais et sur le sillon naso-labial ; le surlendemain, lor avril, l’éruption est générale. La marche de la maladie a été également régulière et exempte de complications .

La sœur cadette, MmtJ X..., 24 ans, se trouve à la fin du neuvième mois de sa quatrième grossesse; sa demeure est éloignée aussi de 9 à 10 minutes de celle de sa sœur ; il n’existe aucun cas de rougeole dans la maison qu’elle habite ; M,ue X... a vu sa

sœur pour la dernière fois le 16 mars, veille du jour où l’exan- Ihèmeest apparu chez celle-ci. Vu son état dcgrossesse, Mme X.... avait cherché à éviter toute espèce de contact avec des malades. Le 27 mars, au soir, apparaissent chez elle des frissons, de la courbature, une toux fréquente et intense, du corysa, du catarrhe conjonctival ; les mêmes symptômes persistent le 28.

Le 2 mars. — A 11 heures du soir la malade accouche d’une fille après un travail facile.

Au moment de l’accouchement le pouls est à 108°, la peau chaude, enrouement, toux, coryza. La perle sanguine n’a pas dépassé la quantité normale, la délivrance naturelle n’a pas été suivie de frisson.

Le lendemain 30 mars, à 9 heures du malin, le visage, le cou et la poitrine sont parsemés de taches de rougeole. Angoisse, larmoiement, éternuements, rien à l'auscultation. 110 pulsations, température axillaire, 39°, 4. Lochies normales. Mme X... allaite son enfant, qui ne quille pas sa chambre, ne manifeste aucun malaise ni aucune tacbe à la peau.

31 mars. — 100 pulsations. T. a. 37°, 9 le matin, 37°, 5 le soir. L’éruption est très abondante sur le tronc, plus discrète sur les membres.

l6r avril. — 76 pulsations, sommeil normal, appétit. L’éruption pâlit, les taches ont pris une teinte d’un brun clair, sécrétion lactée abondante, l’enfant ne quitte pas la chambre de sa mère, il tète régulièrement et n’a pas un instant de fièvre, ni aucun symptôme catarrhal ; la peau a toujours eu sa coloration normale. Aucune complication n’est survenue chez Mra° X... ; elle a pu se lever deux semaines après son accouchement.

Observation II (de Doléris).

(Archives de tocologie, I«r volume, année 1874, p. 375).

Aline Mercier, âgée de ‘21 ans, journalière, arrive à l’hôpital des cliniques le 17 avril, à une heure du matin, en proie aux douleurs vives et fréquentes, qui caractérisent un travail déjà avancé.

Cinq heures après son entrée, elle accouche d’un enfant pesant à peine 75) grammes, qui do. me quelques signes de vie au moment de la naissance et meurt peu de temps après ; il est manifestement né avant terme. La mère nous appren I, en efLt, que sa grossesse ne date que de 6 mois environ; elle a eu ses dernières règles au commencement du mois de décembre dernier. Aucun accident n'a signalé la dernière phase de la gestation; la malade exerce une profession qui nécessite peu de fatigue, elle travaille assise. C’est à peine si elle a éprouvé quelques légers troubles dyspeptiques, tels que dégoût pour certains aliments, nausées parfois, mais jamais de vomissements. Huit jours avant son entrée à l’hôpital elle a commencé à ressentir quelques douleurs lombaires vagues, accompagnées do courbature, de malaise général, avec un sentiment de faiblesse et de pénible lassitude. Ces phénomènes peu accentués, quoique persistants, ne l’empêchèrent point de vaquer à ses occupations habituelles. Cependant vers la lin du premier septénaire, cet état se compliqua d’un léger mouvement fébrile; il s’y joignit delà constipation, la perte de l’appétit, et une soif assez vive ; la langue devint saburrale, les yeux larmoyants. C’est par hasard dans l’après midi du huitième jour, que la malade s’aperçut que son visage, déjà congestionné dès le malin, présentait une

sorte de pointillé d’un rouge vif sur un fond plus pâle, dû à l’éruption de taches très nombreuses, légèrement saillantes, et ressemblant très exactement aux taches de la rougeole. Il est important de noter qu’ayant été atteinte de cette maladiedanssa première enfance, et s’étant crue désormais à l’abri, elle fut loin de songer qu’il s’agissait d’une seconde apparition de cette affection. Ne se sentant pas plus malade qu’à l’ordinaire, elle se coucha le soir à son heure habituelle. Elle fut réveillée le matin vers huit heures, par quelques douleurs qu’elle ressentait dans l’abdomen : effectivement le travail commençait. Les douleurs continuèrent pendant toute la journée, elle arriva dans les salles le lendemain à une heure. Il est facile, de constater, sur toute la surface du corps, une éruption rubéolique manifeste, les taches sont excessivement nombreuses, de couleur rouge vif, légèrement acuminées pour la plupart, particulièrement abondantes sur le visage, les parties latérales du cou, la poitrine et les mains. Sa conjonctive est congestionnée, les yeux et le pharynx sont le siège de légers picotements, la muqueuse buccale est rouge, la langue blanche et sèche, la fièvre ne présente pas une grande intensité. La poitrine est sonore à la percussion, elle n’offre à l’auscultation aucun bruit anormal. D’ailleurs la malade ne tousse pas. L’évolution des taches a suivi son cours ; à la fin du quatrième jour, elles ont complètement disparu. Du reste l’état général a été fort peu troublé; il est aujourd’hui des plus satisfaisants. La malade se dispose actuellement à quitter l’hôpital.

Observation III (de Franeis Bleynie).

Chirurgien de la Maternité de Limoges. Annales de gynécologie, XII0 vol., année 1 87U , p. 385.

Anna P..., âgée de 20 ans, est prise de rougeole à la fin du huitième mois de sa grossesse. Nous étions alors (février) en pleine épidémie. L’éruption se fait bien, mais dès le début les phénomènes du catarrhe des bronches prennent une très grande intensité. Le 1or mars, après la cessation de l’exanthème, cette femme accouche d’un enfant mort peu de temps avant le travail, et ne présentant aucun symptôme de la maladie de sa mère. Bien que l’accouchée offre quelque amélioration dans son état pendant les deux jours suivants, elle succomba le 6 mars à l’asphvxie, résultat de la bronchite généralisée.

Observation IV (de Francis Bleynie).

Valérie D..., âgée de 26 ans, accouche à terme, le 13 mars 1879, d’un garçon bien portant. Quatre jours après l’accouchement celte femme est prise de rougeole. Cette maladie suit ses phases sans complication apparente. Craignant la contagion pour les accouchées, je fais transporter cette femme dans une salle de malades, où elle succombe le 4 avril à une métro-péritonite, dont les lésions ont été constatées par l’autopsie. L’enfant qui pendant la rougeole de sa mère a été allaité par elle, a été atteint par la maladie une dizaine de jours après sa naissance ; il est aujourd’hui bien portant.

Observation V (inédite de Underhill).

Communiquée par Angus Mac Donald. Voir tlic obstétrical journal of great Britain and lreland, 1880, p. 390.

MmeM..., septième mois de la grossesse, a déjà eu deux enfants; le 21 mars on aperçoit sur tout le corps de la bonne des enfants une éruption rubéolique caractéristique : M... quitte son

domicile pour aller habiter Reswick le 26 mars, elle y reste jusqu’au 31 mars, jusque-là les enfants semblaient parfaitement indemnes; mais le lendemain du roLour de madame M..., les enfants présentent le rasb caractéristique. Comme cette femme n’avait jamais eu la rougeole on la sépara aussitôt de ses enfants. Le 16 avril elle tombe malade et le 20 apparaît sur tout le corps un exanthème embolique très marqué. La fièvre fut très violente ; malheureusement on ne prit pas de traces thermomélriques, le 21 mars, grand malaise et vomissements abondants, pas de contractions utérines. Le 22 mars, les vomissements cessent ; la malade se trouve beaucoup mieux, dès lors guérison rapide. Elle accouche le 29 mai d’un enfant vigoureux du sexe féminin.

Observation VI (inédite de Underhill).

Communiquée par le Dr Robert Bruce (voir id., p. 391).

Mme M..., au huitième mois de sa grossesse, a eu une grossesse antérieure; elle contracte la rougeole le 4 mars 1878 ; peu de jours a, rès broncho-pneumonie.

Le 9 mars. — Situation très grave. Respiration rapide et pénible, pouls très fréquent; dou’eurs violentes dans les reins, le travail se déclare le 10 mars, et l’accouchement s’effectue normalement. L’enfant ne survit que pendant 2 heures, sa respiration n’ayant jamais pu devenir régulière. Après l’accouchement, mômes symptômes qu’auparavant.

Le 11 mars. — P. 136. T. 103 F.

Le 12. — T. 103. 30 respirations par minute.

Le soir du 14 mars. — P. 143. T. 103°, 4 F. R. 60 par minute. À partir de ce jour la marche va en s’améliorant, mais avec lenleur : ainsi le 18 mars. P. 110. T. 101 F.

Le 28. — P. 82, mais T. normale les respirations sont toujours fréquentes (30 par minute), la guérison s’est faite néanmoins complète et durable.

Observation VII (de Legendre).

Progrès médical, 1880, n° 42, p. 828. État puerpéral, rougeole, broncho-pneumonie, embolie pulmonaire.

La nommée P... Marie, 27 ans, journalière, entre le 22 février à la salle Sainte-Anne, à Lariboisière, service de M. Siredey.

Accouchement normal, à terme, le même jour, à 5 heures du malin, d’un enfant bien conformé. Sa mère ne présente rien à relever au point de vue de la constitution.

13 février. — L’utérus revient dans la cavité pelvienne. Coryza, larmoiement, céphalalgie-bronchite. T. 38°, 9. Le soir quelques boutons à la figure remarquées par l’infirmière.

14 février. — Éruption rubéoliqu) sur la face, la poitrine, rare sur le ventre, et les membres inférieurs, forme boutonneuse . Toux sèche. T. 38°, 1, passage en médecine, salle Sainte-Gene‘ viôve, lit n° 17.

15 février. — La rougeole est dans le plein de son éruption. Bronchite généralisée dounle, crachats purulents, nummulaires (la malade se souvient avoir vu et pris dans scs bras, 15 jours avant son entrée, un peliL enfant atteint de rougeole). T. matin, 39°, 5 ; soir, 40°.

16 février. — L’éruption s’éteint. Le catarrhe morbilleux s’accentue. Râles fins, pas de souffle. Diarrhée. L’utérus se relire, le ventre est souple. Potion de Todd avec 8 gouttes de laudanum. T. malin 89°; sur 39', 9.

17 février. — Même état, crachats opalins visqueux. Julep, morphine, 40 grammes. Kermès, 0 gr. 10. T. matin 39°, 4, soir 39°, 3.

Du 18 au 21 février. — L’état reste stationnaire, on peut espérer alors la résolution. Encore de la diarrhée et un peu de subdélirium. La température descend de 39°, 8, à 38°, 5.

22 février. — Oppression plus vive, râles fins, crépitants dans toute la hauteur des poumons, mais pas de souffle tubaire. Délire, agitation, conversations solitaires. Demande de nourrice pour l'enfant. Rien au cœur. Julep, Kermès : acide ammoniaque 6 grammes. Inhalations d’oxygène. T. matin 38°, 8, soir 40°, 4.

23 février. — Accès de suffocation durant 1 à 2 heures, avec menaces d’asphyxie. Délire la nuit, aggravation de l’état. Les bruits pulmonaires couvrent la région précordiale, que l’on ne peut explorer. T. matin 38°,5, soir 40°, 6.

24 février. — Mêmes signes, pas de souffle. Albumine abondante dans les urines. T. soir 39°, 8.

25 février. — Respiration entrecoupée. Cyanose, asphyxie lente. Plaintes incessantes. Pouls rapide, petit, traitement, sirop de sulfate des trychnine. 2 à 4 cuillerées. T. matin 39°, 2, soir 39°, 6.

26 février. — Mouvements respiratoires s’éloignant de plus en plus, l’hématose ne se fait plus. Agonie, la connaissance res-

tant entière; mort à 7 h. 1/2 du soir. T. matin 39° ; soir 38°, fi.

Autopsie. — Je dois à M. Mayor, directeur adjoint du laboratoire de Clamart, les détails de l’autopsie faite le 28 février. Cavité thoracique , plèvre gauche ; on y trouve une petite quantité de liquide louche ; épaississement dans tout le feuillet costal, auquel le poumon adhère faiblement quelques brides récentes au niveau de la plèvre médiastine en avant et de la plèvre diaphragmai ique. Plèvre droite , légères adhérences au sommet et à la base. Poumon gauche, il ne s’affaisse pas normalement ; sur la coupe on remarque que le sommet est le siège de pneumonie lobulaire arrivée déjà à la période de suppuration inlra-lobulaire. Le parenchyme est œdématié. Vers la partie moyenne on voit une sorte d’abcès, à parois irrégulières, infiltrée de pus, résultat d’une fente purulente du tissu avoisinant.

Le lobe inférieur présente des lobules rouges foncés, comme hépatisés et des lobules gris en suppuration, disséminés et séparés par des portions de poumon sain. A la partie inférieur du lobe supérieur, il y a réellement pneumonie pseudo-lobaire (un fragment plongé dans un vase d’eau gagne le fond).

Dans l’artère pulmonaire, on trouve, en incisant une branche de bifurcation supérieure, un caillot de la grosseur d’une petite amande, irrégulier sur ses facis, et situé à l’origine d’une forte collatérale ; celte artère et les petites branches qui en partent au niveau du caillot, sont oblitérées par des coagulations cruoriques, quant au caillot, libre vers sa surface, qui regarde le centre circulatoire, il est sec, un peu friable, blanc jaunâtre, exactement d’origine embolique. Le département de parenchyme pulmonaire correspondant à l’artère oblitérée, appartient au sommet de l’organe.

Il est encore le siège de pneumonie lobulaire grise, d’œdème, et d’un infarctus hémorrhagique ancien.

Bronchite interne des grands et petits canaux.

Poumon droit. — A la coupe, lésions de pneumonie lobulaire dans les parties supérieures. Le lobe inférieur est simplement congestionné. A partir de la première subdivision du hile, les canaux bronchiques sont tapissés d’une fausse membrane très peu adhérente, mais consistante, élastique, au-dessous de la muqueuse et simplement congestionnée. Dans la partie postérieure du lobe inférieur et vers le bord inférieur du poumon se trouve un infarctus presque pyramidal, à base externe, cet infarctus offre la coloration noire, caractéristique, et à la coupe il présente l’aspect d’un triangle, de trois centimètres environ de côté.

En ouvrant les artères de ce poumon on trouve au niveau du hile de petits caillots fibrineux très élégamment ramifiées, mais dans le tronc qui nourrit le département siège de l’infaretus au niveau de l’origine d’une collatérale, se présente un caillot un peu allongé, du volume d’un gros pois-chiche, il offre les mêmes caractères que ceux du caillot trouvé dans l’artère pulmonaire du côté gauche, il se continue également vers la périphérie avec des coagulations cruoriques, tandis que son extrémité centrale libre montre une cassure grenue qui dépite l’origine embolique.

Cœur. — Le péricarde contient 60 grammes environ de liquide verdâtre, louche. On voit des arborisations inflammatoires sur ses deux feuillets; reliées par place par de fausses membranerécentes et frlalables, les valvules sont saines. Dans le ventricule droit, près du sommet et contre la face postérieure, on remarque un caillot delà grosseur d’une amende, dont l’extrémité supérieure, évidemment rompue, et continuée par quelques filaments fibrineux franchement déposés. Le caillot offre le même aspect que ceux trouvés dans les artères pulmonaires.

On trouve quelques caillots d’agonie sans importance.

Tube digestif intact ; foie muscade, rate et pancréas sains Reins atteints manifestement de néphrite parenchymateuse.

Vessie saine. Utcrus et annexes , revenus à leur état normal. Encéphale légèrement congestionné.

Observation VIII (du Dr Lomen.de Hambourg).

Cenlrallblatt fur gynœcologie, n°48, p. 826, vol. 13. année 1889.

Le cas suivant a été observé par moi, grâce à l’amabilité du Dr Storch.

E..., non mariée, âgée de 22 ans, n’a jamais été malade et ne se souvient nullement d’avoir eu la rougeole pendant son enfance. Elle devient enceinte pour la première fois vers la fin d’octobre 1887: elle attendait ses couches pour le mois de juillet 1888 : le faubourg de Saint-Paul qu’elle habitait fut sur ces entrefaites le siège d’une épidémie de rougeole très intense ; le 7 juin, elle est atteinte de frissons très intenses, de toux, de dysphagie : sensation de brûlure aux yeux, diarrhée. Le 8 juin, à 4 heures, les douleurs commencent et à 11 heures du soir elle accouche normalement d’un enfant vigoureux, lorsque le Dr Storch visita le lendemain, à 9 heures du matin, cette femme, il trouva sur son corps et sur celui de l’enfant, un exanthème rubéolique caractéristique, celui-ci était encore visible le 11, quand je iis ma première visite, très net sur la mère, il consistait chez l’enfant surtout en taches sombres assez visibles sur la face et sur la poitrine. La nouvelle accouchée fut atteinte le cinquième jour de ses couches d’une broncho-pneumonie qui la tint longtemps au lit. L’enfant mourut d’une diarrhée dans le cours de la quatrième semaine de son existence, cela est dû probablement à ce qu’il était né avant terme et qu’il n’a pas été soigné suffisamment (enfant illégitime).

Observation IX (d’Angus Mac Donald).

0 Obstétrical Transactions of Edinburgh, vol. X, 188b, p. 22).

Madame V..., 26 ans, primipare, habitant Edimbourg et attendant la fin de sa grossesse vers le 27 juin 1884, a le malheur de voir la rougeole éclater dans la maison où elle habite vers le mois de mai. Le malade est veillé assidûment par madame V..., pendant trois jours; cette dame ne se souvient pas d’avoir jamais eu la rougeole. Elle quitte ensuite son appartement et va habiter dans un autre quartier.

Le b juin. — Deux jours après en déménagement douleurs dans la gorge, coryza; peu après éruption morbilleuse. Le malin T. 99,6 F. le soir 102 F..

6 juin. — Le rasch rubéolique s’est répandu sur tout le corps, toux légère. T. comme le premier jour, durant la nuit quelques douleurs dans les reins.

7 juin. — A la visitedu malincol delà matrice dilaté: ouverture de l’orifice externe delà grosseur d’une pièce de2 francs, la tête de l’enfant appuie dessus : poche des eaux, plate en dessous de celte tête. T. 99,6 F. le matin et 100, 2 F. le soir. Pendant la nuit le travail s’établit complètement.

8 juin. — A 5 heures du malin, la malade accouche d’un enfant vigoureux du sexe féminin. Pendant la délivrance, sensation de faiblesse très marquée. Pouls rapide et mou, hémorrhagie post-partum assez abondante, qu’on arrête par une injection d’ergotine avant l’extraction du placenta et par l’excitation manuelle des parois utérines. Peu après la température tomba au-dessous de la normale, on administre des spiritueux à la

— kl —

malade pour combattre les symptômes de faiblesse et la ten dance aux lypothymies, T. soir le 100,2 F.

Depuis ce jour convalescence, la température ne s’est jamais à partir de ce moment élevée, au-dessus de 100°, lactation comme d’habitude, aucune complication.

R. à la fin de la première semaine le nouveau-né présenta un érythème qui pouvait bien être de nature morbillcuse, mais qui ne s’accompagne ni d’élévation delà température, ni d’accélération du pouls.

Observation X (de Simmons).

D’Ithaca, Etats-Unis, New-York médical journal, 1885, vol. 42, p. 27.

La malade s’était plainte le 20 mars 1885 de maux de tête, de dysphagie; le lendemain elle se mit à tousser, le soir commence le travail qui se continue pendant toute la nuit. Je vois la malade pour la première fois le 22 mars, le ventre est flasque, et les douleurs ont à peu près disparues. La conjonctive, le palais, la gorge sont rouges, elle tousse un peu. Les douleurs reprennent à 6 heures du soir et l’enfant est expulsé à 1 heure 30 du matin, l’accouchement fut tout à fait normal : 7 heures après le rash rubeoliforme apparaît sur la face et sur le cou : Un peu de délire. P. 128. T. 104° F.

Je suis obligé de pratiquer le cathétérisme de la vessie jusqu’au 3 avril, car il n’y avait ni désir ni pouvoir d’uriner, la quantité moyenne d’urine par jour est une pinte: pas d’albuminurie. Le 24 mars, T. 100° F. et P. 108; langue humide, la malade a passé une très bonne nuit, mais il y a eu un peu de subdélirium; l’éruption rubéolique couvre tout le corps. Toux intense comme dans les fortes bronchites, intestins un peu douloureux, bien que la pression abdominale soit bien supportée,

lochies normales la nuit suivante. P. 1 00. F. T. 1 01 . Pas de tympanitc le 27 mars. T. 100. P. 120 ; le ventre n’est pas sensible, mais il y a des douleurs de reins et les lochies sentent mauvais : leur quantité, du reste, est normale. Seins pleins de lait, le soir T. 99 F. P. 100, selle abondante. Depuis ce moment convalescence. Elle peut se lever le seizième jour de sa maladie.

R. il y avait à ce moment une violente épidémie de rougeole dans la ville, et il y avait eu un cas de cette maladie dans la maison de ma cliente quelques jours auparavant. Sachant que celte femme n’avait jamais eu la rougeole je lui conseillais de s’éloigner, ce qu’elle ne fil pas.

Le 29, le nouveau-né a un peu toussé, et le 30 il a eu un érythème léger, qui n’a pas lardé à disparaîlre. Depuis il se porte bien.

Observation XI (de Schramm).

Voir Cenlrallblatt fur gynœcologie, 1888, page 796.

J. R..., 22 ans, d'une constitution vigoureuse: elle a dormi au huitième mois de sa grossesse dans une chambre où se trouvait un petit malade atteint de rougeole. Le 27 mai 1888, elle présente les phénomènes suivants: Toux, photophobie, céphalalgie, douleurs lombaires. Le lendemain, éruption rubéolique particulièrement intense au visage, et qui envahit rapidement tout le corps. Toux aboyante, dyspnée, sténose commençante du larynx, rougeurs marbrées dans le gosier, photophobie conjonctivale. Le 1er juin, au moment deson admission à la Maternité (de Dresde). T. 38°, 4, mais le lendemain la température est redevenue normale, dyspnée encore augmentée : l’érythème morbilleux est à son apogée : dans l’après-midi douleurs qui croissent sous l’influence d’injections vaginales, mais elles n’arrivent pas

à chasser la tête dans l’excavation, on abandonne les douleurs à elles-mêmes, respiration très gênée à cause de la sténose du larynx : la nuit l’accouchement ne faisant pas de progrès, on recourt au forceps et on retire un enfant débile, qui respire mal, respiration artificielle, néanmoins il succombe au bout de deux heures: sa peau est parfaitement normale. Pendant les premiers jours des suites de couches, état de la malade peu satisfaisant : lochies sanglantes très abondantes, sueurs très marquées, mais la dyspnée diminue. T. 38°, 5, l’exanthème pâlit: la température reste fébrile et se maintient à 38°, 5, elle atteint même 40*, S le 15 juin : otite moyenne purulente à droite : perforation du tympan de ce côté, l’emploi de l’antipyrine ramène peu à peu la température au chiffre normal.

Le 29 juin, la malade peut quitter le lit.

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