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La muqueuse buccale et gingivale participe à cette inflammation ; elle est le siège d’une rougeur plus ou moins intense, s’accompagnant parfois de plaques blanchâtres dues à l’épithélium nécrosé et qu’il faut se garder de prendre pour des fausses membranes.
Les symptômes indiqués par le malade sont peu marqués : pas de douleur de gorge proprement dite, mais une sensation d’ardeur et de picotement, sans dysphagie. Ils suivent d’ailleurs la marche de l’énanthème, et, comme celui-ci s’éteint déjà au moment où l’éruption cutanée se montre, ils sont de courte durée, à moins qu’une angine se montre. Mais celle-ci est déjà un phénomène surajouté, un accident infectieux secondaire.. Son caractère, sa durée, l’éloignent de l’efflorescence cyclique de la rougeole proprement dite.
Les phénomènes buccopharyngés observés étant des manifestations de l’éruption, nous devons leur retrouver les caractères d 'éruption plus avancée , par rapport à l’efflorescence cutanée. En effet, au moment où les premières taches se montrent sur la face —début de l’éruption cutanée, — ou quand l’éruption cutanée est dans son plein, on peut se convaincre que celle de la bouche et du pharynx est moins saillante et plus terne (Sanné) et qu’elle n’existe plus quand la première commence à décliner. Voilà ce qu’on observe quand l’éruption des muqueuses est pure, c’est-à-dire quand les micro-organismes de la bouche et du pharynx n’entrent pas en scène pour en modifier le tableau.
SYMPTOMATOLOGIE. 35
Larynx et Bronches. — L’existence d’une érup- Lon' morbilleuse sur le larynx et sur les bronches est suffisamment légitimée par les phénomènes laryngo-bronchiques que présentent les malades et par la date d’apparition et la durée de ceux-ci.
« C’est une toux assez vive, quelquefois assez rauque, d autres fois très violente et très pénible » Trousseau). Elle simule parfois la toux’ferme des hystériques; elle est sonore, sèche, et revient par quintes. Dans certains cas elle provoque chez les enfants prédisposés des accès de laryngite stridu leuse. C’est un point qu’il ne faut pas perdre de vue car il arrive assez souvent que la laryngite morbilleuse sous cette forme est le premier symptôme de la fièvre éruptive, en l’absence même du catarrhe oculo-nasal.
L’expectoration qui l’accompagne est formée au début d un mucus visqueux; la voix du malade est voilée ou discordante.
Dans quelques cas exceptionnels, qui, je crois, doivent être considérés comme des cas très iée-ers mais purs de laryngite morbilleuse, ces phénomènes laryngés vont s’atténuant pendant l’éruption suivant en cela la marche cyclique de celleci. Dans d’autres, au contraire, ils persistent et s aggravent, et l’on se trouve en présence, non plus de laryngite morbilleuse proprement dite, mais des laryngites chez les morhilleux.
La toux et un certain degré de dyspnée, d’anxiété même, doivent également faire songer à la possibilité d’une localisation bronchique del’érup-
tion. Ici plus encore on en est réduit aux hypothèses sur la façon dont la lésion est constituée'. A ce moment Xauscultation des malades reste négative, à part quelques râles sibilants et la toux irritative douloureuse que l’on provoque en pressant du doigt sur la trachée (Henoch). Anatomiquement nous né savons ni de quelle façon ni jusqu’où la rougeole frappe la muqueuse bronchique.
Ces phénomènes laryngo-bronchiques appartiennent au début. Ils sont contemporains de la conjonctivite et du coryza. Cliniquement, si on peut dire qu’ils précèdent l’éruption, théoriquement et dans une description didactique ils en sont les premières maniféstations.
A l’examen laryngoscopique, on peut constater que les cordes vocales et l’épiglotte sont rouges et gonflées (Henoch), qu’il existe une inflammation catarrhale de la muqueuse, caractérisée par de la rougeur et du gonflement (Stoffeld, Smolder, Tobold 1 ) et dans certaines circonstances une véritable éruption rubéolique (Gerhardt).
Coyne, qui a fait des laryngites rubéoliques une étude consciencieuse, la décrit sous le nom de laryngite érythémateuse.
En dehors de toute complication extérieure à la rougeole, le catarrhe broncho-pulmonaire, qui a persisté ou augmenté pendant la période d’éruption cutanée, survit encore à celle-ci durant un temps plus ou moins long. La chute de la tempé-