Cités par Coyne
SYMPTOMATOLOGIE.
rature à son époque classique montre bien dans ces cas qu’il s’agit non pas d’une infection broncho-pulmonaire surajoutée, mais bien des restes de l’éruption bronchique.
Le catarrhe rubéolique est capable à un moment de devenir menaçant par lui seul et de provoquer la mort. Une éruption violente ou confluente de la rougeole sur les muqueuses bronchiques et pulmonaires peut réaliser le tableau de la bronchite suffocante S contemporaine du début de l’éruption.
Si l’on suit cliniquement la marche de l’éruption laryngo-bronchique, on'voit qu’au moment de l’éruption cutanée, les symptômes par lesquels elle se manifeste traduisent cet état exsudatif et desquamatif de la muqueuse ; ce qui fait dire à tort que le catarrhe augmente. En réalité, pour employer un vieux terme, c’est la période de coction qui se fait jour, en retard, comme il est de règle, sur la période de crudité (éruption).
Les caractères de la toux et de la voix persistent. L’auscultation de la poitrine est moins muette qu’au début. Au lieu des quelques râles sibilants, que nous mentionnions tout à l’heure, on entend des râles fins, disséminés, sous-crépitarits. Ceux-ci n’ont rien d’inquiétant, si l’on se rappelle qu’en clinique un symptôme ne vaut que par ceux qui l’accompagnent. Les râles, en effet, ne s’accompagnent ni de dyspnée avec battement des ailes du nez, ni des élévations de la température et du
l. Voyez les formes cliniques.
pouls, ni de l’agitation et de l’angoisse qui caractérisent la broncho-pneunomie.
Tous les symptômes gardent au contraire leur valeur morbide réciproque : l’éruption cutanée reste franche et de bon aloi, la maladie conserve son expression univoque.
L’expectoration, elle aussi, s’est modifiée : le mucus transparent et filant du début a fait place à des crachats épais, opaques, d’un jaune verdâtre, déchiquetés, nageant dans un mucus transparent et Huide : on a reconnu les crachats nummulaires qui pourraient en imposer et faire songer à la tuberculose dans une maladie après laquelle elle se montre si souvent.
L’expectoration peut manquer chez les très jeunes enfants, qui, comme on sait, avalent leurs crachats.
Ces symptômes survivent au stade qui correspond à l’éruption cutanée, et se continuent pendant quelques jours après que celle-ci est éteinte.
Quant aux symptômes laryngés proprement dits, ils survivent également à cette éruption, et, comme les précédents, s’atténuent et disparaissent quelques jours après elle.
Nous verrons ailleurs les suites possibles de l’un et l’autre de ces accidents.
Oreille. — La muqueuse auditive peut, elle aussi, se prendre en même temps que le pharynx. Le
maladeaccuse quelques bourdonnements d’oreilles,
un peu de surdité, accompagnés de quelques douleurs ou spontanées ou provoquées par la dégluti-
SYMPTOMATOLOGIE.
tion. Ces troubles disparaissent quand pâlit l’éruption pharyngée, à moins que la lésion n’ait été le point d’appel pour des complications d’un autre ordre.
Enanthème digestif. — On n’est pas d’accord sur l'existence ou non de l’exanthème digestif. Cependant Trousseau signale comme un phénomène constant chez les enfants une diarrhée, quelquefois très abondante, apparaissant le jour même de l’éruption cutanée et qu’il regarde même comme favorable 1 . Les malades rendent par jour dix à quinze selles séreuses, glaireuses même et sanglantes ; ce phénomène dure un jour ou deux et s’éteint. Cette diarrhée, dans l’hypothèse de l’énanthème digestif, peut être comparée aux sécrétions des voies aériennes, consécutives au catarrhe spécifique. Elle n’existerait pas chez l’adulte.
D’autres fois, l’éruption interne semble se localiser plus spécialement sur le gros intestin, donnant lieu à des phénomènes dysentériformes dus à une côlite spécifique 2 .
Henoch signale également au début de cette même période des nausées et des vomissements. Pour lui, l’apparition de la diarrhée mérite toujours considération.
M. d’Espine, au contraire, n’y voit qu’une complication, due soit aux préparations antimoniales, soit aux écarts de régime.