HISTORIQUE
Origines et dates d’apparition de la rougeole en Europe. — Confusion avec la variole et avec la scarlatine. — Rhazès la distingue, au ix e siècle, de la variple ; Sydenham, au xvin e , de la scarlatine. — Époque moderne : travaux sur la contagion, sur l’épidémiologie, sur la prophylaxie. — Recherches bactériologiques.
Historique.
La rougeole paraît bien être une maladie importée en Europe, et venant d’Orient ou d’Afrique. Cependant quelques auteurs, — Willan entre autres, — ont aussi retrouvé dans les anciens auteurs grecs et latins des descriptions pouvant se rapporter à cette maladie. Mais il semble résulter des recherches historiques de Gruner qu’elle fut introduite en Europe et enJFrance vers le vu 0 ou le viii 6 siècle de notre ère, et qu’elle fut contemporaine, avec la variole, de l’invasion des Sarrasins.
De là elle aurait été importée en Amérique beaucoup plus tard, vers 1518 (Rayer 1 ).
Pendant toute la durée du moyen âge et jusqu’au xvii 0 siècle, elle fut confondue avec la variole, et avee la scarlatine, et l’on chercha dans telle ou telle condition épidémique la raison pour laquelle elle prenait tantôt l’aspect de la rougeole, tantôt celui de la variole (Sennert).
Les premières mentions écrites que nous en ayons, très confuses encore, nous viennent des médecins arabes.Rhazès, qui vivait au ix°siècle, en a laissé une description, où il semble la séparer de la variole, puisqu’il donne à la rougeole un nom spécial —Hhasbah ; mais cette distinction est encore bien obscure.
Au x B siècle Avicenne, au xi° siècle Constantin l’Africain, s’en occupèrent. Ce dernier lui donna le nom de morbillosi, qu’elle conserva parla suite.
Les épidémies du xvm e siècle provoquèrent des travaux importants. Huxham (épidémie de 1745) observa et consigna les troubles intestinaux, la gangrène de la bouche. Morton, qui observa les mêmes épidémies que Sydenham, en 1760 et 1764, confond encore la rougeole avec la scarlatine, et établit entre ces deux maladies le même rapport qu’entre la varioloïde et la variole.
C’est à Sydenham qu’on doit la distinction, pour la première fois nettement faite, entre la rougeole, la variole et la scarlatine. Les épidémies de Londres