MALADIES AIGUES
L’évolution de la rougeole semble peu influencée par l’existence antérieure ou contemporaine d’une pyrexie ou d’une fièvre éruptive. Si l’on fait abstraction d’ailleurs des érythèmes infectieux à forme rubéolique avec lesquels on l’a sûrement confondue, on conviendra que la rougeole dans ces circonstances prête plus à des considérations de diagnostic pur qu’à des descriptions didactiques.
Quoi qu’il en soit, il faut l’étudier dans la fièvre typhoïde, dans la scarlatine, dans la variole, dans la varicelle, dans la diphtérie. Nous dirons un mot de la rougeole qui survient dans le cours de la tuberculose, de la pneumonie, et de la coqueluche
1. 11 est bien entendu qu’il ne s'agit ici que de la rougeole secondaire à ces maladies, c’est-à-dire de la rougeole se développant en même temps qu’elles ou après elles. A un autre point de vue, le rapport de celles-ci avec la rougeole sera étudié à l’occasion des complications, c’est-à-dire lorsque ces maladies surviendront après la rougeole, à titre de complication ou à titre d’infections secondaires. Il y a là deux points
de la rougeole.
j.La coïncidence de la fièvre typhoïde et de la
rougeole est rare, elle ne se rencontre guère que dans les hôpitaux d’enfants. Henoch, Rilliet et Barthez, Bergeron en ont cité des exemples; elle suppose naturellement une contagion dans le cours ou dans la convalescence de la dothiénentérie, contagion qui se trouve parfois réalisée à l’hôpital, ainsi que nous venons de le voir. Presque toujours c’est la rougeole qui succède à la fièvre typhoïde, et dans ces circonstances elle affecte habituellement une allure plus ou moins sévère ; mais il n’y a aucune règle fixe à ce sujet. En tout cas, la durée des périodes entre elles et la marche habituelle de la fièvre éruptive ne paraissent pas en être modifiées. Le pronostic est intimement lié au cas particulier qu’on a sous les yeux, tantôt bénin, tantôt grave, bien que la marche de la rougeole ait paru très grave dans la majorité des cas.
Mais il y aurait peut-être lieu de faire des réserves sur certains cas publiés, caria rougeole, dans ces circonstances, peut être confondue avec les érythèmes morbilliformes qui se montrent dans le cours de la dothiénentérie, plus spécialement après le deuxième septénaire, et qui ont été décrits en particulier chez les enfants par MM. Hutinel et Martin de Gimard.
Ces érythèmes, qui surviennent comme des manifestations infectieuses secondaires, revêtent
de vue de la question : par exemple, rougeole survenant chez les tuberculeux, ou, au contraire, tuberculose consécutive à la rougeole.
rougeole secondaire.
letype scarlatiniforme etpurpurique, mais peuvent aussi être morbilliformes.
L’éruption dans ses caractères objectifs est celle de la rougeole, mais son siège diffère. Au lieu de débuter par la face et par le cou, elle se montre d’abord sur les mains, sur les avant-bras, sur les coudes, sur les genoux, sur les jambes et sur les fesses. Elle occupe, surtout aux membres supérieurs, les mains et les poignets, sauf sur la face palmaire. Les taches sont plus discrètes sur les bras. Les deux membres supérieurs sont parfois pris symétriquement. La face en est rarement le siège : si elle est envahie, l’éruption se voit surtout sur les paupières et autour de la bouche. Sur le tronc et sur les membres on observe souvent un exanthème scarlatiniforme. La partie centrale des taches, papuleuse, se recouvre très exceptionnellement d’une vésico-pustule. L’éruption non prurigineuse dure quatre à cinq jours, et se termine parfois par urte véritable desquamation.
Cet érythème coexiste avec des ulcérations des lèvres, de la bouche, et du pharynx, et avec des symptômes de septicémie qui n’ont rien de commun avec la physionomie habituelle de la rougeole.
Des éruptions du même genre ont été observéeset décrites chez les adultes par bon nombre d’observateurs. M. L$vy aréuni, danssa thèse, àdes observations personnelles celles qui avaient été publiées avant lui 1 . Voici les caractères qu’il leur attribue :