‹ La Roumanie et les JuifsChapitre 36 sur 68 · Enseignement supérieur · texte numérisé non relu

Enseignement supérieur

Étudiants juifs de l'Université de Bucarest 370

Étudiants juifs de l'Université de lassj' 122

Depuis leur fondation les Universités roumaines ont conféré à des Juifs: 6 diplômes de licencié en droit, 1 diplôme de licencié es lettres, 1 diplôme de licencié es sciences, 6 diplômes de licencié en médecine, 177 diplômes de docteur en médecine (dont 7 en 1902) et 73 diplômes de licencié en pharmacie.

On voit, enfin, la loi sur l'organisation des métiers figurer sur cette liste en caractères gras, sous le titre suivant:

Mars 1902. Loi prohibant remploi des ouvriers juifs dans toutes les professions et tous les commerces.

•J'attire en particulier l'attention du public sur la manière dont le Bulletin mentionne l'article 36 de cette loi. Cet article exclue, dit-elle, les Juifs des écoles spéciales (entretenues par les corporations).

Or, que dit l'article 56 de la loi des métiers:

„Art. 56. Les corporations sont obligées, dans la „limite des moyens dont elles pourront disposer: „ . . . 3. De fonder ou de subventionner des écoles „ spéciales et d'adultes.

„Dans ces écoles, le nombre des élèves ,,roumainssera, en tous cas, de trois quarts „au moins^)."

Est-il ici question de l'exclusion des Juifs des écoles spéciales? Nullement: il y est dit que les trois quarts des places sont réservés aux nationaux. Il me semble (qu'entre restreindre un élément étranger for-

') V. la brochure du Ministèie des L)oniaine.s dont il est fait mention ;i note du bas de la i)age 224.

mant, dans la partie du pays où il est le plus nombreux, environ llo'o de la population, au quart des places disponibles dans certaines écoles et l'exclure complètement de ces écoles, la différence est grande.

L'intention d'employer tous les moyens possil)les pour discréditer le pays, de n'épargner à cet effet ni la calomnie, ni le mensonge, ressort clairement du long article sur les finances roumaines qui remplit le 2-me numéro du Jiidlctin en entier. 11 est intitulé: Les Finances roumaines. Chiffres et faits à l'usage des détenteurs de papiers roumains ^). La mauvaise foi la plus insigne a présidé à la confection de cet exposé.

Tous les faits défavorables sont vigoureusement mis en lumière et exagérés, on y fait grand usage de citations tronquées et on laisse soigneusem ô

tout fait, tout chiffre à l'avantage du pays.

Tout le monde sait que, depuis 1899, les Chambres roumaines ont voté une quinzaine de nouveaux impôts ou d'augmentations d'impôts tant directs qu'indirects: personne n'ignore que M. Stourdza a fait pour 25 millions d'économies au budget de 19Ut— 1002 et pourtant, le Bulletin n'hésite pas à imprimer les lignes suis'^antes :

„La nécessité a fait opérer une réduction dans „le nombre des fonctionnaires, ce qui a produit une „économie de 8^/2 millions de francs : un impôt de 5 pour ,,centàété mis sur tous les salaires. Ce sont les seules „mesures rationnelles prises pour rasseoir les fiiiauces „sur une base solide".

J'engage les personnes désirant'se mettre au courant du véritable état des finances roumaines et contrôler^ par elles-mêmes les allégations du Bulletin., à se procurer le lumineux exposé du Baron de Brackel ^).

A l'opposé de ce qui se fait au Bulletin, tous les éléments de la question sont exposés, on n'en cache aucun. Le lec^teur, après en avoir pris connaissance, pourra* se convaincre de la confiance que méritent les affirmations du Bulletin.

Je signale, dans le quatrième numéro (5 Décembre l!M)2i, la perle suivante, extraite de l'article intitulé:

') Ce pamphlet, traduit en allemand, a été répandu à un grrnd nombre d'exemplaires en Alleniag-ne et en Avitricbe sous le litre de: Zahlen und lliatsachen fur die Besitzer rmminischer Werthe.

') Rumàniens Staats-Kredit in detUscher Beîeuchtunrf. Kine ûna.n/.politische Studie von l)-u. l'^RiiiiiERK v. Hh.^'KEL. Munich. 1902.

Une plainte amirc des Juifs mis hors la loi. Notes d'une récente mission en Bounmnie.

„Tuer un Juif n'est pas un meurtre car on ae- „corde toujours, dans ce cas, au criminel des circon- „stances atténuantes et la peine la plus grave qui soit «prononcée en pareil cas, même quand le crime est „aggravé par le vol, est une amende (que la famille „du prisonnier n'ose pas faire exécuter) et un terme «d'emprisonnement purement platonique. La police n'ac- „corde sa protection contre les malfaiteurs que si sa bonne «volonté a été préalablement obtenue par un cadeau."

«D'après une opinion bien accréditée le meilleur mo- ,.yen d'obtenir un avancement rapide dans la police est «de donner des preuves de l'activité déployée pour „persécuter et maltraiter les Juifs."

Ces inventions sont trop grossières pour qu'on leur fasse l'honneur d'y répondre. Les étrangers ajdnt habité quelque temps le pays ne manqueront certes pas de réduire, par leurs témoignages, ces calomnies à néant. ^fuTfflans'^iu Pendant ce temps, la presse allemande à la dévo-

aiiemamie. tlou dcs Julfs, dc SOU côté, uc mauqualt pas une occasion pour frapper sur le crédit de la Roumanie. Elle mettait au Gouvernement roumain ouvertementle marché à la main : il accorderait aux Juifs l'égalité civile et poh tique ou il n'effectuerait pas la conversion de l'onéreux emprunt de 1899.

Pour les détaits de cette polémique, je renvoie à la brochure de M. de Brackel, on y trouvera de longs et intéressants extraits du BcrJiner Tagchlatt, du VorivCirts, de \ci Berline r Zeitum/, de la Breslauer Morgenzeitung ^) qui, comme malveillance et manque de bonner foi, ont peu de chose à envier au Btdletin.

^pi&n'd1'"a Le règlement pour la mise en application de la loi

loi des métiers, gyp l'organisatiou des métiers fut décrété le 17/30 Août 1902.

Jl précisait les dispositions de l'article 4 de la loi dans le sens des déclarations faites, dès le début, par le Gouvernement roumain. Le cinquième paragraphe de l'art. 6 de ce règlement est conçu en, ces termes:

«Ceux qui. n'appartenant pas à un Etat étranger, „sont soumis à la protection roumaine, ne sont pas «obligés de faire la preuve de la réciprocité ni de de- «mander l'autorisation de la Chambre des Métiers" ^).

•) Ibiil., p. 18 à 41.

■^1 V. La brochure des Ministère de.s Domaines mentionnée l)lus liant.

C'était couper complètement le terrain aux inventions et aux récriminations; des .Juifs. Ils ne désarmt'rent pourtant pas, le IhdJetin continua à imprimer que la loi des métiers ferme aux Juifs toutes les professions et tous les négoces.

La mauvaise foi de la campagne qu'ils avaient menée contre le pays ressort très-bien d'un article de la Cronica Israclitâ sur le règlement de la loi des métiers, signé Ben Jehuda. Cet article se plaint de ce que par l'expression : étrangers soumis à la protection roumaine, on n'a conféré aux Juifs aucun droit et qu'ils continueront à être, comme par le passé, des étrangers dans toute la force du terme. Si on avait prévu des droits pour cette catégorie d'habitants du pays et si on les avait bien définis, il y aurait eu quelque chose de gagné ').

Le voilà donc le secret de cette campagne ! Les Juifs mettaient l'Europe en émoi, non parce qu'on leur avait ravi des droits et mis leur existence en danger, mais l^ien parce qu'on ne leur avait pas concédé des droits nouveaux.

La surprise fut bien vive en Europe quand on apprit, au mois de Septembre de l'année passée, que le Gouvernement des États-Unis avait adressé aux puissances signataires du Traité de Berlin, une note relative à la situation des Juifs en Roumanie.

Voici le résumé de cette note d'après l' Associated Press de New-York : ^)

„Le Sous-Secrétaire d'État, M. Haye, a envoyé une „note identique aux représentants diplomatiques des ,. Etats-L'nis auprès de toutes les puissances signataires ,,du Traité de, Berlin de 1878, qui a donné l'indépen- „dance(?) aux États des Balkans et aux termes duquel il „ne doit plus y avois aucune différence entre les ,.hal)itants de la Roumanie à cause de leurs confes- ..sions.

„La note des États-Unis dit que bien que cet Etat „n"ait pas signé le traité, il se voit pourtant obligé de „ prier les puissances d'insister sur l'observation de la „liberté rehgieuse proclamée par cet instrument, la „ Roumanie n'ayant pas accédé à la demande de faire „cesser le mauvais état de choses qui a forcé tant de ..Juifs à émiser er.

Page 1