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L4 DOBROUDJA

On se rappelle qu’au Congrès de Berlin, la Roumanie avait fait valoir ses droits à conserver la Bessarabie par l’organe autorisé de M. Jean Bratiano. Ses revendications n’ayant pas prévalu, le Congrès, malgré l'avis de quelques uns de scs membres, maintint la rétrocession.

On accorda donc pour récompenser la valeur déployée par les Roumains au siège de Plewna, le succès dû à leur intervention, pour toute indemnité de guerre, les marais de la Dobroudja.

Ici encore la France intervint d’une façon heureuse, mais insuffisante, car l'un de ses représentants au Congrès, M. W addington, obtint en faveur de la Roumanie deux mille kilomètres carrés de plus que le nombre proposé, ce qui porte l’étendue de la province à 13.570 kilomètres carrés.

La Dobroudja était connue dans l’antiquité sous le nom de Scythia minor. Les villes dont on a parlé dans l’histoire étaient Odessos, Istropolis et

Tomi, célèbre parce que Ovide y passa son temps d’exil.

Le territoire est traversé par les Bouches du Danube, qui servent de frontière entre la Russie et la Roumanie. La Dobroudja longe la Mer Noire sur un littoral de 220 kilomètres, de la Bessarabie au nord, à la Bulgarie au sud. Les marécages s’étendant au bord de la mer étant parfois impénétrables, on n’a pas jugé nécessaire de fortifier ni de défendre les côtes.

Les turcs qui peuplaient cette province sont devenus roumains lors de l’annexion. Ils jouissent des droits civiques et des privilèges des Roumains. Des institutions scolaires ont été établies pour leur avantage, et leurs mosquées sont entretenues par l’Etat, d’après la Constitution qui reconnaît la liberté du culte.

Il est à remarquer que la Dobroudja, malgré les droits qui ont été accordés à ses sujets de pouvoir participer à toutes les fonctions accessibles aux Roumains, n’a pas encore nommé de membre représentatif au Parlement.

C’est dans la Dobroudja que se trouvent les ports de Constantza et de Mangalia, et maintenant que le pont de Cernavoda facilite les communications, l’importance commerciale de la Dobroudja ne pourra que se développer. Elle a des voies toutes préparées dans l’exploitation de ses carrières de

marbre et de granit, et dans l’élevage des montons. Ceux-ci, qui paissent sur les pâturages salants des bords de la mer, fournissent une viande de boucherie fort recherchée.

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