‹ La route du Mississippi [microforme]Chapitre 8 sur 12 · L-contestés · texte numérisé non relu

L-contestés

yage de 1673, !

eux légendes xploration, en

t, pp. 20 et 101, KXXIIT, p.556.

1669, du cours de l'Ohio (1). Elles indiquent la direction de la route suivie mais elles n’en donnent pas le terminus, ce qui laisse le champ ouvert aux hypothèses.

M. Parkman décrit une autre carte sans date et sans nom d'auteur. De ce qu’elle donne au fort de Cataraconi le nom

. de Frontenac, elle est postérieure à 1672 ; de ce qu’elle donne

au Mississipi le nom de Colbert, elle ne peut être antérieure à 1674. M. Parkman pense que cette carte est de Cavelier de La Salle (2). M. Harrisse dit au contraire : « Si celle que pos- » sède M. Parkman est du même cartographe que la section » que nous avons trouvée (les noms et les légendes sont en » tout semblables dans les deux), la carte est l’œuvre de » Louis dolliet lui-même, car la section que nous avons devant » nous est tracée de sa main (3). »

Malgré la réserve de M. Harrisse, il est clair que la carte de M. Parkman est l’œuvre de Louis dolliet et qu'elle ne prouve rien contre Cavelier de La Salle. L'erreur de mon savant et judicieux ani est d'autant plus regrettable qu’elle a été la cause déterminante de ses doutes sur le résultat final du second voyage de Cavelier de La Salle.

La Salle aussi a fait des cartes, mais, hélas! on ne saurait les retrouver.

Madeleine Cavelier, veuve Le Forestier, nièce de l’explorateur, les a confiées avec d’autres pièces, le 21 février 1756, sur la demande de M. de Silhouette, aux commissaires de France et d'Angleterre chargés de discuter les limites de nos pos-

(1) Carte de la découverte du Sr Jolliet où l’on voit la communication du fleuve $S. Laurens avec les Lacs Frontenac, Erié, Lac des Hurons, et Illinois. (Bibl. du Dépôt des Cartes de la Marine. Amer. Sept., Canada, n° 32. — La même carte avec quelques variantes, Ibid., n° 44. — M H. HARRISSE, 0p. cit., p. 194.)

(2) M. ParkMAN, The discovery ofthe Great West, pp. 406, 407.

(3) M. HARRISSE, op. cit., p. 197.

sessions américaines. Elle disait dans sa lettre d'envoi: « Il y

» a des cartes, que j'ai jointe à ces papiers, qui doivent

» prouver que, en 1675, M. de La Salle avet déjà fet deux » voyages en ces découverte, puisqu'il y avet une carte, que » je vous envoye, par laquelle il est fait mention de l’androit » auquel M. de La Salle aborda près le fleuve de Mississipi, » — un autre androit qu’il nomme le fleuve Colbert; en un » autre, il prans possession de ce pais au nom du Roy et fait » planter une crois (1) ».

Ces précieux documents, qui prouvaient la priorité de Cavelier de La Salle à la découverte du Mississipi, sont perdus. perdus en admettant que des diplomates peuvent perdre un dossier confié bénévolement à leur délicatesse pour la défense de grands intérêts nationaux.

Les piéces de l'enquête ou du procès du capitaine de Beaujeu, qui devraient se trouver dans les archives du port de Brest, sont aussi perdues (2).

On ne retrouve pas non plus la Relation des découvertes el des voyages du S' de La Salle, seigneur et gouverneur du fort de Frontenac, au-delà des Grands Lacs de la Nouvelle France, faile par ordre de M® de Colbert, en 1679, 1680 et 1681, portant le n° 4 de la boîte 64 aux archives du Ministère de la Marine. C'était l’une des pièces les plus importantes du dossier de Cavelier de La Salle (3).

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(1) M. P. MarGry, Les Normands dans les vallées de l'Ohio et dn Mississipi. (Journal de l’Instruction publique, n° du 80 août 1862.)

(2) Lettre du 14 juillet 1869 de M. le contre-amiral Simon. Toutes les recherches que cet officier général a eu la bonté de faire faire pour moi n'ont donné aucun résultat. Voir Découvertes et Etablissements de Cavelier de la Salle, pp. 286-89,

(3) M. H. HARRISSE, 0p. cit, p. xxIV, note 1.

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Salle et des pays qu'il a découverts depuis la Nouvelle France jusqu'au Golfe Mexique les années 1679, 80, 81 et 82, par Jean-Baptiste-Louis Franquelin, l'an 1684. Paris, qui était au Dépôt de la Marine, à Paris, boîte 26 b, n° 2, est égarée. On ne peut plus en parler que sur les descriptions de Raymond Thomassy et de M. Parkman (1).

Qu'a-ton fait du Premier établissement de la foy dans la Nouvelle France? M. Harrisse dit que les Jésuites en ont vainement sollicité la destruction. Jde ne contredis pas. Cependant il n’en reste plus que trois ou quatre exemplaires.

Les pièces qui sont encore au Ministère de la Marine étaient classées dans le dossier du général de La Salle, où l’on ne devait certainement pas les chercher, où elles moisiraient peut-être encore ignorées sans les persistantes investigations de Thomassy.

Est-ce le hasard qui a fait tout cela ? Soit. Mais je dis qu'un hasard qui a mis tant d'intelligence et de soin à étouffer la mémoire de Cavelier de Ia Salle me permettra de tenir pour preuves certaines les moindres épaves échappées à sa fournaise. J'admets donc comme exacts les récits de l’ami de Galinée ainsi que les affirmations de Madeleine Cavelier.

Les PP. Jésuites et leurs partisans fondent surtout leurs prétentions sur le silence que La Salle aurait gardé, en Canada, devant les discours de Louis dolliet, et sur une lettre écrite à Colbert, par Frontenac, le 14 novembre 1674.

Est-il bien sûr que La Salle n’a pas protesté en Canada et que ses protestations n’ont pas eu le sort de ses autres pièces ?

Quant à des protestations verbales, où pouvaient-elles se produire avec chance d’être recueillies? — En Canada? — Jamais ! La Salle n’avait-il pas là pour ennemis implacables Duchesneau, La Chesnaye, Le Ber, Louis Jolliet, Le Moyne,

(1) M. H, HaARRISSE, 0p. cit., p. 201.

la masse des trafiquants, les PP. Jésuites qui, ayant un pied dans toutes les familles, une oreille sur toutes les consciences, régnaient despotiquement sur la colonie (1) ? M. l'abbé Tailhan ne se rappelait pas cette puissante coterie quand il arguait du silence de Cavelier de la Salle pour couronner Jolliet (2). Mais, mon Révérend Père, veuillez me permettre de vous le dire, des hommes qui ont tenté deux fois, peut-être trois fois, d’empoisonner Cavelier de la Salle (8), qui l'ont fait assassiner au Texas, qui ont donné permission aux Iroquois de le uer (4), qui l'ont fait calomnier en France par les belles péni- / tentes des PP. Jésuites (5), qui ont essayé de le faire séduire

par la complaisante épouse d’un complaisant fonctionnaire (6), Qui ont fait disparaître ses papiers, de tels hommes pou-

Le

il (1) Voir The old Regime in Canada, by FRANCIS PARKMAN ; Boston, Littlo, Brown, and Co, 1874,

(2) Mémoire sur les mœurs, coustumes, et relligion des Sauvages de l'Amérique Septentrionale, par NicoLas PERROT, publié pour la première fois par le R. P. TAILHAN, de la Corpagnie de Jésus ; Leipzig et Paris, Franck, 1864, pp. 280-289.

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(3) Le premier de ces empoisonneurs fut Nicolas Perrot, le voyageur. (Lettre de la Salle au prince de Conti, du 31 octobre 1678. Ms. cité par M. Parkman.) L'abbé Tailhan ignore ce fait et pré-

sente Perrot comme le plus honnête homme du monde. (Mémoire cn sur les mœurs, etce., p. 6 et 7.) € VC , eg

(4) Mémoire pour rendre compte à Monseigneur le marquis de « dé

Seignelay de l’estat où le Sieur de la Salle a laissé le fort Fron- E tenac pendant le temps de sa découverte. (Arch. du Min. de la R

Marine.) — CHARLEvoIx, Histoire et description générale de la ten

Nouvelle-France, t. I, pp. 308 et 378. 1 PB

(5) MrcaeLer, Histoire de France au XVIIIe siècle. La Ré- ë (

gence ; Paris, Chamerot, 1864, pp. 182, 187. du | ue! (6) Histoire de M. de la Salle. (Ms. cité par M. Parkman.) : 1862

LA ROUTE DU MISSISSIPI. A int un pied )nsciences, abbé Tail-

vaient-ils laisser se produire et conserver pieusement, pour les besoins de l’histoire, la protestation en bonne et due forme que vois exigez? Non. Le silence vrai ou supposé que la d il arguait Salle a gardé en Canada ne prouve absolument rien contre Jolliet (2). lui. La preuve négative que vous prétendez établir est inadde vousle E missible. 6

trois fois, La Salle ne pouvait protester qu’à Paris, « à quinze cents fait assas- lieues » de ses ennemis, et c'est ce qu'il a fait.

quois de le En ce qui concerne la lettre du 14 novembre, M. de Fronelles péni- tenac y dit effectivement que Jolliet « a découvert des pays

ire séduire nnaire (6), mes pou-

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