MOEURS ET COUTUMES DES AFOUROUS
fermé et l'opération qiiil faut faire pour le retirer est plus pénible encore que celle de l'investiture. Plus dune fois, des hommes m'avaient promis de vendre le collier de leurs femmes, et plus d'une fois aussi, celles-ci s'étaient refusées à s'en dessaisir, malgré l'appât du g-ain. Il jouit chez eux d'une valeur très réelle, et représente environ cinq cents barrettes. Là aussi, les femmes souffrent pour être belles, car ce collier les blesse et elles sont obligées souvent de mettre entre le métal et la chair des tampons de feuilles. On prévoit que si une de ces femmes qui va et vient, dans les frêles pirogues dont j'ai parlé, tombait à l'eau, il y a peu de chance qu'on l'en retirât vivante.
Les chefs boubanguis groupent autour deux le plus grand nombre possible d'hommes achetés, lesquels leur doivent une redevance en nature. Les Boubanguis sont essentiellement commerçants :
aussi chaque chef envoie-t-il un certain nombre de ses hommes s'installera demeure chez des chefs du voisinage, qui usent d'ailleurs de réciprocité à leur égard. 11 se fait ainsi, de part et d'autre, des échanges de marchandises. Ces hommes sont, comme on le voit, des sortes de représentants de commerce, et non pas de véritables esclaves. Mais il est un^ circonstance où leur dépendance apparaît d'une façon plus nette : c'est lorsque le chef, pour se rendre les dieux favorables ou quelquefois, parait-il, par pure ostentation et pour faire montre de ses richesses, veut sacrifier un certain nombre d'hommes. Ce ne sont jamais alors ceux qui résident dans son propre village qui sont sacrifiés, mais plutôt de ces résidents envoyés au loin. Un ordre secret est donné; on se saisit des hommes, on les attache, et on les amène dans le village du chef. Ils sont alors sacrifiés : on leur tranche la tête, laquelle seule est conservée, le corps étant jeté à l'eau. Les Boubanguis ne sont, en effet, nullement anthropophages. Le plus grand nombre, parait-il, de ceux ([ui sont destinés à être sacrifiés arrive à s'é-