DEBARQUEMENT AU LOANGO
me procurer un porc et une chèvre, qui nous permettraient du moins d'attendre le lendemain. Je dois dire que, les jours suivants, Fadministrateur voulut Lien tenir compte des recommandations laites par M. de Brazza et délivrer chaque jour à mes hommes une ration de riz et de sel.
On mit à ma disposition une sorte de hangar à un étage, qu'on
Fig. 1. — Recensement des porteurs, d'après une photographie instantanée.
appelait là-bas le Congo et qui avait servi de logement et de lieu de déballage aux premières missions organisées par M. de Brazza, lesquelles étaient parties de là pour Brazzaville. C'était une assez pauvre masure; mais, aidé de mes hommes, nous eûmes bientôt fait de l'approprier un peu. Au premier étage, mes trois compagnons se logèrent. Aurez-de-chaussée, je fis transporter peu à peu tous les colis qui avaient été jetés à la plage.
Un de mes premiers soins fut d'équiper mes Sénégalais. Ils reçurent leurs vêtements et leur armement, lesquels ne leur étaient pas imputés sur la solde.
Le costume consistait en un pantalon et bourgeron de treillis,
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plus un bourgeron de drap bleu ; comme coiffure, une chéchia. Ils reçurent également deux chemises de coton et une ceinture de flanelle.
L'équipement comprenait : couverture de laine, sac de dos, bidon, gamelle indi^dduelle. L'armement : fusil Kropatchek avec baïonnette et ceinturon, cartouchière.
De plus, chaque honmie portait sur son sac un sabre d'abatis, une pelle, une hachette, ou un seau de toile.
A peine équipés, mes tirailleurs furent chaque jour menés aux exercices d'assouplissement d'abord, puis de tir à la cible.
Dès l'arrivée, je me préoccupai de préparer et d'organiser tous les colis dune façon définitive.
Lorsque tout fut préparé, je me trouvai en présence d'environ 550 charges qu'il fallait transporter dans l'intérieur. Ce nombre peut sembler considérable. Il l'était, en effet, par la raison que, d'une part, nous allions pénétrer dans une région vierge d'exploration, et pour laquelle, par conséquent, les renseignements précis nous faisant totalement défaut, il fallait ne pas être pris au dépourvu et emporter un peu de tout. D'autre part, le programme qui m'avait été dicté me chargeait d'installer des postes d'occupation dans la région comprise entre l'Oubangui et le Chari. Il m'était donc indispensable d'emporter tout l'outillage nécessaire à leur établissement.
Pour se rendre du Loango à Brazzaville, il faut parcourir un chemin d'environ 600 kilomètres. Dans l'état actuel des choses, le seul moven de transport qui existe est celui qui consiste à utiHser le portage à dos d'homme. Il n'y a aucune sorte de monture ni d'animaux de portage.
Les Loangos sont depuis fort longtemps accoutumés à ce service. Depuis notre occupation de cette partie de la côte, l'administration s'est appliquée à le développer le plus possible, et on est arrivé ainsi à obtenir un nombre prodigieux de porteurs, qui ^dennent maintenant s'engager soit au poste, quand il s'agit de transporter des produits destinés à alimenter les stations de l'intérieur, soit aux factoreries. On estime à environ 7.000 le noûibre d'indigènes qui, chaque année, font la route de Loango à Brazzaville.