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LES PORTEURS LOAN'COS

Les Loangos portent leur charge sur la tête ou sur les épaules. QueUe qu'en soit la nature, on la place dans des sortes de longs paniers que ces indigènes nomment moulé te <^i qui sont formes par deux grandes feuilles de palmier à huile. Les nervures grosses souvent comme le poignet, forment les deux arêtes de la base de ees paniers. Les foUoles, qui ressemblent à celles du dattier ou du cocotier, sont tressées ensemble et constituent le tond. Les bords de droite et de gaucho sont faits par des rangées de folioles restées libres, que Ton tresse en une natte continue. La charge est soU-

fï-r -. - Objets fabriqués par les Loangos : panier avec couvercle. - Chevet en bois. - Bois sculpte, d'après nature.

dément amarrée dans la moutète, et il reste encore de la place pour les marchandises servant à acheter la ration, pour les aliments, et un vase de terre ou de fer destiné à les préparer.

Sauf ralcool, qui rentre toujours pour une part plus ou moins importante dans le paiement, les Loangos demandent des marchandises très diverses : des étoffes, des couteaux, des glaces, des faïences peintes, etc., etc. Comme prix de grands paiements, on leur passe quelquefois de ^ieux chapeaux haut de forme, de vieux oripeaux de théâtre, et jusque parfois des casques de pompier qui servent à orner la tête des chefs.

Lorsqu'on opère le paiement d une caravane, rien n'est singuher comme de voir toutes les indécisions de ces hommes (pu voudraient prendre de tout et ne peuvent se décider à faire un choix. Généralement ce qu'ils préfèrent, c'est ce qu'on ne leur montre pas, quelques pièces d'étoffe, par exemple, qui sont déposée.

clans un coin de la salle; et un sûr moyen d'écouler une marchandise nouvelle est de ne pas la leur offrir, mais de la leur laisser seulement apercevoir. Cependant, d'une façon générale, ils n'acceptent pas volontiers ce qu'ils ne connaissent pas. Les marchandises recherchées sont donc presque constamment les mômes, à quelques variantes près.

Quand on engag-e la caravane, elle se présente tout entière. On en fait alors le dénombrement et on inscrit chaque homme sous son nom. Le plus souvent, ils donnent alors les dénominations les plus fantaisistes, sortes de noms de guerre, qu'ils essaient de rendre les plus drôles possible, au mépris même des convenances les plus élémentaires.

Fig. 3. — Enfants loangos, d'après une photographie.

Et c'est alors une sorte de tournoi, dans lequel chacun donne le nom qui fera rire le plus fort toute la bande. Les plus doux sont : Tchikaïa (la feuille), Makaïa (la fleur), Makoso (le cochon), etc. D'autres donnent leurs véritables noms, parmi lesquels les plus communs sont les Tati, Boiiiti, Niambé, etc.

Après avoir reçu cet acompte et s'être fait inscrire , la caravane attend ses charges. On dispose alors un nombre de caisses ou de ballots égal à celui des hommes. Ceux-ci n'ont le droit d'y toucher que quand ils sont avertis par un signal que tout est disposé. Pendant tout le temps des préparatifs, chacun a examiné la caisse qu'il a jugé la moins lourde ou la plus commode à porter. Les objets de petite taille, déforme allongée, sont toujours préférés; aussi lorsque le signal est donné, tous se précipitent en même temps sur les charges les plus commodes, et c'est alors une bataille indescriptible, personne ne voulant prendre les charges encombrantes.

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